samedi, 14/02/2026   
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Indice d’opinion arabe 2025 : 87% des citoyens arabes refusent la reconnaissance d’Israël

Un vaste sondage d’opinion arabe a révélé qu’une majorité de citoyens du monde arabe s’opposent à la normalisation des relations avec Israël.

Ces résultats proviennent de l’« Indice d’opinion arabe 2025 », publié par le Centre arabe de Washington, D.C., considéré comme le plus important sondage d’opinion publique du monde arabe.

Il a été mené entre novembre 2024 et août 2025 auprès de 40 130 personnes interrogées en face à face dans 15 pays arabes : Algérie, Égypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Palestine, Qatar, Arabie saoudite, Soudan, Syrie et Tunisie.

Malgré les accords de normalisation signés en 2020 entre Israël et plusieurs États arabes, le sondage montre une baisse de deux points de pourcentage du soutien à la reconnaissance d’Israël par rapport au sondage précédent. 87 % des personnes interrogées ont affirmé leur refus de reconnaître Israël, tandis que seulement 6 % se sont déclarées favorables.

Ceux qui rejettent la reconnaissance justifient leur position en qualifiant Israël d’« État colonial de peuplement occupant la Palestine », et d’« État expansionniste cherchant à dominer la région et à contrôler ses ressources ».

La moitié des personnes favorables à la reconnaissance ont conditionné leur soutien à la création d’un État palestinien indépendant fondé sur une solution à deux États.

L’Arabie saoudite a enregistré le taux de rejet le plus faible à la normalisation (61 %), contre 74 % ou plus dans les autres pays, un grand nombre de participants n’ayant pas exprimé d’avis.

L’enquête a aussi révélé que 80 % des Arabes considèrent la question palestinienne comme une cause arabe collective, contre seulement 12 % qui la perçoivent comme une question purement palestinienne. C’est en Jordanie, en Tunisie, en Algérie et au Koweït que l’on a enregistré les taux d’affirmation les plus élevés du caractère arabe de cette question, dépassant les 90 %.

En Arabie saoudite, ce chiffre s’élevait à 62 %, tandis que 30 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas savoir ou ont refusé de répondre.

Selon ce sondage, 28 % des personnes interrogées dans les 15 pays arabes considèrent Israël comme la principale menace pour leur pays, suivi par les États-Unis. C’est au Levant (Irak, Jordanie, Liban, Palestine et Syrie) que l’on observe les pourcentages les plus élevés (58 %), suivis par la région de la vallée du Nil (Égypte et Soudan) (38 %).

À l’inverse, les pourcentages les plus faibles ont été enregistrés au Maghreb (Algérie, Mauritanie, Maroc, Libye et Tunisie) et dans les pays du Golfe (Koweït, Qatar et Arabie saoudite), avec seulement 9 % dans chaque région. Le pourcentage de personnes ayant déclaré ne pas savoir ou préférant ne pas répondre a également augmenté, atteignant 47 % au Maghreb et 42 % dans les pays du Golfe.

Le rapport comprenait une analyse de l’opinion publique syrienne après la chute du régime de Bachar al-Assad. Le sondage révèle que 70 % des Syriens rejettent tout accord avec Israël qui n’inclut pas la restitution du plateau du Golan, annexé par Israël en 1967.

Près des trois quarts des personnes interrogées estiment qu’Israël soutient des factions au sein de la société syrienne afin d’attiser les velléités séparatistes et de menacer l’unité du pays, tandis que 88 % affirment qu’Israël représente une menace pour la sécurité et la stabilité de la Syrie.

Source : Médias