La Chine représente la principale menace pour les intérêts des Etats-Unis au niveau mondial, affirme un rapport des renseignements américains publié mardi, selon qui Pékin renforce ses moyens militaires.
D’après ce document intitulé « Evaluation annuelle des menaces » (Annual Threat Assessment), la « pression » de la Chine sur Taïwan – dont elle revendique le territoire – et « les vastes opérations cyber contre des cibles américaines » sont autant d’indicateurs des menaces pesant sur la sécurité des Etats-Unis.
Le rapport, non classifié, fournit un aperçu des « perspectives collectives » des principales agences américaines du renseignement quant aux dangers posés par des pays étrangers et des organisations criminelles.
« La Chine présente la menace militaire la plus complète et la plus forte pour la sécurité nationale » américaine, indique le document publié par les services de la directrice du renseignement américain, Tulsi Gabbard. Et d’ajouter : Pékin est « l’acteur le plus à même de menacer les intérêts des Etats-Unis au niveau mondial ».
Même si, prévient la même source, la Chine est plus « prudente » que d’autres pays examinés dans le rapport, comme la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, l’Etat-parti se gardant d’apparaître « trop agressif ».
Mardi, lors d’une audition au Sénat, Tulsi Gabbard, a déclaré que « la Chine (était) notre concurrent stratégique le plus fort », selon les informations dont disposent les Etats-Unis.
« L’armée chinoise déploie des moyens avancés tels que des missiles hypersoniques, des aéronefs furtifs, des sous-marins avancés, du matériel de guerre informatique et un arsenal plus important d’armes nucléaires », a décrit Mme Gabbard.
Selon le rapport du milieu des renseignements, « Pékin va continuer de développer ses activités d’influence néfastes, coercitives et subversives » pour affaiblir les Etats-Unis sur les scènes intérieure comme internationale.
Les agences préviennent aussi que Pékin va chercher à s’opposer à ce qu’il considère comme « une campagne conduite par (Washington) pour ternir les relations internationales de la Chine et renverser » le Parti communiste chinois.
Mme Gabbard, a également estimé que l’Iran ne cherchait pas activement à se doter de l’arme nucléaire pour le moment, mais que les discussions sur la nucléarisation s’étaient intensifiées au sein du régime de Téhéran.
« La Commission du renseignement continue d’estimer que l’Iran ne fabrique pas d’arme nucléaire et que le Guide suprême Khamenei n’a pas autorisé le programme d’armement nucléaire qu’il a suspendu en 2003 », a-t-elle déclaré lors de l’audition de la Commission sénatoriale du renseignement.
Gabbard a toutefois ajouté qu’au cours des dernières années, on a constaté une « érosion d’un tabou vieux de plusieurs décennies en Iran concernant les discussions publiques sur les armes nucléaires, ce qui a probablement encouragé les partisans de l’arme nucléaire au sein de l’appareil décisionnel iranien ».
« Le stock d’uranium enrichi de l’Iran atteint son plus haut niveau, un niveau sans précédent pour un État dépourvu d’armes nucléaires », a-t-elle ajouté.
La directrice du renseignements américain a ajouté que l’impact total des sanctions renouvelées sur l’Iran n’est pas encore effectif, mais que le « message » a été « certainement entendu » par Téhéran.
Source: Avec AFP