samedi, 08/08/2026   
   Beyrouth 14:02

Négociations de Rome : l’armée libanaise a refusé la concession de Karam de perquisitionner des maisons dans tout le sud du Litani

Le huitième cycle de négociations de Rome ne s’est plus limité à discuter des mécanismes de consolidation du cessez-le-feu ou d’extension des « zones modèles ». La situation est tout autre. Israël ne négocie pas un retrait, mais bien le paysage sécuritaire et politique du Liban d’après-guerre, tandis que les autorités libanaises semblent impuissantes à modifier les règles du jeu qui leur sont imposées.

La délégation des autorités libanaises est sortie du septième cycle de négociations sans avancée significative. Le refus d’Israël d’inclure Bint Jbeil, Khiam et Zawtar al-Charqiya dans la phase suivante du plan n’était pas une simple tactique de négociation, mais un message clair : Tel-Aviv estime que le Liban n’a pas encore rempli les conditions requises et qu’aucun retrait supplémentaire n’interviendra avant la mise en œuvre d’un programme de sécurité global dépassant largement le cadre de la résolution 1701. Washington, de son côté, ne cache pas son soutien à cette approche et semble y contribuer pleinement. L’équation est désormais claire : pas de reconstruction, pas de retrait et pas de stabilité durable tant que la question des armes du Hezbollah ne sera pas abordée de manière concrète, et non par de vagues promesses politiques.

Selon les informations recueillies par le quotidien libanais Al-Akhbar, la délégation politique des autorités libanaises a, comme à son habitude, entravé le travail de la délégation militaire lors des négociations. Elle a failli accepter la demande israélienne d’étendre la zone pilote aux villages de Frun, Qalawiya, Bourj Qalawiya et Ghandouriya – des villages qui, en principe, ne sont pas sous occupation. L’ennemi souhaite que l’armée perquisitionne les habitations de ces villages et restreigne la circulation des habitants.

Le journal a appris que le chef de la délégation libanaise, l’ambassadeur Simon Karam, avait déclaré au représentant israélien qu’il acceptait que l’armée libanaise perquisitionne 40 % des foyers libanais dans toute la zone située au sud du fleuve Litani.

Cette déclaration est intervenue avant que la délégation militaire n’intervienne. Celle-ci a souligné que l’armée ne mène aucune opération dans les zones sous sa juridiction, sauf dans les conditions prévues par la loi, et qu’elle n’était pas disposée à discuter de ses modalités opérationnelles avec la partie israélienne. La délégation militaire a demandé à la partie américaine de persuader Israël de se retirer des territoires occupés, l’armée garantissant le retrait de toute présence militaire et de tout armement de ces zones. Toutefois, la partie américaine a rejeté la proposition après qu’Israël a annoncé qu’il n’était pas disposé à discuter de nouvelles zones pilotes dans un avenir prévisible.

Source : Médias