mardi, 11/08/2026   
   Beyrouth 17:24

Quelques heures après le séisme, Bogota reconnait la souveraineté d’Israël sur le Golan syrien occupé. Critiques sur les réseaux

Quelques heures après le séisme qui a frappé la Colombie faisant au moins 100 morts, le gouvernement colombien a reconnu la reconnaissance par de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, occupé par Israël sur la Syrie en 1967.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que cette décision était fondée sur « l’instabilité régionale persistante au Moyen-Orient » et « l’importance stratégique du plateau du Golan pour la sécurité d’Israël », tout en réaffirmant le droit d’Israël à se défendre contre les menaces extérieures.

La Colombie est ainsi devenue le deuxième État membre de l’ONU à reconnaître officiellement la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, après les États-Unis, qui avaient pris cette décision en 2019.

Selon la chaine qatarie al-Jazeera, l’annonce n’est pas passée inaperçue en Colombie. Elle a rapidement suscité une vague de critiques sur les réseaux sociaux, et la publication du ministère des Affaires étrangères a été vue plus de 3 millions de fois, au milieu d’une colère qui portait notamment sur le moment choisi pour cette décision, intervenue quelques heures seulement après le séisme dévastateur.

La femme politique et militante colombienne Maria Fernanda Carascal Rojas a critiqué cette annonce, arguant que le gouvernement aurait pu choisir un autre moment pour une telle décision, plutôt que le jour où plus de 100 Colombiens étaient morts à la suite du tremblement de terre.

La chercheuse et universitaire colombienne en relations internationales Arlene B. Tickner a également critiqué cette décision, affirmant qu’elle contredit le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité, et prévenant que le ralliement de la Colombie à la position américaine sur le plateau du Golan aurait un « lourd coût » pour la réputation internationale du pays.

L’historien et militant colombien d’origine palestinienne George Siman a critiqué la reconnaissance par le gouvernement de territoires qu’il a qualifiés d’« illégalement occupés », alors que la priorité aurait dû être accordée aux victimes du séisme.

L’activiste colombien Nicolas a également écrit que le communiqué du ministère des Affaires étrangères avait été publié à 10h57, soit environ trois heures après le séisme, arguant que le choix de ce moment reflétait les « priorités du nouveau gouvernement » à un moment où le pays traversait une tragédie nationale.

La décision du gouvernement intervient après l’arrivée au pouvoir de Abelardo de la Espería, succédant à l’ancien président Gustavo Petro. Ce dernier avait adopté durant son mandat des positions intransigeantes envers Israël, notamment en rompant les relations diplomatiques avec lui et en suspendant les importations d’armes israéliennes à la suite de la guerre dans la bande de Gaza.

Petro a accusé des entités israéliennes d’avoir manipulé les résultats des élections présidentielles dans son pays, affirmant qu’un programme informatique israélien, financé par l’argent du trafic de cocaïne vers les États-Unis et par des fonds privés des services de renseignement israéliens, avait remplacé les véritables votes des citoyens colombiens, entraînant un changement dans le résultat du vote et permettant à De la Espería de remporter la présidence de la Colombie.

Israël occupe la majeure partie du plateau du Golan syrien depuis la guerre de 1967 et a déclaré son annexion en 1981, une décision rejetée par les Nations Unies et jugée nulle et non avenue en vertu de la résolution 497 du Conseil de sécurité, tandis que tous les pays du monde – à l’exception de Washington et de Bogota – considèrent le Golan comme un territoire syrien sous occupation militaire.

Source : Médias