mercredi, 07/10/2026   
   Beyrouth 14:09

Armé d’un fusil et brandissant un drapeau israélien, un homme armé menace l’eurodéputée Rima Hassan

Nouvelle menace flagrante contre l’eurodéputée Rima Hassan : un partisan français d’Israël, portant un fusil et plaçant le drapeau israélien sur son épaule avec le drapeau français derrière lui, a proféré des menaces explicites à son encontre.

La vidéo a été relayée par plusieurs comptes X.

Dans la vidéo, l’homme armé déclare : « Rima, tu veux enlever ça aussi ? ( montrant le drapeau israélien ) Viens le prendre. Comment peux-tu faire ça devant les photos des victimes du 7 octobre ? Tu es encore dans le déni ? Tu te moques des gens, tu soutiens le terrorisme et tu insultes publiquement tous ceux que tu considères comme tes ennemis. »

Il a poursuivi, la menaçant directement : « Honnêtement, méfie-toi du jour où quelqu’un décidera de te prendre pour cible, tu seras la victime, et alors ne viens pas te plaindre à moi. »

Des juristes et des militants ont souligné qu’en vertu du droit français, l’auteur de menaces de mort contre un parlementaire est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison et d’une lourde amende.

Des observateurs ont vivement critiqué les médias français et se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles ils n’ont pas accordé à cette menace armée la même attention qu’à l’affaire du retrait du drapeau israélien.

Pas le drapeau européen

Depuis le 5 octobre, l’eurodéputée de LFI est dans le collimateur après des accusations selon lesquelles elle a renversé des drapeaux israélien et européen lors d’une exposition consacrée à l’attaque du 7 octobre 2023, dans l’enceinte du Parlement européen à Strasbourg.

Mardi, elle a reconnu avoir retiré un drapeau israélien de son support, mais pas celui de l’Union européenne.

Selon l’équipe de l’eurodéputée, Rima Hassan, en quittant les lieux de l’exposition, « a retiré le drapeau israélien de son support. Le drapeau de l’Union européenne, fixé sur le même pied, est alors malencontreusement tombé sous l’effet du déséquilibre. Aucun drapeau n’a été piétiné ni détérioré », selon cette réaction envoyée par mail à l’AFP.

« Notre geste s’inscrit dans la dénonciation du génocide mené par le gouvernement israélien », mais ne visait « en aucun cas les personnes auxquelles cet événement entendait rendre hommage, ni leur mémoire », a-t-elle ajouté.

« La Palestine n’existe pas »

Contactée par Le HuffPost, Rima Hassan explique également avoir « décroché symboliquement » ce drapeau « après que les personnes qui tenaient le stand ont déclaré “la Palestine n’existe pas” durant l’échange que j’ai eu avec eux. »

« Cet événement n’est pas une commémoration officielle, c’est une exposition co-organisée par l’ambassade d’Israël et le groupe PPE de François-Xavier Bellamy », ajoute-t-elle, en précisant avoir déjà « assisté aux commémorations dans l’hémicycle qui n’étaient pas liées à l’ambassade » ou au gouvernement israélien.

L’eurodéputée a notamment affirmé que des colliers présentés lors de l’événement représentaient une carte d’Israël englobant la bande de Gaza et les territoires palestiniens occupés.

Elle a également rapporté qu’au cours d’un échange, l’artiste israélien Yaron Bob, invité à l’événement, avait nié l’existence de la Palestine et des Palestiniens.

Elle a expliqué que son geste de retirer le drapeau israeliens visait à dénoncer le « génocide en cours » dans la bande de Gaza, les violations du droit international et ce qu’elle qualifie de « deux poids, deux mesures ».

Elle a estimé qu’un drapeau russe ne serait pas admis de la même manière dans l’enceinte de l’institution européenne et accusé Israël de continuer à bénéficier d’une « impunité totale ».

Elle a conclu son discours en réaffirmant sa position sur les pratiques israéliennes, déclarant : « Israël – que cela vous plaise ou non – commet aujourd’hui un génocide et un apartheid, ce qui constitue un crime contre l’humanité. »

Fake news

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, avait déclaré plus tôt mardi devant les eurodéputés qu’un membre de l’Assemblée avait été filmé « apparemment en train de dégrader une exposition » consacrée aux victimes des attaques du 7 octobre 2023.

Metsola a indiqué que le Parlement prenait l’affaire « extrêmement au sérieux » et que les mesures appropriées prévues par les procédures de l’institution étaient en cours, tout en soulignant le droit de l’élue concernée à être entendue.

Hassan a indiqué avoir écrit à Metsola pour lui présenter sa version des faits et lui demander de répondre aux sollicitations des journalistes souhaitant obtenir les images de l’incident, afin, selon elle, de ne pas laisser « l’opacité entretenir les fake news ».

Source : Divers