lundi, 03/08/2026   
   Beyrouth 23:55

Téhéran : Pas de discussions avec Washington pour le moment

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a confirmé que son pays ne mène aucune négociation avec les États-Unis, expliquant que les discussions avec Oman se concentrent sur l’obtention d’un accord sur un itinéraire garantissant le passage sécurisé des navires à travers le détroit d’Ormuz. Il a souligné que l’accord avec Oman constitue une « condition nécessaire » pour la réouverture du détroit, mais qu’il demeure « insuffisant ».

M.Baghaei a précisé que l’Iran cherche, en concertation et en coopération avec Oman, à définir au plus vite un itinéraire sécurisé pour la navigation des navires, indiquant que cette voie sera très probablement temporaire.

Il a affirmé que les négociations sont « bilatérales entre les gouvernements des deux États riverains », notant que d’autres parties peuvent jouer un rôle constructif ou destructeur dans ce processus, mais que la question concerne l’Iran et Oman, tandis qu’une décision devra être prise sur ce qui se passera à l’étape suivante.

M.Baghaei a déclaré que le détroit d’Ormuz « n’a pas été fermé en raison d’un différend entre l’Iran et Oman », mais que sa situation a été affectée par « l’agression militaire américaine et israélienne » depuis février dernier.

Il a ajouté que « tant que la nuisance des États-Unis se poursuit, que le blocus maritime contre l’Iran est maintenu, que l’agression militaire américaine contre l’Iran et ses intérêts continue, et tant que toutes les violations commises par les États-Unis durant cette période persistent, aucun changement particulier n’interviendra dans la situation du détroit d’Ormuz ».

Il a indiqué que les négociations avec Oman se concentreront sur la sécurisation d’une voie de navigation sûre, tandis que les sujets liés à l’Iran et aux États-Unis seront abordés « lors d’étapes ultérieures », en fonction de l’évolution de la situation.

Chute du pétrole de plus de 6 %

Sur le plan économique, les prix du pétrole ont chuté de plus de 6 % lors des premières transactions asiatiques, après que Trump a suspendu une nouvelle attaque contre l’Iran, dans le cadre des efforts visant à parvenir à un accord sur son programme nucléaire et à rouvrir le détroit d’Ormuz.

Les contrats à terme sur le pétrole Brent ont baissé de 5,52 dollars, soit 6,28 %, pour atteindre 82,41 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le pétrole West Texas Intermediate (WTI) ont reculé de 5,27 dollars, soit 6,22 %, à 79,40 dollars le baril, à 22h02 GMT.

Explosion près d’un pétrolier au large d’Oman

Par ailleurs, l’Office des opérations du commerce maritime britannique (UKMTO) a signalé avoir reçu un rapport concernant un incident impliquant un pétrolier à 20 milles marins au nord-est de Khasab, dans le sultanat d’Oman. Le capitaine du navire a déclaré avoir entendu une explosion à proximité, confirmant que le pétrolier et l’ensemble de son équipage étaient sains et saufs.

Auparavant, le compte Muns OSINT, spécialisé dans le suivi par satellite, avait annoncé que le Commandement central américain (CENTCOM) avait dirigé un pétrolier vers la route sud du détroit d’Ormuz et que son système d’identification automatique (AIS) était éteint depuis une heure, tandis que le capitaine du navire a signalé avoir entendu le bruit d’une explosion à côté de lui, tout en confirmant la sécurité du bâtiment et de l’équipage.

Les données maritimes ont montré que deux pétroliers chargés de pétrole saoudien ont traversé le détroit de Bab al-Mandeb en provenance de la mer Rouge au cours du week-end, tandis que le trafic s’est ralenti dans le détroit d’Ormuz à la suite d’informations faisant état d’attaques contre des navires. L’UKMTO a signalé trois autres attaques contre des pétroliers depuis samedi.

Dans un développement lié au marché pétrolier, le groupe  OPEP+  a accepté hier d’augmenter les quotas de production de pétrole d’environ 188 000 barils par jour à compter de septembre, une mesure qui parachève l’annulation d’une partie des coupes volontaires de production.

Source : Médias