lundi, 16/02/2026   
   Beyrouth 21:28

Cheikh Qassem : L’action du gouvernement , en partie responsable de l’agression. La capitulation exige un consensus national

Le Hezbollah a commémoré ce lundi 16 février le martyre des commandants de la résistance islamique, cheikh Ragheb Harb, Sayyed Abbas al-Mousawi, et le grand commandant djihadiste, Hajj Imad Moughniyeh, lors d’une cérémonie organisée dans le complexe Sayyed al-Chouhada, dans la banlieue sud de Beyrouth, ainsi que dans trois salles du sud (Jebchite et Terredebba) et dans la vallée de la Bekaa (Nabichite).

Le secrétaire général du Hezbollah, Son Éminence Cheikh Naïm Qassem, a prononcé un discours à cette occasion.

Voici le texte intégral de son discours

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Dieu, Seigneur des mondes. Que la paix et les bénédictions soient sur le plus noble des créatures, notre maître, notre bien-aimé et notre guide, notre Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions soient sur lui et sa famille), sur sa famille pure et vertueuse et ses compagnons choisis, ainsi que sur tous les prophètes et les justes jusqu’au Jour du Jugement.

Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.

Je souhaite la bienvenue aux estimés et honorables participants réunis dans la banlieue sud de Beyrouth, dans le complexe Sayyed al-Chouhada, à Nabichite, dans la husseiniya de la localite de Jebchite, et dans le complexe du martyr Imad Moughniyeh, et À tous ceux qui sont présents, et nous regardent à la télévision ou en ligne.

Je souhaite la bienvenue à tous en cette occasion solennelle et précieuse, la commémoration des dirigeants martyrs. Lors de cette réunion, nous évoquerons la mémoire de ces dirigeants, ainsi que la situation politique actuelle. Deux points supplémentaires méritent aussi d’être examinés.

Je commencerai par parler des dirigeants martyrs. Aujourd’hui, nous commémorons les trois commandants martyrs : Cheikh Ragheb, Sayyed Abbas et Hajj Imad. À travers eux, nous honorons la mémoire de tous les commandants martyrs tombés au champ d’honneur dans ce combat.

Dieu Tout-Puissant dit dans Son Livre Saint : « Mais le Messager et ceux qui ont cru avec lui ont combattu avec leurs biens et leurs vies. Ceux-là auront la meilleure récompense, et ce sont eux les victorieux. »

Tel est le chemin : celui des croyants de se joindre au Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions soient sur lui et sa famille), en combattant avec leurs biens et leurs vies, afin d’être parmi les victorieux. Mais qui sont ces croyants ? Ce sont « ceux qui croient en Dieu et en Son Messager, qui ne doutent point et qui combattent avec leurs biens et leurs vies pour la cause de Dieu. Ceux-là sont les véridiques. »

Les croyants sont les sincères qui ont accompli la promesse et qui ont suivi ce chemin, et nous, si Dieu le veut, achèverons le chemin tracé par ces commandants martyrs.

Cheikh Ragheb : le modèle de leader martyr novateur

Avec Cheikh Ragheb, nous nous tournons vers un cheikh cher, vénéré et respecté, qui a œuvré dans son village et tous les villages environnants, rayonnant à travers tout le Liban par son engagement et sa lutte contre l’ennemi israélien. Il est tombé en martyr à l’âge de 32 ans, mais de son vivant, il a incarné un modèle de leader martyr novateur, étendant son influence bien au-delà de son village. En 1976, il a instauré la prière collective du vendredi à Jebchite afin de souligner l’unité, la solidarité et le lien avec le peuple. En 1980, il a fondé l’œuvre caritative Sayyida Zeinab pour venir en aide aux orphelins et aux familles. Après le triomphe de la Révolution islamique, il a voué une profonde dévotion à l’Imam Khomeiny, que Dieu sanctifie son âme, et lui a publiquement prêté allégeance en 1979. Il a toujours œuvré pour soutenir et aider, suivant les traces du Guide suprême, l’Imam Khomeiny. Il fut arrêté fin 1982, puis de nouveau en mars 1983 pendant 17 jours. La mobilisation populaire contraignit les autorités à le libérer. Cet homme pieux, toujours présent sur le terrain, affirmait que serrer la main (aux Israeliens) était un acte de reconnaissance ; il était celui qui incarnait le sens de la résistance, et bénéficiait d’un soutien populaire indéfectible.

