jeudi, 12/02/2026   
   Beyrouth 14:24

Réunion longue et « mystérieuse » à la Maison Blanche : Trump privilégie un accord… et se prépare à la guerre !

La réunion entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump, qui s’est tenue mercredi soir à la Maison Blanche, a duré environ trois heures. Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, le secrétaire d’État, Marco Rubio, ainsi que les envoyés diplomatiques Steve Witkoff et Jared Kushner y ont également participé.

À l’issue de la réunion, Netanyahu est reparti sans faire de déclaration commune avec Trump.

Ce dernier a toutefois annoncé, via son compte Truth Social, avoir conclu une « très bonne » réunion avec Netanyahu, soulignant l’« excellente relation » qui perdure entre ‘Israël’ et les États-Unis.

Il a indiqué n’avoir « pris aucune décision définitive », si ce n’est son insistance à « poursuivre les négociations avec l’Iran afin de tenter de parvenir à un accord ».

Et d’ajouter: « Si on parvient à un accord, ce serait l’option privilégiée, mais que dans le cas contraire, « nous verrons bien ».

Trump a rappelé « la décision iranienne de ne pas conclure d’accord, conduisant à l’opération américaine ‘Midnight Hammer’ contre ses installations nucléaires », et a exprimé l’espoir que Téhéran se montrerait cette fois-ci « plus rationnel et responsable ».

Il a également noté des « progrès significatifs » à Gaza et dans la région en général, prétendant qu’« il y a déjà la paix au Moyen-Orient ».

De son côté, le bureau de Netanyahu a annoncé avoir discuté avec Trump des « négociations avec l’Iran, de la situation à Gaza et des développements régionaux », réitérant les « besoins de sécurité » d’Israël dans le cadre des négociations et convenant avec le président américain de « poursuivre la coordination et de maintenir un contact étroit ».

Chaine israélienne 12 : Réunion confidentielle

Selon la chaîne israélienne 12, la rencontre entre Netanyahu et Trump « a duré plus longtemps que prévu, sans présence des médias ni conférence de presse », signe évident qu’il s’agissait d’une « réunion de travail secrète et confidentielle visant à influencer le cours des négociations ».

La chaîne a indiqué que Netanyahu avait présenté à Witkoff, Kushner, Rubio et Trump des données montrant que le pouvoir iranien « continuait de procéder à des exécutions de masse (contre les émeutiers, ndlr) malgré son ‘engagement’ auprès de Trump d’y mettre fin, et qu’il n’avait jamais eu l’intention d’aborder la question des missiles lors des négociations à huis clos ».

De son côté, la chaîne israélienne Kan a rapporté qu’Israël avait informé les États-Unis que tout « bon » accord avec l’Iran devait être « sans limite de durée et empêcher définitivement ce pays d’acquérir l’arme nucléaire ».

Selon des sources citées par Kan, Netanyahu a transmis ce message aux responsables américains, cherchant à leur faire comprendre que « l’Iran tente de gagner du temps ».

Analyses israéliennes : les négociations avec l’Iran n’aboutiront pas

Ces déclarations interviennent alors que des analyses en ‘Israël’ suggèrent que « les négociations n’aboutiront pas à un accord définitif, et l’option d’une frappe militaire reste pleinement envisagée ».

Cette analyse s’accompagne d’une volonté manifeste de projeter une position unifiée sur les négociations et d’insister sur leur échec.

La chaîne israélienne 14 a cité le ministre israélien Yoav Kisch, qui a déclaré que « la probabilité que les États-Unis lancent une attaque contre l’Iran reste très élevée ».

« Les estimations indiquent que l’Iran n’impliquera pas Israël dans sa riposte, conscient que cela pourrait provoquer un déploiement militaire massif susceptible d’entraîner l’effondrement immédiat du régime », a-t-on prétendu de même source.

De même, un diplomate s’exprimant auprès du journal Israel Hayom a estimé qu’une confrontation militaire entre l’Iran et les États-Unis était « inévitable ».

Parallèlement, la chaîne 13 a cité un responsable israélien affirmant qu’il ne voyait aucun accord en vue à l’issue des négociations.

Pour sa part, l’ancien chef du Conseil national de sécurité israélien, le général de division (à la réserve) Uzi Dayan, a appelé au maintien d’un « état de préparation maximal », considérant la visite de Netanyahu à Washington comme « exceptionnelle » et exprimant sa crainte que les Américains ne fassent « une concession de dernière minute qui profite à l’Iran ».

Il a souligné la nécessité de respecter l’« alliance stratégique » entre Tel Aviv et Washington.

Cependant, le professeur Amtsia Baram, stratège et spécialiste du Moyen-Orient à l’Université de Haïfa, estime que « l’administration américaine cherche avant tout à obtenir un accord nucléaire clair et écrit que Trump puisse présenter comme une victoire surpassant l’accord de 2015 ».

Il souligne que la considération américaine n’est pas seulement stratégique, mais aussi « politique et symbolique », car Trump ne souhaite pas donner l’impression de proférer des menaces sans les mettre à exécution.

Selon Baram, les Américains pourraient s’orienter vers un accord nucléaire « radical », assorti de concessions concrètes sur les points les plus difficiles concernant « le programme de missiles, les groupes armés interposés et l’opposition iranienne », ce qui, du point de vue israélien, signifie que d’autres menaces persisteront.

Il estime que la probabilité d’une frappe militaire américaine limitée « reste légèrement supérieure à 50 % », surtout si Téhéran ne fait pas rapidement preuve de flexibilité dans les négociations.

En cas de succès de l’accord nucléaire, il estime que « la menace existentielle diminuera, mais la menace des missiles et des groupes armés interposés persistera, nécessitant des investissements plus importants dans les systèmes de défense et une coopération sécuritaire renforcée ».

Préparatifs militaires US

Entre-temps, les préparatifs militaires américains et israéliens se poursuivent comme si la guerre était inévitable.

L’Agence américaine de défense antimissile a annoncé avoir mené avec succès des essais conjoints avec ‘Israël’ sur le système d’interception de missiles et de drones « Fronde de David », indiquant que « ces essais ont bénéficié de l’expérience acquise lors des opérations de combat des deux dernières années et constituent une avancée majeure dans le développement du système de défense antimissile ».

Le ministère israélien de la guerre a également fait état d’une « série d’essais sur ce même système afin de renforcer sa capacité à faire face aux menaces ».

Alors que Reuters a rapporté que « les États-Unis avaient retiré leurs forces de la base d’al-Tanf, dans l’est de la Syrie, vers la Jordanie », le Wall Street Journal a indiqué que « le Pentagone a ordonné à un deuxième groupe aéronaval de se préparer à un déploiement au Moyen-Orient » et que « Trump pourrait donner un ordre officiel de déploiement dans les prochaines heures, le lancement devant avoir lieu depuis la côte est des États-Unis. »

La chaîne 12 a également révélé que les États-Unis continuent de déployer une force offensive importante en prévision d’une éventuelle confrontation avec l’Iran, malgré le maintien des communications entre les deux pays.

Le reportage de la chaine 12 indique le déploiement imminent de chasseurs furtifs F-35A au Moyen-Orient, ainsi que la présence de trois escadrons de chasseurs F-15E, dont un récemment arrivé sur la base aérienne de Muwaffaq Salti en Jordanie.

Il mentionnait également des avions d’appui aérien rapproché A-10, des avions de guerre électronique E/A-18G et d’autres avions de chasse.

En mer, le porte-avions USS Abraham Lincoln embarque des chasseurs furtifs F-35C, des chasseurs F/A-18E/F et des avions de guerre électronique supplémentaires.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar