L’examen de l’annonce par la FINUL de la découverte de quatre tonnes d’explosifs dérivés de nitrate d’ammonium dans la localité sud-libanaise de Houla soulève des questions qui dépassent le récit ayant accompagné la nouvelle, notamment quant à la source de ces substances et à la manière dont elles sont arrivées sur place.
La force internationale a en effet annoncé, dans une information « incomplète » publiée sur son site officiel, la découverte de ces explosifs sans fournir de détails sur leur provenance ni sur les circonstances de leur présence. Pourtant, les photos publiées par le site montrent des bidons contenant ces matières, qui sont les mêmes que ceux dont l’armée d’occupation israélienne avait auparavant publié des clichés montrant ses soldats en train de les transporter vers leurs zones d’opérations, où ils sont utilisés pour dynamiter les habitations.
Il convient de rappeler que l’ennemi a eu recours, ces derniers temps, à l’utilisation de drones de grande taille pour larguer ces bidons au-dessus de zones où il soupçonne la présence de la Résistance, avant de les faire exploser ; c’est ce qui s’est produit, selon les données disponibles, il y a quelques jours dans les collines environnant la hauteur d’Ali al-Tahir, à l’est de Nabatieh.
Le quotidien Al-Akhbar a appris d’une source militaire concernée que ces matières explosives appartiennent à l’armée d’occupation israélienne, ce qui est également confirmé par les inscriptions en hébreu visibles sur certains de leurs emballages.
De même, l’Agence France-Presse a rapporté mercredi 29 juillet, selon des sources sécuritaires libanaises, que ces matières explosives sont les résidus de celles employées par l’armée d’occupation depuis novembre 2024 pour dynamiter le Sud et ravager systématiquement ses infrastructures et zones frontalières.
La publication de cette information par la FINUL sous cette forme et à ce moment précis suscite une série d’interrogations. La quantité mentionnée a été découverte le 2 juillet courant, mais son annonce a été retardée jusqu’à présent, intervenant dans le cadre d’un communiqué général relatif à l’enlèvement des restes de munitions.
Les données indiquent que la divulgation de ces informations a provoqué un désarroi au sein même des forces internationales, après que l’affaire a été entourée d’un haut degré de confidentialité, au point que plusieurs responsables concernés n’en avaient pas connaissance.
De plus, la FINUL n’a pas informé l’armée libanaise de ce qu’elle avait trouvé, bien que l’échange de ces informations soit censé constituer un élément essentiel du mécanisme de coordination entre les deux parties, d’autant plus que les matières saisies constituent une preuve matérielle de l’utilisation de ce type d’explosifs dans des opérations de destruction ayant frappé des maisons et des localités du Sud.
De même, l’abstention du communiqué officiel de faire référence à la source de ces produits, malgré la connaissance de leur identité, a accentué les interrogations sur les dessous de cette publication.
Selon des sources attentives, l’attitude du commandement de la FINUL témoigne d’un manque de discernement face à la sensibilité du contexte libanais. En passant sous silence l’usage de ces explosifs par l’occupation pour détruire des zones habitées, elle a concrètement servi le récit israélien et relancé les accusations liées à l’explosion du port de Beyrouth.
Quant à la lecture la plus ferme, elle estime que ce qui s’est produit n’était pas une simple erreur d’appréciation, mais un acte délibéré de la part d’éléments au sein de la force internationale dans le but de créer une vague médiatique ciblant le Hezbollah.
Fidèles à leurs habitudes, les médias hostiles à la Résistance ont exploité l’information pour la transformer en matière politique et médiatique afin d’orienter les accusations vers le Hezbollah, quelques jours avant l’anniversaire de l’explosion du port de Beyrouth. Cela s’est clairement manifesté dans la couverture adoptée par certains journaux, dont An-Nahar dans son édition de mercredi, qui a délibérément suggéré l’existence d’un lien entre les deux événements.

La municipalité de Houla a réagi à cette affaire en estimant que ce qui s’est produit constitue « l’un des actes criminels de l’ennemi israélien et un signal dangereux qui ne peut être ignoré ni sous-estimé dans ses implications ».
Elle a affirmé que la découverte de ces substances représente « un crime caractérisé et une menace directe pour la localité », faisant porter à ‘Israël’ « la responsabilité pleine et directe de l’introduction ou de l’utilisation de toute matière explosive ou dangereuse à l’intérieur du territoire libanais, ainsi que des catastrophes qui pourraient en découler ». Elle a enfin exigé des autorités libanaises l’ouverture d’une enquête officielle et la prise des mesures juridiques et diplomatiques nécessaires pour protéger les citoyens et la terre.
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
