vendredi, 25/09/2026   
   Beyrouth 15:59

Macron veut envoyer des moyens militaires français en Arabie saoudite. LFI et RN s’y opposent

Emmanuel Macron, le président français a annoncé jeudi l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le port de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite.

« C’est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens. Nous allons envoyer des moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site, pas nous engager dans quelque conflit mais protéger ce site », a déclaré sur TF1 et France 2 le président français, affirmant qu’il s’agit d’œuvrer à la détente des marchés pétroliers. Le port de Yanbu sert à l’exportation du pétrole saoudien.

Cette annonce d’Emmanuel Macron ne fait pas l’unanimité et ce vendredi matin, les réactions sont mitigées même si la hausse des prix du carburant reste un sujet de grogne sociale en France.

Le candidat de La France insoumise (LFI) à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a réclamé dès jeudi 24 au soir un vote du Parlement. « Des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. Donc l’Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution », a-t-il déclaré sur X.

Même manque d’enthousiasme du côté du Rassemblement national. Son vice-président, Sébastien Chenu, estime ce matin sur BFMTV qu’il ne faut pas envoyer de Français sur place.

« C’est prendre un certain nombre de risques que nous ne voulons pas prendre (…) parce que nous n’avons pas d’accords de défense qui nous lient et qui font de l’Arabie saoudite un partenaire », a-t-il justifié.

La France a des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis et avait été critiquée pour son manque d’engagement lors du déclenchement de la guerre contre l’Iran par les États-Unis.

Chenu a rappelé que Ryad avait « déjà des accords de défense avec la Turquie et le Pakistan ». « Pourquoi ne se tournent-ils pas vers leurs partenaires naturels? », a-t-il interrogé. « À partir du moment où on n’a pas d’accords de défense, le vote est un peu superfétatoire », a estimé Sébastien Chenu, « mais s’il y avait un vote, on ne serait pas d’accord ».

L’espoir d’une détente sur le prix du baril

Emmanuel Macron a justifié sa décision par la nécessité de sécuriser l’approvisionnement en pétrole, l’Arabie est le premier exportateur au monde.

« Dès qu’on détend un de ces endroits, l’impact, il est immédiat sur le prix à la pompe. En deux jours, vous le voyez à la pompe », a ajouté le chef de l’État français.

Principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge, ce port est relié aux régions pétrolifères du royaume, situées près du Golfe, par l’oléoduc Est-Ouest, également connu sous le nom de Petroline.

Cet oléoduc a joué un rôle crucial au fil de la guerre au Moyen-Orient, permettant à l’Arabie saoudite de contourner le détroit d’Ormuz pour exporter son pétrole. Il peut transporter 5 millions de barils de brut par jour, une capacité pouvant être temporairement portée à 7 millions de barils.

Source : Médias