Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir « déstabiliser » la Syrie après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.
« Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie », a accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu’il paierait un « lourd tribut » si la sécurité d’Israël était menacée.
Mercredi soir, l’aviation israélienne avait mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l’aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.
Le ministère syrien a affirmé que l’aéroport militaire de Hama avait été « presque entièrement détruit » et évoqué des « dizaines de blessés civils et militaires ».
« En l’espace de 30 minutes, les forces israéliennes ont mené des frappes aériennes sur cinq régions », a-t-il dénoncé.
L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a affirmé que quatre militaires avaient été tués et douze autres blessés dans les raids contre l’aéroport de Hama. Selon l’ONG, basée au Royaume-Uni, 18 frappes l’ont visé , se concentrant sur les avions restants, les pistes et les tours de contrôle, le mettant hors service.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à s’approcher du site, ni du centre de recherches scientifique de Barzeh, dans la banlieue de Damas, également visé.
Coté israélien, l’armée a affirmé avoir « frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d’autres infrastructures militaires dans la région de Damas ».
9 civils martyrs dans l’incursion à Deraa
Quelques heures plus tard, jeudi à l’aube, neuf personnes ont été tuées en s’opposant à une incursion israélienne dans la province de Deraa dans le sud de la Syrie, selon les autorités locales et l’OSDH.
« Neuf civils ont été tués et d’autres blessés, selon un premier bilan », à la suite d’un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l’ouest de Deraa, selon les autorités de la province.
Les bombardements sont intervenus après une « incursion israélienne » dans la région, « où les forces de l’occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément », ont ajouté les autorités de la province de Deraa sur la chaîne Telegram.
Selon l’OSDH, il s’agit d’habitants de la région qui ont pris les armes après des appels au jihad lancés dans les mosquées pour s’opposer à l’avancée des troupes israéliennes.
Démilitarisation totale de la Syrie
L’armée israélienne a indiqué qu’elle avait répondu à des tirs d’hommes armés lors d’une opération dans le sud de la Syrie, ajoutant avoir tiré sur plusieurs combattants qui ont été « éliminés » dans des frappes terrestres et aériennes.
« La présence d’armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l’Etat d’Israël », a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l’armée « ne permettrait pas l’existence d’une menace militaire en Syrie et agirait contre elle ».
Dès la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre en Syrie, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.
Dans le même temps, son aviation a lancé des centaines de frappes sur des sites militaires depuis que des rebelles islamistes ont pris le pouvoir, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités qu’il qualifie de « jihadistes ».
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février « la démilitarisation totale du sud de la Syrie » et affirmé qu’il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir syrien se déploient au sud de Damas.
Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.
Source: Avec AFP