samedi, 15/08/2026   
   Beyrouth 19:54

C’est nous ou la Chine : Washington place des dizaines de pays face à un choix crucial dans la course à l’IA

Un responsable américain a déclaré vendredi à Reuters que les États-Unis s’apprêtent à informer des dizaines de pays qu’ils devaient choisir entre Washington et Pékin dans la course à l’intelligence artificielle, et qu’ils excluraient de l’alliance américaine les pays qui rejoindraient le cadre rival dirigé par la Chine.

Le département d’État américain devrait envoyer le projet aux 35 pays signataires de la Déclaration américaine sur les opportunités en matière d’IA, qui comprend les membres de l’initiative non contraignante Pax Silica, ainsi qu’à d’autres pays ayant exprimé le souhait de coopérer avec Washington dans le domaine de l’intelligence artificielle.

L’an dernier, Washington a lancé l’initiative Pax Silica, qui vise à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en modèles d’intelligence artificielle, en semi-conducteurs et en biométaux, dans un contexte de concurrence technologique féroce avec Pékin. Une vingtaine de pays ont rejoint cette initiative.

Apparemment, les États-Unis cherchent à empêcher les pays de reproduire le modèle du Kazakhstan qui a récemment rejoint les initiatives américaines et chinoises dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Washington est conscient que le ralliement de pays – en particulier ceux riches en minéraux vitaux – à l’initiative de Pékin menace ses chances de remporter la course au leadership technologique, et pourrait même donner à la Chine un avantage militaire et économique qui sape l’hégémonie américaine.

La Chine a utilisé son quasi-monopole sur les minéraux vitaux comme levier dans la guerre tarifaire lancée l’an dernier par le président américain Donald Trump, alors qu’il intensifiait les efforts sans précédent des États-Unis pour s’assurer l’approvisionnement en ces minéraux au niveau national et auprès de leurs alliés.

En juillet 2026, 29 pays ont signé l’accord fondateur chinois de la WAICO, qui veut donner davantage de poids aux économies émergentes dans la gouvernance de cette technologie.

Parmi les membres fondateurs figurent notamment la Chine, la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Pakistan, l’Indonésie, le Brésil, Cuba, la Serbie et le Venezuela, selon Reuters. L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) précise que onze pays appartenant à sa “communauté” ont signé l’accord : la Biélorussie, le Cambodge, le Kazakhstan, la Chine, le Kirghizistan, le Laos, la Birmanie, le Pakistan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

La Chine proposerait 5 000 formations en IA aux pays en développement au cours des cinq prochaines années et offrirait à 30 pays l’accès à un système chinois d’intelligence artificielle météorologique doté de capacités d’alerte précoce, a promis le président chinois Xi.

En juillet 2026, l’écart technologique entre modèles américains et chinois s’est réduit à quelques semaines seulement. Sur OpenRouter, la principale plateforme de routage de modèles, les modèles chinois à code ouvert représentent désormais environ 61 % des usages parmi les modèles les plus demandés, contre moins de 2 % fin 2024. L’arrivée des modèles Moonshot AI et Alibaba a surpris Washington, trois années d’avance promises par ChatGPT s’effritent en mois.

Source : Médias