Le ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué lundi la chargée d’affaires espagnole à Tel-Aviv, Francisca Pedros, pour lui adresser une réprimande après des déclarations de la ministre espagnole de la Jeunesse, Sira Rego, en faveur d’une Palestine « du fleuve à la mer ».
Cette convocation intervient après que Rego a affirmé que l’opinion publique espagnole soutenait l’établissement d’une Palestine « du fleuve à la mer ».
Le ministère israélien des Affaires étrangères a estimé que ces déclarations s’inscrivaient dans la « politique systématiquement anti-israélienne » menée par le gouvernement espagnol du Premier ministre Pedro Sanchez, selon le quotidien israélien Yediot Ahronoth.
Le gouvernement espagnol n’avait pas réagi dans l’immédiat à cette convocation.
Rego a tenu ces propos jeudi, lors d’un événement organisé à Madrid au cours duquel elle présentait l’ambassadeur palestinien en Espagne, Fadi Elhusseini, selon des médias espagnols.
Elle a déclaré que l’Espagne avait adopté « la bonne position sur le conflit au Moyen-Orient » et que l’opinion publique espagnole soutenait « une Palestine libre, du fleuve à la mer ».
« Nous n’avons pas choisi le mauvais camp. Défendre les droits humains et se tenir aux côtés du peuple palestinien est pour nous une source de profonde fierté », a-t-elle ajouté.
La ministre a également qualifié le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de « criminel de guerre » et dénoncé ce qu’elle a présenté comme un génocide commis par Israël dans la bande de Gaza.
Les relations entre Madrid et Israël sont tendues en raison des critiques du gouvernement espagnol à l’égard de la guerre menée par Israël à Gaza. L’Espagne a officiellement reconnu l’État de Palestine en mai 2024.
En avril 2026, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait appelé l’Union européenne à prendre des mesures plus fermes contre Israël, notamment en réexaminant ses relations avec ce pays. Il avait demandé ce qui devait encore se produire pour que l’UE réagisse aux violations du droit international et des droits humains imputées à Israël.
Plus de 74.000 Palestiniens ont été tués et plus de 175.000 autres blessés dans la guerre menée par Israël à Gaza depuis 2023, selon le ministère de la Santé de Gaza. L’offensive a également détruit environ 90% des infrastructures de l’enclave.
Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, l’armée israélienne a poursuivi ses attaques quotidiennes dans la bande de Gaza, faisant plus de 1.400 morts et environ 5.000 blessés palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Source : Anadolu