vendredi, 28/08/2026   
   Beyrouth 13:12

Le général Rezaï à Al-Manar : « L’ouverture du détroit d’Ormuz est liée à la fin des guerres au Liban et à Gaza… Beyrouth et sa banlieue sud constituent une “ligne rouge” ».

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, le général de division Mohsen Rezaï, a affirmé que Téhéran considère la sécurité du Liban comme faisant partie intégrante de la sécurité de l’ensemble de la région du Moyen-Orient, appelant à la fin des guerres et des opérations militaires au Liban, à Gaza et en Syrie, et soulignant que la poursuite des tensions dans la région aura des répercussions sur tous les pays de la région sur les plans politique, économique et sécuritaire.

Dans une interview diffusée jeudi soir sur la chaîne Al-Manar, le général Mohsen Rezaï a évoqué l’évolution de la confrontation au Liban et dans la région. Il a adressé ses salutations au peuple libanais, toutes confessions et classes sociales confondues, a rendu hommage aux martyrs du Liban et du Hezbollah et a salué l’unité des Libanais face à Israël.

Il a également remercié tout particulièrement le secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, pour son leadership exemplaire à la tête de la résistance durant cette période, ainsi que le président du Parlement, Nabih Berri, pour son rôle déterminant sur la scène politique libanaise.

« La région est devenue un système interdépendant »

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a déclaré que parmi les conditions posées par l’Iran dans tout accord avec les États-Unis figurent la cessation des hostilités dans les différents théâtres d’opérations du Moyen-Orient, notamment au Liban, et le retrait d’Israël des territoires libanais occupés, ainsi que la fin du conflit dans la bande de Gaza et l’arrêt des attaques israéliennes contre la Syrie. Il a estimé que la région est devenue un système interdépendant, de sorte que l’instabilité sécuritaire dans un pays entraîne une hausse du coût des investissements et compromet les perspectives de développement dans les autres pays.

« La banlieue sud et Beyrouth, une ligne rouge pour l’Iran »

Le général Rezaï a affirmé que la relation entre l’Iran et le Liban est « historique et ancienne », soulignant les liens qui existent depuis des siècles entre les érudits de Jabal Amel et l’Iran, et déclarant que son pays continuera à soutenir le Liban de toutes ses forces.

Concernant la situation militaire, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien estime qu’Israël n’est plus en mesure de progresser vers la banlieue sud ni vers Beyrouth, compte tenu des pertes infligées par le Hezbollah à Israël ces trois ou quatre derniers mois et de la menace iranienne, qu’il considère comme pleinement effective. Il a ajouté que la banlieue sud et Beyrouth constituent une ligne rouge pour l’Iran, soulignant que Téhéran suit la situation de très près et qu’Israël sera contraint de se retirer des territoires libanais qu’il a pénétrés.

Le général de division Mohsen Rezaï a lié cette évaluation au fait que « le territoire libanais résiste au contrôle et à l’occupation », considérant qu’il est impossible de contrôler son territoire et d’assiéger les forces de résistance qui s’y trouvent, et comparant cela à la bande de Gaza, où, selon lui, « Israël », malgré son siège, n’a pas été en mesure d’atteindre ses objectifs de manière décisive.

Pas d’intervention syrienne au Liban

Concernant la question syrienne, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a exclu toute possibilité d’intervention syrienne au Liban, considérant que le gouvernement syrien est confronté à de multiples problèmes, soulignant que les attaques israéliennes incessantes sur Damas et ses environs réduisent considérablement les chances d’une telle alliance. Il a estimé que le gouvernement syrien était parvenu à la conclusion qu’Israël avait bafoué tous les accords.

Il a également souligné que l’Iran ne s’immisce pas dans les détails de la structure militaire du Hezbollah ni dans ses décisions sur le terrain, considérant que le Hezbollah dispose d’un personnel militaire capable de gérer ses affaires et de prendre ses décisions, notamment avec l’émergence de deux nouvelles générations de jeunes dirigeants.

« La guerre future serait différente »

Dans une autre partie de l’interview, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a pris des positions fermes concernant les États-Unis et Israël, soulignant que l’Iran ne cherche pas la guerre, mais est préparé à faire face une nouvelle phase si la confrontation reprend, insistant sur le fait que toute guerre future sera « différente » des précédentes.

Le général de division Mohsen Rezaï a expliqué que l’Iran avait géré les différentes phases de la guerre par étapes, s’abstenant dans un premier temps de cibler les bases américaines dans les pays du Golfe, puis élargissant progressivement son champ d’action aux sites et bases américains situés dans d’autres pays. Il estimait que cette approche graduelle visait à prendre de plus en plus en compte les aspects humanitaires et à garantir aux victoires iraniennes un soutien régional et international, ainsi qu’une plus grande légitimité.

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a également estimé que le passage des États-Unis à la pression économique reflétait, selon lui, l’efficacité limitée de la seule option militaire, laissant entendre que Téhéran répondrait à toute escalade économique par des contre-mesures ciblant les intérêts économiques américains dans la région.

Détroit d’Ormuz : « les USA doivent prouver leur sérieux »

Concernant le détroit d’Ormuz, le général de division Mohsen Rezaï a conditionné son ouverture complète à la mise en œuvre par les États-Unis des conditions iraniennes, notamment la cessation des conflits au Moyen-Orient, en particulier au Liban et à Gaza. Il a précisé que l’Iran avait établi une liste de conditions à soumettre aux Américains et qu’il autorisait pour l’instant un passage temporaire et spécifique pour les navires au milieu du détroit, la poursuite de cette navigation étant subordonnée à l’évolution des négociations avec Washington.

Selon lui, la question d’Ormuz n’est pas dissociée du conflit régional global, considérant que les États-Unis doivent « prouver leur sérieux » dans la mise en œuvre des engagements requis avant qu’une nouvelle confiance puisse être instaurée, compte tenu de ce qu’il a décrit comme « une profonde méfiance » entre les deux parties.

Le général de division Mohsen Rezaï a évoqué les relations avec la Turquie, soulignant l’importance des liens commerciaux entre les deux pays et excluant la possibilité qu’Ankara exerce des pressions économiques sur Téhéran, rappelant le rôle de la Turquie comme corridor commercial pour l’Iran pendant la guerre imposée dans les années 1980.

« La colère monte contre Israël »

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a menacé le Premier ministre ennemi, Benjamin Netanyahu, déclarant : « Nous l’enverrons en enfer et nous prouverons que ses graves erreurs ont précipité la fin de l’entité israélienne », notant qu’une « colère féroce et sacrée se forme dans le monde islamique » contre cette entité, « qui un jour émergera et se déchaînera sur le terrain, et les choses seront différentes d’avant ».

En conclusion, le général de division Mohsen Rezaï a souligné que l’Iran soutient tout projet d’unité islamique, à condition qu’il soit « global » et que les pays clés y participent sur un pied d’égalité, notant que l’Iran et l’Égypte doivent être des membres fondateurs de tout cadre global, et non pas seulement deux pays rejoignant des accords préétablis.

Source : Al-Manar