L’université américaine Tufts, près de Boston, a apporté le mercredi 2 avril publiquement son soutien à l’étudiante turque Rumeysa Ozturk, dont l’arrestation la semaine dernière par la police de l’immigration en a fait un cas emblématique de la répression de l’administration Trump contre les militants propalestiniens sur les campus.
Dans une longue lettre signée par son président, Sunil Kumar, et rendue publique, l’université privée demande que cette doctorante de 30 ans arrêtée la semaine dernière par des agents en civils, pour certains masqués, « soit libérée sans délai pour qu’elle puisse terminer ses études et obtenir son diplôme ».
L’arrestation en pleine rue, dont la vidéo a été diffusée, a suscité l’émoi et son avocate l’a qualifiée d’ « enlèvement », qui « devrait glacer le sang de tout le monde ».
L’université Tufts prend position alors que l’administration de Donald Trump a menacé de couper massivement les aides fédérales à plusieurs établissements prestigieux, comme Harvard, près de Boston (9 milliards de dollars), ou Columbia, à New York (400 millions de dollars), les accusant de laisser prospérer le sois-disant antisémitisme sur les campus à travers les manifestations de soutien à Gaza.
Dans sa déclaration, l’établissement assure ne disposer d’ « aucun élément » sur l’éventuelle implication de Rumeysa Ozturk dans des incidents sur le campus.
Elle est au contraire décrite comme une « étudiante travailleuse », et bénéficie d’une « vague de soutiens » de camarades et professeurs.
La jeune femme avait cosigné en mars 2024 un article dans son journal universitaire, le Tufts Daily, critiquant la façon dont son établissement gérait le mouvement de contestation contre la guerre génocidaire israélienne dans la bande de Gaza, qui a couté la vie à plus de 50.000 Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants.
L’étudiante est toujours détenue, mais elle conteste son expulsion devant un tribunal fédéral du Massachusetts (nord-est).
Face aux pressions de l’administration Trump, l’université Columbia a cédé et accepté d’engager des modifications drastiques sur sa gestion des mouvements de protestation étudiants, à formaliser une définition de l’antisémitisme et à nommer un responsable pour superviser les départements d’enseignement sur le Moyen-Orient, l’Asie du sud et l’Afrique.
L’un de ses étudiants, Mahmoud Khalil, l’un des leaders du mouvement propalestinien sur le campus, est lui aussi détenu par la police de l’immigration et conteste son expulsion devant les tribunaux.