lundi, 17/08/2026   
   Beyrouth 18:14

L’épidémie de la gale se propage parmi les détenues palestiniennes dans une prison israélienne

Le Club des prisonniers palestiniens a rendu compte de plusieurs cas de gale qui ont été recensés parmi les détenues palestiniennes de la prison de Damon. Il a assuré qu’au moins 10 cas ont été confirmés, sur plus de 90 femmes détenues par l’administration pénitentiaire, dont des femmes enceintes, des enfants et des détenues souffrant de problèmes de santé chroniques.

Dans un communiqué qui repose sur les rapports d’organisations de droits de l’homme suite à des visites récentes de la prison, le club indique que l’épidémie de gale qui sévit actuellement parmi les prisonnières est directement liée aux conditions sanitaires et humanitaires déplorables imposées par l’administration pénitentiaire d’occupation, notamment l’humidité élevée, la pénurie de produits d’hygiène, la surpopulation des cellules et des salles, le manque de ventilation adéquate et la grave pénurie de vêtements, le refus d’exposition à la lumière du soleil, en plus de la grave pénurie de vêtements, qui oblige souvent les prisonniers à laver leurs vêtements et à les reporter alors qu’ils sont encore mouillés, dans des conditions qui dégradent leur dignité humaine et aggravent leur état de santé.

Ce sont ces mêmes conditions qui ont contribué à la propagation rapide de la maladie parmi les détenues depuis mai 2024.

Le communiqué précise que malgré les efforts déployés par des institutions spécialisées, notamment Médecins pour les droits de l’homme, et le dépôt de plusieurs pétitions exigeant la prise en charge des détenues infectées et la remédiation des conditions à l’origine de la maladie, la réponse israélienne est restée insuffisante et n’a permis ni d’enrayer la propagation du virus ni d’assurer une réelle protection aux prisonniers.

Le Club des prisonniers a averti que la gale n’était plus seulement une maladie de peau passagère dans les prisons d’occupation, mais qu’elle était devenue, compte tenu du refus de traitement et du maintien des conditions qui la provoquent, un véritable danger pour la vie des prisonniers, contribuant dans de nombreux cas à l’aggravation de leur état de santé, et ayant même, dans certains cas, entraîné de graves complications qui ont conduit au martyre des prisonniers.

Dans ce contexte, le club a attiré l’attention sur le cas de l’enfant Muhammad Hamid, dont l’infection par la gale a entraîné la contamination de ses organes vitaux, puis de son système nerveux, et s’est soldée par l’amputation d’une de ses jambes.

Il a expliqué qu’un grand nombre de prisonniers qui avaient guéri partiellement ont été infectés à nouveau, en raison du maintien des mêmes conditions à l’intérieur des prisons. D’aucuns souffrent de la maladie depuis des mois, sans recevoir de traitement réel ni d’intervention médicale sérieuse.

Aggravation des souffrances

D’après le communiqué, les détenus malades souffrent de furoncles, d’ulcères cutanés et d’infections aiguës. À cela s’ajoutent des troubles du sommeil dus à des démangeaisons intenses et à des douleurs persistantes. Dans certains cas, ces symptômes limitent leur mobilité, tandis que leur souffrance psychologique est exacerbée par la douleur et la maladie continues, qui les épuisent physiquement et psychologiquement depuis de nombreux mois.

Le Club a estimé que le maintien de ces conditions, ainsi que le refus de traitement et de soins de santé, s’inscrivaient dans un système plus large de politiques de torture et de négligence médicale systématique à l’encontre des prisonniers, car les maladies et les épidémies, ainsi que le refus de soins médicaux, étaient utilisés comme outils pour épuiser les prisonniers, mettre leur vie en danger et laisser sur eux de profondes séquelles physiques et psychologiques.

Il a renouvelé sa demande à l’Organisation mondiale de la santé et à toutes les institutions internationales de défense des droits de l’homme et humanitaires de prendre des mesures urgentes et immédiates pour mettre fin aux crimes médicaux systématiques commis contre les prisonniers, et de faire pression sur les autorités d’occupation pour qu’elles mettent fin aux politiques et aux conditions qui ont transformé les prisons en un terrain fertile pour les maladies et les épidémies, et pour assurer la fourniture des traitements et des soins de santé nécessaires à tous les prisonniers, en particulier ceux qui souffrent de maladies infectieuses et graves.

Le club a également appelé à une enquête internationale sérieuse sur les conditions des épidémies dans les prisons, et à ce que les responsables de la poursuite de ces politiques rendent des comptes, soulignant que le silence international face à ces crimes ne peut plus durer, et que la protection des prisonniers et la garantie de leur droit au traitement et aux soins de santé constituent une responsabilité juridique et humanitaire qui ne peut plus être reportée.

Selon le club, il y a environ 9 400 prisonniers et détenus dans les prisons de l’occupation israélienne, dont 350 enfants et 3 244 détenus administratifs (dossier d’accusation secret), tandis que le nombre de détenus de la bande de Gaza, que l’occupation qualifie de « combattants illégaux », a atteint 1 320 détenus.

Source : Divers