dimanche, 15/02/2026   
   Beyrouth 01:05

Rubio à Munich: les USA préfèrent œuvrer avec l’Europe pour empêcher le déclin de la civilisation occidentale

Rubio n’a pas évoqué la contribution des juifs à la civilisation occidentale vantée par Netanyahu.

Devant la conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a exposé les grandes lignes de la politique internationale du président Donald Trump. Son discours s’est adressé exclusivement à l’Europe avec laquelle les Etats-Unis veulent œuvrer pour empêcher le déclin de l’Occident.   

Assurant que les Etats-Unis et l’Europe, « appartiennent à la même civilisation occidentale » et que leurs destins sont liés, il a souligné que Washington ne souhaite pas se séparer de l’Europe mais plutôt « reconstruire l’alliance » avec elle, et qu’il ne cherche pas à diviser l’OTAN mais plutôt à la stimuler et à la renforcer.

Il a critiqué la notion de « la fin de l’histoire » répandue après la chute de l’Union soviétique, estimant qu’elle est illusoire, la désindustrialisation « qui a privé nos nations de leur richesse », l’externalisation de la souveraineté vers institutions internationales, le culte du climat « qui a appauvri nos peuples », l’accueil des immigrés « qui déstabilise les sociétés de tout l’Occident », il a assuré que les Etats-Unis sont prêts si nécessaire à agir seuls mais préfèrent le faire avec l’Europe. Rappelant les liens profonds qui les unissent à savoir « des siècles d’histoire commune, de foi chrétienne, de culture, de patrimoine, de langue, d’ascendance, et par les sacrifices ».  

Estimant que « le sort de l’Europe ne sera jamais sans conséquence pour notre propre sécurité nationale », il a indiqué que la question fondamentale qui s’impose est « que défendons-nous exactement ? »

Et de répondre : « Les armées ne se battent pas pour des abstractions. Elles se battent pour un peuple, pour une nation, pour un mode de vie ». « C’est cela que nous défendons : une grande civilisation qui a toutes les raisons d’être fière de son histoire, confiante dans son avenir, et déterminée à rester maîtresse de son destin économique et politique. »

 Vantant le passé colonial et impérial de l’Occident pendant 5 siècles, il a déploré son déclin, l’attribuant aux révolutions communistes et aux soulèvements anticolonialistes.

Il a souligné que la nouvelle alliance devrait se concentrer sur les intérêts communs et le renforcement des capacités de défense, arguant que « nous ne voulons pas d’alliés faibles car cela nous affaiblira », et que l’Europe doit être capable de se défendre elle-même.

 « Nous ne voulons pas que nos alliés soient entravés par la culpabilité et la honte. Nous voulons des alliés qui soient fiers de leur culture et de leur héritage, qui comprennent que nous sommes les héritiers d’une même civilisation grande et noble, et qui, avec nous, sont prêts et capables de la défendre », a-t-il soutenu.    

Il a également souligné que « l’ordre mondial ne saurait primer sur les intérêts de nos peuples », arguant que certaines parties ne devraient pas se retrancher derrière le droit international lorsqu’elles mettent en péril la stabilité. Il a critiqué le rôle des Nations Unies, affirmant qu’elles « ne contribuent pas à la résolution des conflits ». Et que seul « le leadership américain » est parvenu à le faire. Evoquant le cas ukrainien, le conflit israélo-palestinien où il a taxé les Palestiniens de « barbares », le programme nucléaire iranien que 14 bombes larguées par des bombardiers américains auraient freiné.

« L’alliance que nous voulons est une alliance qui n’est pas paralysée par la peur. La peur du changement climatique, la peur de la guerre, la peur de la technologie », a-t-il insisté, après avoir assuré que « nous, Américains, n’avons aucun intérêt à être les gardiens polis et ordonnés du déclin contrôlé de l’Occident ».

Rubio a conclu en affirmant que son pays « trace la voie vers un nouveau siècle de prospérité » en coopération avec l’Europe, niant que la fin de l’ère transatlantique soit l’objectif de Washington.

Le discours de Rubio n’est pas sans rappeler celui du Premier ministre israélien benjamin Netanyahu en juin 2024 dans lequel il avait présenté sa guerre génocidaire contre les Palestiniens et ses agressions militaires contre le Liban et l’Iran comme « la guerre en première ligne pour défendre la civilisation occidentale ». Et de rappeler sans cesse que « notre civilisation repose sur la tradition judéo-chrétienne », lors d’un discours de la fête de Hanoucca en 2025. Il avait même affirmé que « les États-Unis et la civilisation occidentale n’existeraient pas sans les juifs ».

Force est de constater que Rubio n’a pas évoqué dans son discours à Munich cette contribution des juifs vantée par Netanyahu.

« Les hommes qui ont bâti la nation où je suis né sont arrivés sur nos côtes porteurs des souvenirs, des traditions et de la foi chrétienne de leurs ancêtres, héritage sacré et lien indéfectible entre l’Ancien et le Nouveau Monde », a-t-il dit.

Après son discours, Rubio a été interrogé sur la guerre en Ukraine.

Il a déclaré que les États-Unis œuvraient à la fin du conflit, mentionnant une réunion prévue mardi à Genève sur l’Ukraine, et ajoutant : « Nous ignorons si les Russes souhaitent la fin de la guerre. »

Interrogé sur les relations avec la Chine, dont le ministre des Affaires étrangères devait prononcer son allocution apres la sienne, il a souligné que les États-Unis et la Chine étaient les deux plus grandes puissances économiques mondiales, et qu’il serait erroné de ne pas engager de dialogue entre eux, malgré d’éventuels conflits d’intérêts nationaux, tout en s’efforçant d’éviter les conflits économiques. Il a omis d’évoquer les appels lancés en vidéos par la CIA pour recruter des officiers chinois dans le but de renverser le pouvoir en Chine !

Source : Médias