Par Rachid Al-Haddad
Au moment même où Riyad fait part de la reprise des exportations de pétrole depuis Yanbu et le rétablissement du transport de brut via le pipeline Est-Ouest, les forces de Sanaa ont de nouveau ciblé, au cours des dernières heures, plusieurs installations stratégiques pétrolières et militaires au cœur du Royaume.
Des sources militaires bien informées ont affirmé au quotidien libanais Al-Akhbar l’exécution par les forces de Sanaa d’une opération d’envergure s’étendant de Jizan, dans le sud du Royaume, jusqu’à Yanbu et Riyad, en riposte au crime de l’aviation saoudienne ayant visé des marchés publics et des ponts dans plusieurs gouvernorats yéménites, faisant des victimes parmi les civils.
Selon ces sources, l’opération menée au moyen de missiles et de drones, lundi à l’aube, a touché plusieurs sites militaires sensibles dans le quartier de Qortuba et le quartier de la Tunisie à Riyad, dont le siège des renseignements généraux.
Des installations pétrolières appartenant à la compagnie Aramco à Jizan et Yanbu ont également été visées.
Les mêmes sources ont souligné que « les forces de Sanaa ont commencé à tester les systèmes de défense français et grecs à Yanbu et Taëf, et les ont surpassés », estimant que l’arrivée des missiles et des drones au cœur de la capitale saoudienne, en contournant l’ensemble des systèmes Patriot déployés dans les régions de Jizan et Najran, reflète l’échec de ces systèmes à protéger le Royaume.
D’après des sources de renseignement s’exprimant auprès d’ Al-Akhbar, les forces de Sanaa ont récemment ajouté plusieurs sites d’importance à leur banque de cibles, notamment des centres de données orientant les raids, des centres de commandement et de contrôle, ainsi que d’autres dédiés à la gestion des opérations conjointes au Yémen.
Cela intervient alors que la Saoudite a poursuivi ses frappes contre des sites civils à Taëz, Saada et dans d’autres gouvernorats yéménites, provoquant des morts et des blessés parmi les civils.
Selon le ministère de la Santé à Sanaa, « l’aviation de l’ennemi saoudien a attaqué la maison d’un citoyen dans le district d’Al-Ma’afir, au sud de Taëz, tuant trois femmes et un homme âgé, et en blessant d’autres lors d’un raid aérien », en plus de cibler plusieurs écoles et rassemblements de population dans des zones situées sur la ligne de contact entre les gouvernorats de Taëz et Lahij.
Des plateformes saoudiennes ont fait état d’une détonation de quatre puissantes explosions entendues à Riyad, tandis que des militants saoudiens dans la région Sud ont confirmé l’émission de plusieurs alertes par les autorités de la défense civile à Abha et Khamis Mushait, avertissant les citoyens de l’existence de dangers.
Malgré le black-out saoudien, la frappe contre Riyad a provoqué une forte perturbation du trafic aérien civil à l’aéroport King Khalid, d’après des sites de suivi de la navigation aérienne. La compagnie Air France avait auparavant suspendu ses vols vers Riyad en raison de l’augmentation des risques de survol de l’espace aérien du Royaume.
Peu avant l’opération de lundi à l’aube, Ansarullah avait attaqué, la veille au soir, des installations pétrolières à Yanbu sur la mer Rouge, à l’aide d’un grand nombre de missiles balistiques et de drones.
Malgré le mutisme saoudien sur les résultats de cette opération, des images satellite ont révélé des dommages causés aux dépôts de pétrole d’Aramco dans le plus grand port d’exportation pétrolière sur la mer Rouge.
Les images transmises par le satellite Sentinel-2 ont montré l’incendie de plusieurs réservoirs de pétrole géants rattachés à la station d’Al-Mu’ajjaz, dans le sud de la Saoudite.
Selon une source économique proche du mouvement Ansarullah interrogée par Al-Akhbar, les forces de Sanaa ont placé des actifs d’Aramco à Jizan, Najran et Yanbu, d’une valeur de 100 milliards de dollars, comme cibles légitimes durant l’actuelle session d’affrontements, cette étape devant être suivie par l’intégration d’installations stratégiques tout aussi cruciales à la banque de cibles.
Parallèlement à l’escalade des attaques aériennes entre Sanaa et Riyad, le membre du bureau politique du mouvement Ansarullah, Mohammad Al-Farah, s’est engagé dans une publication sur la plateforme « X » à ce que « le Royaume ne soit pas en sécurité et ne puisse sécuriser ses installations pétrolières et économiques ni exporter ses ressources pétrolières vers l’extérieur, tant que le régime saoudien interfère de manière négative dans les affaires du Yémen, agresse ses enfants et les assiège ».
Il a ajouté que « la sécurité et la stabilité du Royaume sont liées à l’arrêt de la guerre au Yémen et à la levée du siège global ; sans cela, la communauté internationale ne pourra protéger ce régime, ni sécuriser ses installations pétrolières et économiques, ou reprendre l’exportation du pétrole vers les marchés mondiaux ».
Source : Médias
