Par Ibrahim Shamseddine
Lundi 13 avril 2026, à exactement 10h00 (heure de l’Est des États-Unis), le blocus naval militaire américain imposé à la République islamique d’Iran est entré en vigueur.
Cependant, les Iraniens estiment que le temps joue en leur faveur dans cette confrontation, et ils ont raison. Plus la fermeture du détroit d’Ormuz se prolonge, plus la pression économique et politique s’accroît sur les États-Unis et leurs alliés. Par conséquent, la position de l’Iran dans les négociations s’en trouvera renforcée.
1. Objectifs du blocus :
- Contraindre l’Iran à faire des concessions dans les négociations bilatérales sous la pression économique.
- « Freiner » la capacité de l’Iran à utiliser le détroit d’Ormuz comme une arme.
- Redessiner les règles d’engagement régionales et réduire l’influence régionale de l’Iran.
- Exercer une pression sur l’économie iranienne, les États-Unis considérant le blocus comme un outil stratégique pour « étouffer » l’économie et affaiblir sa capacité à financer les activités du régime.
2. L’emprise iranienne (géographique et militaire) sur le détroit d’Ormuz :
- La géographie renforce le contrôle de l’Iran sur le détroit d’Ormuz malgré le blocus américain, en exploitant les vulnérabilités créées par la configuration du terrain. Long de 167 km, le détroit présente une largeur variant de 21 à 52 milles marins, et des profondeurs oscillant entre 36 mètres près des îles iraniennes telles que « Lark » et plus de 220 mètres près de la péninsule omanaise de « Musandam ». Ce relief accidenté et ces eaux peu profondes dans certaines zones rendent la navigation extrêmement délicate, en particulier pour les grands navires cisternes.
- La géographie s’est transformée en une arme asymétrique, rendant difficile pour les « forces extérieures » de sécuriser le détroit d’Ormuz sans contrôler les côtes iraniennes, ce qui confère à Téhéran un puissant moyen de pression. L’Iran possède la rive nord et est du détroit, ainsi qu’un réseau d’îles proches des voies de navigation, notamment Qechm, Lark, Ormuz et Hengam. Ces positions procurent à l’Iran une profondeur pour la surveillance, le positionnement et le soutien, tandis que l’île de Lark offre une proximité immédiate avec la zone de transit et un temps de réponse court. Les îles situées à l’entrée du détroit permettent la surveillance, le soutien des forces et la menace des couloirs voisins, tandis que les îles d’approche telles que Grand et Petit Tomb, Abou Moussa et Ssirri permettent d’étendre la zone d’influence en amont de l’entrée des navires dans le détroit. Enfin, la côte iranienne et le port de Bandar Abbas jouent un rôle de commandement, de contrôle, de soutien, de défense côtière et de liaison entre les îles et la profondeur stratégique iranienne.
3. Les options de la riposte iranienne au blocus :
- Le défi direct : L’Iran a réussi à sécuriser le passage de superpétroliers.
- La menace militaire : Des plans visant à couler les navires de guerre américains dans le détroit d’Ormuz.
- Le leurre technologique : La « falsification des données de navigation », tout en s’appuyant sur une « flotte fantôme » non enregistrée.
- Les alternatives logistiques pour maintenir le flux du commerce et du pétrole : L’utilisation de ports difficiles à bloquer sur la mer d’Oman.
- Le transport terrestre : Par le biais des chemins de fer et des frontières terrestres.
- La menace mutuelle et la perturbation de la navigation dans divers ports du Golfe.
- La menace pesant sur la navigation internationale et pétrolière en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb (par lequel transite 12 % du commerce mondial).
- La zone d’exclusion iranienne : L’établissement d’une « zone restreinte » dans de vastes étendues maritimes s’estendant de Tchabahar à la mer d’Oman et à la mer d’Arabie, en dehors du détroit d’Ormuz, en riposte à la « ligne de blocus américaine ». Cette mesure pousse les compagnies maritimes à privilégier des routes de rechange ou à attendre des garanties de passage.
4. Les facteurs de l’échec américain :
- La poursuite du trafic maritime en dépit du blocus, y compris par des superpétroliers.
- L’incapacité à constituer une vaste coalition internationale pour imposer le blocus.
- L’existence de débouchés et d’itinéraires alternatifs.
Source : Médias