Sayyed Abbas : une présence infatigable, le bien-aimé des résistants

Quant à Sayyed Abbas, que Dieu l’agrée, il tomba en martyr à l’âge de quarante ans. Il reçut le turban des mains de l’Imam Moussa al-Sadr et étudia la jurisprudence supérieure (al-bahth al-Kharij) à Najaf sous la tutelle du Grand Ayatollah Sayyed Muhammad Baqer al-Sadr, que Dieu l’agrée.

À Najaf, il fonda le séminaire Sayyeda Zahra pour les femmes, et poursuivit son œuvre à Baalbek. Ceci témoigne de son intelligence, de son engagement pour la cause des femmes et de sa sollicitude envers celles qui représentent la moitié de la société. Il était membre du comité de neuf personnes qui a fondé le Hezbollah et qui s’est rendu en Iran en 1982 pour prêter allégeance à l’Imam Khomeiny, que Dieu ait son âme. Le 18 mars 1991, il a été élu secrétaire général du Hezbollah. En réalité, avant comme après son accession à ce poste, il était une présence infatigable, sillonnant le Liban en voiture, se rendant sur tous les sites de résistance. Il était aimé des résistants ; sa vie, son esprit et ses actions étaient entièrement dédiés à la résistance. Il aimait les résistants, et eux le lui rendaient bien. Il incarnait un modèle de leadership courageux et humble, vivant au contact du peuple.

Hajj Imad : face à l’ennemi le plus dangereux

Quant à Hajj Imad Mughni, que Dieu l’agrée, Hajj Radwan, il est tombé en martyr à l’âge de 46 ans. Sa vie fut marquée par de nombreux accomplissements dès sa plus tendre jeunesse, lorsqu’à 15 ans il rejoignit les rangs de la résistance palestinienne et acquit une solide expérience, animé d’un profond intérêt pour la libération de la Palestine en 1975. Dès la création du Hezbollah, il fut l’un des piliers de ce mouvement djihadiste. Il fut l’assistant du secrétaire général, Sayyed Hassan, que Dieu l’agrée, en 2000, et l’artisan des deux victoires : la libération en 2000 et la victoire en 2006 contre l’agression de juillet 2006. Cet homme était un leader novateur et généreux, capable de poser les fondements de l’action sécuritaire et militaire de la résistance face à l’ennemi le plus dangereux de notre région et du monde : Israël. Il a su bâtir une base importante dont nous récoltons encore les fruits, et, si Dieu le veut, nous en récolterons toujours les fruits à l’avenir.

Dans la voie de la révolution de l’imam Hussein

Ces trois hommes (…) sont différents par leurs grandes qualités, mais ils partagent des caractéristiques générales, notamment un sens aigu de leur mission. Ils étaient pleinement engagés dans l’islam et attachés à ses principes juridiques, traduisant leurs actes en actions concrètes afin que les valeurs ne restent pas de simples théories. Enfin, ils ont suivi la voie de la résistance husseinite, puisant leur inspiration dans la révolution de l’imam Hussein (S) cette révolution inspirante et source inépuisable de générosité. Ils ont suivi la voie de l’Imam Khomeiny, lorsqu’il a déclaré : « Tout ce que nous possédons provient d’Achoura », et ils incarnaient également les paroles de Son Éminence, le Maître des Martyrs de la Nation, Sayyed Hassan Nasrallah, que Dieu l’agrée : « Celui qui triomphe triomphe, et celui qui s’élevé en martyre triomphe. »

