dimanche, 23/08/2026   
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Douche froide sur la tête d’Israël : Pas de retour à la guerre avant les élections américaines

Les évaluations israéliennes revoient à la baisse les chances d’une reprise des affrontements militaires avec l’Iran dans un avenir proche, alors qu’il était question, ces derniers jours, de préparatifs à Téhéran pour élargir le conflit.

D’après le site israélien Walla, cette nouvelle estimation fait suite à une série de réunions et d’échanges avec de hauts responsables américains.

Des sources israéliennes lient ce tournant à la décision du président américain Donald Trump d’imposer « un nouveau paquet de sanctions économiques sévères », estimant que cette démarche vise à gagner du temps jusqu’après les élections de mi-mandat au Congrès américain.

Le site Ynet avait rapporté, il y a quelques jours, d’après un responsable israélien, que « des services en Israël ont détecté des indices d’un changement dans la perception de la direction iranienne quant à la nature de la guerre, ainsi que sa disposition à une éventuelle extension de l’affrontement ».

D’après les estimations relayées alors par le site, Téhéran pourrait tenter d’exercer une pression militaire et économique sur Washington et Tel-Aviv en ciblant des installations énergétiques, des voies de navigation maritime et des intérêts des alliés des États-Unis dans la région.

Ces évaluations indiquaient également que « l’Iran aborde désormais l’affrontement comme dépassant le seul champ militaire, compte tenu de l’impact du blocus maritime et des préjudices portés à sa capacité d’exporter du pétrole et de générer des revenus ».

Ynet citait ce responsable affirmant que la poursuite de la pression économique pourrait pousser Téhéran à une « initiative offensive », surtout si elle perçoit ce blocus comme une menace pour la stabilité du régime et sa capacité à financer ses appareils de sécurité et les organisations qu’il soutient.

Cette hypothèse devient d’autant plus crédible, du point de vue israélien, après l’annonce par Trump du lancement d’une « guerre économique » contre l’Iran, face à laquelle ce dernier pourrait se voir contraint d’agir en sens inverse pour éviter le durcissement de son siège et de son isolement.

Cependant, le pari sur une nouvelle escalade militaire se heurte, d’après des débats internes en ‘Israël’, à la question des stocks de munitions et de missiles d’interception.

À ce sujet, le chroniqueur militaire du journal Yedioth Ahronoth, Yossi Yehoshua, a écrit que les Américains ont « retenu la leçon » de la guerre contre l’Iran, soulignant que les États-Unis étaient entrés dans la bataille avec des stocks bien plus importants que ceux d’Israël, avant que l’utilisation intensive des armes et des systèmes d’interception ne mène à leur épuisement rapide.

Il a fait remarquer que le réapprovisionnement des stocks américains nécessitera des années, ce qui constitue, d’après lui, un avertissement pour ‘Israël’ contre l’illusion de l’existence d’un « pont aérien illimité » en provenance des États-Unis.

Yehoshua estime que Washington demeure le principal allié de Tel-Aviv, mais dispose lui aussi de stocks limités, de capacités de production restreintes et d’engagements dans d’autres conflits, ce qui impose à ‘Israël’, dans tout conflit global, de posséder des réserves lui permettant de soutenir les combats sur la durée.

Il a donc appelé à « augmenter la production locale d’armements et de systèmes d’interception, élargir les lignes de production et conserver des stocks stratégiques plus importants ».

Parallèlement au débat sur la capacité à mener un autre round militaire, des signes de réévaluation par ‘Israël’ des résultats de la guerre elle-même ont émergé.

Les limogeages publics et rares au sein du Mossad reflètent, d’après le site The Intercept, la prise de conscience de l’ampleur de « l’échec à atteindre les objectifs sur lesquels Israël avait parié lors de la guerre contre l’Iran ».

D’après le site, les frappes aériennes, les opérations clandestines et les assassinats visant de hauts responsables iraniens n’ont pas réussi à provoquer un effondrement au sein des institutions de l’État : l’appareil de sécurité iranien a conservé sa cohésion et les villes iraniennes n’ont pas connu de vague de manifestations populaires en mesure de menacer le régime.

The Intercept a ajouté que le Mossad tablait également sur le soutien à des mouvements internes et l’encouragement de défections, parallèlement à des plans d’armement de groupes kurdes s’infiltrant depuis l’Irak vers l’intérieur de l’Iran ; toutefois, l’ensemble de ces manœuvres n’a pas débouché, d’après le rapport, sur le soulèvement massif qu’Israël espérait déclencher.

Quoi qu’il en soit, les estimations israéliennes actuelles s’accordent sur la faible probabilité d’un retour rapide à un affrontement militaire d’envergure, à l’initiative des États-Unis ou d’Israël.

Il n’en reste pas moins possible que l’Iran prenne lui-même l’initiative d’élargir l’escalade dans la région pour briser le siège américain et éviter qu’on ne le prive d’exploiter sa carte la plus forte — le détroit d’Ormuz — via la création d’itinéraires alternatifs au sud du détroit, placés sous contrôle et parrainage américains.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar