vendredi, 14/08/2026   
   Beyrouth 16:50

Cheikh al-Khatib : les négociations avec l’ennemi sont stériles. Les promesses américaines sont des mirages

Dans son sermon du vendredi, cheikh Ali al-Khatib, vice-président du Conseil suprême islamique chiite du Liban, a déclaré : « L’ennemi pratique les assassinats, les destructions, l’occupation et l’agression contre la nation, que ce soit en Palestine, au Liban ou en Syrie, sans égard pour ses dirigeants et ses armées. Au contraire, il les instrumentalise et sollicite leur aide contre eux-mêmes, à l’exception de quelques-uns qui ont refusé de se soumettre à cette logique. Ceux-là ont pris les armes malgré leur condition modeste, animés d’un courage inébranlable, refusant l’humiliation et la honte. Ils ont offert leur vie à Dieu Tout-Puissant, et fait preuve de résilience sur le champ de bataille. Les paroles de Dieu Tout-Puissant se sont réalisées pour eux : « Combien de petits groupes ont vaincu de grands groupes par la permission de Dieu ! Dieu est avec les patients. » »

Cheikh Al-Khatib a ajouté : « Ce qui se passe aujourd’hui sur le front iranien après l’agression américano-israélienne témoigne de la sincérité de ce verset béni, car il n’y a absolument aucun équilibre des forces. La République islamique se retrouve seule aux côtés des forces de résistance dans la région, tandis que les pays arabes et islamiques restent neutres ou complices d’Israël et des États-Unis. Pourtant, les États-Unis sont impuissants, incapables de trouver une solution qui puisse satisfaire la vanité de leur président. La seule issue possible sera un retrait humilié et vaincu, un aveu de défaite. Puissent certains, dans ce pays, tirer des leçons de cette situation, retrouver la raison et coopérer pour la gloire et la dignité de la nation… Nous réitérons ici l’appel à la coopération entre eux, et insistons sur le fait que l’Accord de La Mecque doit s’inscrire dans ce cadre. »

Concernant la situation au Liban, cheikh Al-Khatib a déclaré : « La situation au Liban et dans la région reste instable, oscillant entre la possibilité d’une reprise des hostilités et la poursuite du statu quo, qui ne cesse d’engendrer davantage de sang et de destructions dans notre pays, notamment en raison de l’agression sioniste de plus en plus arrogante, qui augure de conséquences désastreuses. Hier, le ministre sioniste de la Guerre, Yisrael Katz, s’est rendu au Sud-Liban et a réuni les dirigeants de l’occupation près du château de Beaufort. Il leur a affirmé sans équivoque qu’Israël ne se retirerait pas des zones de sécurité et qu’ils devaient se préparer à une occupation prolongée du Sud-Liban, de Gaza et du Sud de la Syrie. Face à cette franchise absolue de l’ennemi, les autorités libanaises, tant au pays qu’à l’étranger, parlaient de progrès dans les négociations, espéraient des actions concrètes et s’appuyaient sur de fausses promesses américaines qui, jusqu’à présent, n’ont été que des mirages et des illusions que ces autorités ont adoptées et qu’elles tentent de vendre au peuple libanais pour justifier leur échec après sept cycles de négociations directes, tout en affirmant leur intention de participer au huitième. Quel est donc ce défaitisme ? »

Cheikh Al-Khatib estime que « le pouvoir en place au Liban a rompu tous les ponts et refuse de revenir sur sa seule option, à savoir les négociations, et il s’obstine dans cette voie, qui s’est jusqu’à présent révélée vaine. C’est pourquoi nous avons demandé à ce pouvoir de revoir sa position, de mettre fin à ces négociations stériles et de renouer le dialogue avec les composantes libanaises, notamment la résistance, afin de les consulter sur d’autres solutions efficaces, d’autant plus que ses alliés à l’intérieur du pays ont commencé à exprimer ouvertement leur désespoir face à ces négociations. »

Cheikh Al-Khatib a salué « l’initiative des forces nationales désireuses d’atteindre ces objectifs, d’appeler à une réunion nationale globale et de grande envergure qui définisse une vision claire pour la prochaine étape et intensifie les efforts dans toutes les directions, tant internes qu’externes, afin de relever les défis qui accablent la nation, au premier rang desquels figure l’achèvement de la mise en œuvre des dispositions de l’Accord de Taëf, qui est la tâche de l’autorité politique. »

Source: ANI