Nul ne remplace personne

À travers ces dirigeants martyrs, nous commémorons tous les dirigeants martyrs, et nous devons aussi savoir que notre chemin est continu et stable. Nous l’achèverons, si Dieu le veut. Ces dirigeants sont tombés en martyrs, et d’autres leur ont succédé. D’autres sont tombés après eux, et d’autres encore sont arrivés, et il y aura toujours quelqu’un pour prendre la relève. Nul ne remplace personne, et personne n’est l’égal de l’autre, autre en termes de qualités et de caractéristiques. Mais ce chemin exige des responsabilités et un leadership. Louange à Dieu, des milliers de personnes sont capables d’assumer ces responsabilités lorsqu’un dirigeant tombe en martyr. C’est pourquoi, si Dieu le veut, nous achèverons notre chemin. À leurs âmes, aux âmes de tous les martyrs, aux âmes de tous les êtres chers, proches et soutiens, et aux âmes de vos défunts, nous dédions la récitation de la sourate bénie Al-Fatiha, ainsi que les prières sur Muhammad et sa famille.

Commémoration du martyr Hariri

Tout d’abord, nous réitérons nos condoléances à la famille du président martyr Rafic Hariri, à son mouvement politique, à tous ses partisans et admirateurs, ainsi qu’à tous les Libanais, à l’occasion de la commémoration de son assassinat. Avec la grâce de Dieu, nous pourrons reconstruire ensemble cette nation, en nous appuyant sur son expérience, son expertise et son héritage.

Le mois de Ramadan

Ensuite, nous félicitons les musulmans du Liban et du monde entier à l’occasion du mois béni du Ramadan, mois de prière et de dévotion qui nous insuffle énergie et détermination dans notre relation avec Dieu Tout-Puissant, mois de transformation de nos comportements par la conversion de nos habitudes et de nos actions vers le meilleur, et mois de repentir où nous abandonnons nos péchés et nous tournons vers les vertus et tout ce qui plaît à Dieu Tout-Puissant. Avec la grâce de Dieu, ce mois béni sera un mois de victoire, de succès, de force, d’unité parmi les musulmans, de morale et de capacité à progresser vers le meilleur, grâce à la bénédiction de cette foi. Meilleurs vœux à tous les musulmans et à tous ceux qui chérissent ce mois béni du Ramadan, mois de piété et de pardon.

La résistance est une nécessité. Israël est une entité expansionniste

Je commencerai par la situation politique et aborderai le sujet en plusieurs parties :

Premièrement : l’occupation. Celle-ci a nécessité une résistance pour chasser les occupants. Au Liban, nous étions un mouvement de résistance pour faire face à cette occupation. La responsabilité de la résistance incombe à l’État, à l’armée et au peuple. Il leur incombe de résister à l’occupation pour libérer le pays.

Notre résistance au Liban est ancienne ; elle remonte à l’occupation israélienne de la Palestine et à ses répercussions sur le Liban à différentes époques. Des résistants issus des forces, partis, personnalités et communautés palestiniennes et libanaises ont participé à la résistance.

Le dernier groupe de ce type, avant l’émergence du Hezbollah, était dirigé par l’imam Moussa al-Sadr (que Dieu le ramène sain et sauf à lui et à ses compagnons), qui a mené une véritable résistance dans le sud. Il est l’imam de la résistance.

Diverses forces issues des comités islamiques, du mouvement Amal et d’autres encore ont également résisté à l’occupation israélienne.

Le Hezbollah a émergé officiellement et systématiquement en 1982, inspiré par les enseignements de l’Imam Khomeiny (que Dieu ait son âme). Ces enseignements étaient islamiques, religieux, éthiques et pragmatiques, au service des intérêts de la nation par la libération du territoire.

Pour nous, la résistance est nationale, panarabe, islamique et humanitaire. On ne peut dissocier ses composantes. Elle est nationale car elle défend la patrie pour sa libération ; panarabe car elle est une manifestation de solidarité avec les Arabes et les pays voisins face à l’occupant israélien ; islamique car l’islam appelle à la dignité et à la libération, une responsabilité qui incombe à tous les musulmans du monde ; et humanitaire car toute personne sincère, pure, éthique et humaine ne peut accepter l’occupation.

