Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten s’est engagé vendredi à défendre la Cour pénale internationale « brique par brique », une pique à peine voilée à l’encontre des États-Unis, qui ont utilisé cette même expression pour menacer de la démanteler.
L’administration Trump a lancé une offensive majeure contre la cour basée à La Haye, où réside M. Jetten. Washington a sanctionné plusieurs hauts responsables de la CPI et envisage d’imposer des sanctions à l’institution tout entière.
Les Etats-Unis sont furieux que la cour ait émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un proche allié des Etats-Unis, pour des crimes présumés commis à Gaza.
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a promis de démanteler « brique par brique » la CPI, qui juge les auteurs des crimes les plus graves au monde.
Le président américain Donald Trump a appelé les 125 pays membres de la cour à se retirer de cette instance, qu’il a accusée d’être « hors de contrôle ».
Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, M. Jetten a déclaré que les Pays-Bas se sentaient responsables du bon fonctionnement de la CPI et qu’ils la « protégeraient brique par brique lorsque cela s’avèrera nécessaire ».
Le Premier ministre a indiqué que les Pays-Bas œuvraient en coulisses sur le plan diplomatique pour faire comprendre à Washington que des sanctions sévères contre la cour nuiraient aux relations transatlantiques.
Il a également précisé que plusieurs pays travaillaient à proposer des réformes pour la CPI, qui juge des individus pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.
« Et le message adressé aux Américains est aussi le suivant : rejoignez ce dialogue et évitez une nouvelle escalade », a déclaré M. Jetten.
En tant que pays hôte, les Pays-Bas ont une responsabilité particulière envers la cour en vertu d’un « accord de siège » signé en 2008.
Dans un discours d’une virulence inhabituelle prononcé le mois dernier devant l’Assemblée générale des Nations unies, M. Jetten a juré de défendre la juridiction « dans mon pays, dans ma ville ».
« Comment peut-on s’opposer à ce que les pires crimes soient poursuivis ? Je crois qu’il ne peut y avoir qu’une seule réponse : « on ne touche pas à la CPI », avait lancé M. Jetten sous des applaudissements nourris.
Source : AFP
