jeudi, 12/02/2026   
   Beyrouth 14:23

 « Je préfère mourir que de me soumettre à Israël », lance une membre d’une Commission arborant le drapeau palestinien à la Maison-Blanche

Carey Buller, membre de la Commission de la Maison-Blanche sur la liberté religieuse

Carey Buller, membre de la Commission de la Maison-Blanche sur la liberté religieuse, a suscité une vive polémique aux États-Unis après avoir publié des déclarations et des tweets virulents critiquant le « sionisme politique » et le soutien inconditionnel à ‘Israël’.

Elle a affirmé qu’elle « ne se soumettrait pas à Israël » et qu’elle « préférait mourir plutôt que de le faire ».

Dans un message publié mercredi sur son compte X, Mme Buller a déclaré être plus déterminée que jamais à dénoncer le « sionisme politique et les mensonges qu’il a propagés pour justifier des guerres sans fin, le meurtre d’enfants et des financements illimités ».

Elle a ajouté que « sa conversion au catholicisme l’avait amenée à reconsidérer ce qu’elle a décrit comme le mélange de religion et d’agendas politiques dans certains milieux évangéliques américains ».

Et de souligner : « Aucune nation ne parle au nom de Dieu et aucune idéologie n’a le droit de tuer des innocents », affirmant que chaque vie humaine, « y compris la vie palestinienne, porte l’image de Dieu ».

Et de renchérir : « justifier les bombardements, la famine et les massacres au nom de la religion contredit les enseignements du Christ ».

Une audition devant la Commission de la Maison-Blanche sur la liberté religieuse internationale, mardi soir, a dégénéré en une vive confrontation sur le sionisme et les limites de la liberté d’expression, suite à un échange houleux entre Mme Buller et des témoins soutenant ‘Israël’ concernant la définition de l’antisémitisme aux États-Unis.

Au cours de l’audition, Mme Buller a refusé d’assimiler toute critique d’Israël ou du sionisme à de l’antisémitisme direct, demandant « si le rejet du sionisme par les catholiques les rendait nécessairement antisémites », ce qui a créé des tensions dans la salle.

Un témoin a affirmé que l’antisionisme était synonyme d’antisémitisme selon les définitions établies, tandis qu’un rabbin présent a souligné que nier le droit d’Israël à exister constituait, selon ses propres termes, « de l’hypocrisie et de l’antisémitisme ». Mme Buller a réaffirmé son identité religieuse, déclarant qu’elle ne voyait aucune signification religieuse ou prophétique à l’État moderne d’Israël.

Au cours de cette séance, Mme Buller est apparue avec un pin’s arborant les drapeaux américain et palestinien, un geste qui a suscité des objections et des critiques de la part de certains participants et a été perçu comme une provocation politique par les partisans d’Israël.

La vidéo de la séance a largement circulé sur les plateformes numériques. Les internautes ont salué ses interventions comme une défense de la liberté d’expression et de la liberté religieuse, tandis que les militants pro-israéliens ont réclamé son exclusion de la Commission.

Mme Buller a par la suite répondu aux critiques, expliquant que le port du pin’s représentant le drapeau palestinien aux côtés du drapeau américain était une expression morale de solidarité avec les civils victimes de bombardements, de déplacements forcés et de famine à Gaza. Elle a affirmé qu’elle ne démissionnera pas et que sa position relevait de son droit à la liberté de religion et d’expression.

Depuis le 7 octobre 2023, ‘Israël’, avec le soutien des États-Unis et de l’Europe, a commis un génocide dans la bande de Gaza, notamment des massacres, la famine, des destructions, des déplacements de population et des arrestations, ignorant les appels internationaux et les injonctions de la Cour internationale de Justice lui ordonnant de cesser ses agissements.

Ce génocide a fait plus de 243 000 morts et blessés palestiniens, principalement des femmes et des enfants, et plus de 11 000 disparus. S’y ajoutent des centaines de milliers de déplacés et une famine qui a coûté la vie à de nombreuses personnes, surtout des enfants, ainsi que la disparition de la plupart des villes et des régions de la bande de Gaza de la carte.