La Corée du Nord a déclaré samedi avoir testé un missile stratégique de portée intermédiaire intégrant l’utilisation de l’IA, quelques heures après que Séoul a annoncé que Pyongyang avait lancé un missile balistique.
« Nous sommes prêts à tout, quelle que soit l’option qu’ils choisiront », a déclaré Kim Yo Jong, la puissante sœur du dirigeant Kim Jong Un, considérée comme une porte-parole officieuse de Pyongyang, en réponse aux avertissements de M. Kang.
Elle a également affirmé que le « missile stratégique de portée intermédiaire » était « capable de modifier sa trajectoire de vol à basse altitude et que l’IA y a été introduite », sans donner davantage de détails sur l’utilisation de l’intelligence artificielle.
« Il n’existe aucun moyen d’éviter » l’attaque de ce type de missile », a poursuivi Kim Yo Jong, soutenant les propos de son frère Kim Jong Un selon qui « aucun pays au monde ne pourrait avoir accès à une telle technologie avant au moins plusieurs années ».
« Nos forces armées ont détecté un missile balistique tiré depuis la région de Wonsan, en Corée du Nord, en direction de la mer de l’Est », a déclaré l’état-major interarmées de Séoul, en employant le nom coréen de la mer du Japon.
Le projectile est tombé en mer à environ 700 km de son point de lancement, a-t-il précisé.
La Corée du Nord a également rejeté systématiquement toutes les tentatives de rapprochement opérées ces derniers mois par le président sud-coréen de centre-gauche Lee Jae Myung, un partisan du dialogue avec Pyongyang.
Pyongyang « ne tolérera jamais la moindre brèche ni le moindre espace de contact possible avec la République de Corée, quelles que soient les circonstances », a déclaré vendredi Kim Yo Jong, citée par l’agence officielle nord-coréenne KCNA. « S’asseoir à la même table que la République de Corée est en soi un cauchemar », a-t-elle affirmé, ajoutant que « c’est la conclusion à laquelle nous sommes parvenus au terme de notre expérience passée, plus que suffisante ».
Les analystes estiment que la Corée du Nord pourrait faire progresser rapidement sa technologie de missiles avec le soutien militaire de la Russie, en échange de l’envoi de troupes pour soutenir sa guerre contre l’Ukraine.
Ce nouveau tir intervient en plein regain de tension entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, laquelle a accusé son voisin d’avoir posé des mines antipersonnel dans sa partie de la Zone démilitarisée (DMZ) qui les sépare.
L’explosion de deux de ces engins avait blessé trois soldats sud-coréens le 21 septembre. Séoul a exigé des excuses de Pyongyang pour cet incident qualifié de violation de l’armistice de 1953, qui a mis fin à la guerre de Corée.
La Corée du Nord a nié toute responsabilité dans l’incident et rejeté la demande d’excuses de Séoul, qualifiée de « pathétique ».
La Corée du Nord est sous le coup de lourdes sanctions des Nations unies pour ses programmes d’armement nucléaire et de missiles, qu’elle considère comme une assurance-vie contre toute tentative d’invasion ou de renversement de son régime par les États-Unis.
Le président américain Donald Trump, qui a rencontré Kim Jong Un à trois reprises lors de son premier mandat (2017-2021), cherche actuellement à raviver le lien qu’il affirme avoir noué avec lui au cours de ces échanges, et a indiqué qu’il comptait le rencontrer à nouveau d’ici la fin de l’année.
Source : Avec AFP
