vendredi, 25/09/2026   
   Beyrouth 15:59

 Le lobby israélien se vante de diriger l’Amérique (Paul Craig Roberts)

Elliot Brandt, directeur général de l’AIPAC

L’Amérique n’est pas vraiment un pays. C’est une province d’Israël.

Elliot Brandt, le directeur général de l’AIPAC — le lobby pro-israélien, qui bénéficie du privilège de ne pas avoir à s’enregistrer en tant que lobby étranger — a été surpris en train de se vanter de la facilité avec laquelle il contrôle le président des États-Unis ainsi que les responsables de la sécurité nationale de Trump : le conseiller à la sécurité nationale et secrétaire d’État Marco Rubio, le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche chargé de la politique Stephen Miller, le directeur de la CIA John Ratcliffe, et d’autres encore.

Dans un enregistrement divulgué stupéfiant, on entend Elliot Brandt, PDG de l’AIPAC, se vanter ouvertement de la manière dont ce puissant lobby pro-israélien manipule des figures clés du cercle restreint de la sécurité nationale de Donald Trump, les poussant vers une nouvelle guerre coûteuse et impopulaire au Moyen-Orient pour le compte d’Israël.

Cet enregistrement a suscité l’indignation en ligne, alimentant les accusations selon lesquelles la politique étrangère américaine n’est pas dictée par les intérêts des États-Unis, mais par une machine de lobbying alignée sur des intérêts étrangers et exerçant une influence sans contrôle. Pour les critiques, cette fuite prouve une fois de plus que les États-Unis ne sont pas seulement compromis, mais occupés.

Le colonel américain Lawrence Wilkerson, ancien chef de cabinet du général quatre étoiles Colin Powell (secrétaire d’État sous l’administration George W. Bush), a déclaré : «J’ai vu le Mossad prendre le contrôle du Pentagone en 2002. Ils n’avaient besoin d’aucune pièce d’identité pour franchir l’entrée du bâtiment située côté rivière. Ils montaient voir Douglas Feith, le sous-secrétaire à la Défense chargé de la politique — le troisième homme le plus puissant du département de la Défense. Parfois, ils allaient voir Paul Wolfowitz, le secrétaire adjoint à la Défense ».

Les deuxième et troisième postes les plus puissants du Pentagone étaient occupés par des juifs sionistes favorables à l’hégémonie du « Grand Israël » sur le Moyen-Orient. Ils ont réussi à entraîner l’Amérique dans une guerre au Moyen-Orient au service de l’agenda sioniste du Grand Israël — du Nil à l’Euphrate, ou aujourd’hui du Nil jusqu’au Pakistan. Le 11 septembre a été leur « Pearl Harbor » orchestré, leur permettant de lancer leur « guerre contre le terrorisme » — une entreprise qui, en réalité, a consisté pour l’Amérique à détruire l’Irak, la Libye et la Syrie, autant d’obstacles à l’expansion d’Israël. À l’heure actuelle, le lobby israélien a entraîné les États-Unis dans une guerre contre l’Iran, un conflit dont l’Iran est, à ce jour, sorti vainqueur.

Trump vit mal la défaite militaire qu’il a infligée à l’Amérique. Il a tenté de la dissimuler derrière ses fanfaronnades.

Sachant que Trump ne peut accepter la défaite, Netanyahu l’a poussé dans une impasse où la seule façon d’échapper à l’échec tout en sauvant la face serait de frapper l’Iran avec l’arme nucléaire. C’est ainsi qu’il faut comprendre la menace proférée par Trump le mardi 22 septembre, devant le monde entier réuni à l’Assemblée générale des Nations unies : il a donné à l’Iran jusqu’après les élections de mi-mandat du 3 novembre pour capituler, sous peine d’anéantissement. Or, l’anéantissement de l’Iran nécessiterait le recours à l’arme nucléaire par Trump ou par Israël.

Ce dont le monde a été témoin mardi dernier, c’est de l’emprise totale d’Israël sur la politique étrangère américaine. Le régime Trump ne sert pas l’Amérique. Il ne sert pas ses alliés de l’OTAN. Il ne sert ni la paix ni la justice. Le régime Trump sert Israël, au détriment non seulement de tous les Américains, mais aussi du monde entier.

Le 3 novembre, nous découvrirons quelle proportion d’Américains — s’il y en a — a compris cela.

Par Paul Craig Roberts : sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan

Source : Paul Craig Roberts via Marie Claire Tellier ; Réseau international