samedi, 03/10/2026   
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Un porte-avions et un groupe d’assaut amphibie vers la région : les États-Unis rejettent la proposition iranienne

Par Mohammad Khawajoui

Alors que les regards étaient tournés vers Téhéran dans l’attente de sa position face à la réponse américaine au plan des « sept jours » proposé par l’Iran pour mettre fin à la guerre, le président américain, Donald Trump, empêtré dans la recherche d’une issue à l’impasse dans laquelle la guerre l’a plongé, est revenu à l’escalade de ses menaces contre la République islamique, répétant pour la millième fois ses propos sur l’« anéantissement » de l’Iran.

Cela est intervenu parallèlement à l’annonce par les États-Unis du départ du porte-avions Roosevelt et de son groupe aéronaval, ainsi que d’un groupe d’assaut amphibie, vers les parages de l’Iran, ainsi qu’avec ce qui s’apparente à une tentative américo-israélienne d’entraîner la Grande-Bretagne dans la guerre, illustrée par l’évocation de menaces iraniennes potentielles contre les intérêts américains au Royaume-Uni.

Bien que la teneur de la réponse américaine à la proposition iranienne n’ait pas été officiellement dévoilée, des sources à Téhéran ont indiqué que Washington exige, avant toute concession — y compris l’allègement des pressions ou la levée des sanctions —, que l’Iran procède à la réouverture du détroit d’Ormuz et fasse des concessions sur le dossier nucléaire.

Le plan des « sept jours » iranien stipule qu’il faut d’abord mettre fin aux hostilités sur tous les fronts, lever le blocus maritime, permettre la vente du pétrole et donner accès à une partie des avoirs financiers gelés, la réouverture du détroit devant intervenir au terme de ces sept jours.

Selon ce plan, les négociations nucléaires ne pourront débuter qu’après la réalisation effective de cet ensemble de mesures.

Accepter la proposition iranienne donnerait l’impression que les États-Unis, après avoir subi des coûts militaires et imposé un blocus à Téhéran, se verraient contraints de faire des concessions économiques en échange de la seule réouverture du détroit d’Ormuz.

Or, le président américain a besoin d’un accord qu’il puisse présenter non pas comme une nouvelle version de l’accord nucléaire de 2015, mais comme un compromis beaucoup plus strict, par lequel l’Iran accepterait d’abord des restrictions nucléaires vérifiables avant de bénéficier d’un allègement des sanctions.

Par conséquent, l’ensemble des éléments indique que l’administration Trump, après avoir testé près d’une décennie de politique de « pression maximale » et essuyé deux confrontations militaires directes avec Téhéran, est revenue à la « neutralisation des capacités nucléaires iraniennes » en échange d’un allègement des pressions financières et économiques, comme axe principal de tout accord potentiel.

Ainsi, les exigences américaines attendues dans la phase actuelle comprennent : l’arrêt de toute nouvelle opération d’enrichissement — au moins jusqu’à la conclusion d’un accord définitif —, le règlement du sort des stocks d’uranium enrichi (en particulier les matières à haut degré d’enrichissement), la soumission des sites endommagés et des stocks nucléaires au contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’obtention de garanties concernant l’activité des centrifugeuses, et la prévention de tout regain de tension dans le détroit d’Ormuz et les autres voies navigables régionales.

Dans ce contexte, Trump a réitéré, jeudi, son rejet de la dernière proposition iranienne pour cesser la guerre, déclarant : « Ce que j’ai refusé il y a un an, je ne l’accepterai pas aujourd’hui. »

Dans des déclarations au magazine Time, le président américain a prédit un retour à des bombardements intensifs contre l’Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre prochain, affirmant : « Lancer de nouvelles attaques contre l’Iran est possible. Et je pourrais anéantir l’Iran », un jour seulement après avoir déclaré que la guerre prendrait fin bientôt « d’une manière ou d’une autre ».

Les propos de Trump ont coïncidé avec l’annonce faite par un responsable américain à la chaîne Al Jazeera, indiquant que le porte-avions Roosevelt a quitté la base de San Diego avec son groupe aéronaval à destination du Moyen-Orient.

Le responsable a précisé que « le groupe d’assaut amphibie Makin Island a quitté San Diego pour le Moyen-Orient lundi dernier », ajoutant qu’il y a « plus de 2 000 Marines à bord du groupe amphibie ».

Il a souligné d’ici la fin du mois de novembre, 3 porte-avions et 2 groupes d’assaut amphibies seront déployés aux abords de l’Iran, ajoutant qu’avec un tel rassemblement de forces, les commandants disposeront de nombreuses options pour faire face à l’Iran.

Cependant, l’Iran ne semble pas disposé à faire des concessions nucléaires ou à rouvrir gratuitement le détroit d’Ormuz en abandonnant ses leviers de pression contre de simples promesses d’allègement des sanctions, d’autant que l’expérience du retrait américain de l’accord nucléaire, ajoutée au non-respect de leurs engagements diplomatiques au cours de l’année et demi écoulée, a réduit le niveau de confiance envers leurs promesses.

Bien qu’il soit impossible d’affirmer catégoriquement que la nouvelle session d’échanges de messages entre Téhéran et Washington se soldera par un échec, sa réussite reste entourée de vives incertitudes.

Dès lors, il convient d’observer la réaction de l’Iran face à la réponse américaine à son plan, ainsi que la disposition des deux parties à ajuster leurs exigences.

En tout état de cause, certains milieux politiques et sécuritaires en Iran mettent en garde contre le fait qu’une nouvelle initiative des États-Unis et d’Israël vers une action militaire à grande échelle reste très probable.

Dans ce cadre, Mehdi Mohammadi, conseiller stratégique du président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, a écrit jeudi dans un article publié sur le site Alef que les « évaluations récentes » indiquent que les USA, malgré ses « hésitations et ses craintes », s’achemine rapidement vers une action contre l’Iran.

Mohammadi a accusé les Émirats arabes unis de complicité avec les efforts du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu visant à relancer la guerre au plus vite, soulignant que ce dernier transmet des « informations erronées » sur de nouvelles installations nucléaires iraniennes aux États-Unis et à certains pays de la région, y compris lors de sa récente visite à Abou Dhabi.

Il a ajouté que sa demande auprès des Émiratis d’inciter Trump à reprendre les opérations militaires « a reçu leur aval ».

Dans le même temps, ‘Israël’ et les États-Unis ont semblé chercher à impliquer la Grande-Bretagne dans la guerre contre l’Iran.

Netanyahu a en effet déclaré à Fox News que Tel-Aviv avait fourni à Londres « des renseignements indiquant qu’une attaque allait avoir lieu en Grande-Bretagne et qu’elle était soutenue par l’Iran », tandis que le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a mentionné que « les États-Unis ont discuté avec la Grande-Bretagne de menaces iraniennes potentielles ciblant des intérêts américains sur son sol ».

Source : Médias