C’est pourquoi nous résistons à partir de ces principes ; nous sommes la résistance. Nationale, panarabe, islamique, humanitaire – quel que soit le terme employé, même « Résistance islamique », cela ne remet pas en cause son caractère national, panarabe et humanitaire.

La Résistance islamique, aux côtés de tous les combattants de la résistance d’Amal et d’autres groupes, a affronté l’ennemi israélien et l’a chassé du Liban lors d’une grande victoire en 2000. On peut affirmer que l’action de la Résistance islamique a été marquée par des succès cumulatifs sur 42 ans, tant pour la Résistance elle-même que pour tous les combattants de la résistance issus de divers partis et forces qui ont contribué à l’expulsion d’Israël.

Israël auquel nous sommes confrontés est une entité expansionniste qui convoite la Palestine et toute la région sans exception. Ses intentions sont déclarées et ses actes les confirment.

Lorsque l’ennemi marque une pause, que ce soit par accord ou pour toute autre raison, cette pause n’est que temporaire, due à sa faiblesse, afin de consolider son occupation avant de conclure un nouvel accord.  Il viole l’accord dès qu’il le peut. Tout accord conclu par l’ennemi n’est que lettre morte ; il ne le respectera pas. Toutes les preuves sont sous nos yeux, d’Oslo à Madrid, en passant par tous les accords, qui n’étaient en réalité qu’un tremplin pour permettre à l’ennemi de se renforcer. Puis, il reprend l’occupation, car son territoire s’est étendu.

Israël est un Etat génocidaire, les USA sont complices

Ne sous-estimez pas ce que l’occupation fait aujourd’hui à Gaza. Plus de 60 % de Gaza est directement occupée, et les 40 % restants subissent des agressions quotidiennes. De même, ne sous-estimez pas l’annexion formelle, légale et progressive de la Cisjordanie par Israël.

Les USA sont pleinement complices et orchestrent les opérations d’annexion, l’occupation, les massacres et le génocide. En pratique, si Trump voulait empêcher Israël d’agir, il le pourrait, mais il fait de vaines promesses aux Arabes et à d’autres pour les réduire au silence et permettre aux Israéliens de poursuivre leur projet expansionniste.

N’oublions pas que c’est Trump qui a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et que c’est lui qui a reconnu l’annexion du Golan. Par conséquent, il porte aujourd’hui l’entière responsabilité de tout ce qui se passe en Palestine. Quant au Liban, n’avez-vous pas vu ceux qui sont venus planter des arbres à Yaroun sous le regard direct de l’armée israélienne ? N’avez-vous pas entendu parler de ceux qui voulaient exhumer les antiquités de Shamaa lors de l’opération des Braves ? N’avez-vous pas vu l’enlèvement perpétré à Habbarieh, lors les drones bafouent toutes les fortifications et tous les symboles de souveraineté au Liban ? Le meurtre des quatre jeunes hommes entre Al-Masnaa et Jdeidet Yabous n’est-il pas un acte d’agression à l’esprit génocidaire ? Le meurtre du jeune homme à Hnein, qui voulait transporter les étudiants dans un bus, n’est-il pas un acte de génocide ?

L’Etat doit assumer ses responsabilités de faire cesser l’agression

La vérité est que nous sommes confrontés à un ennemi qui veut anéantir l’humanité et tout détruire : la pierre, la vie, la force.

Comment pouvons-nous lutter contre cet ennemi ? Nous devons persévérer, et nous avons persévéré car nous sommes enracinés dans notre foi et dévoués à notre cause. Nos résistants sont formidables, et notre peuple est formidable.

Un accord clair a été conclu en novembre 2024 entre l’État libanais et Israël, indirectement, stipulant que l’agression cesserait, qu’Israël se retirerait, que les prisonniers seraient libérés et que la reconstruction commencerait. Le Liban a appliqué cet accord, mais Israël ne l’a pas fait. Je tiens à souligner un point important : l’accord est détaillé. Il doit prendre en compte ce qui l’a précédé. Cet accord marque une nouvelle étape.

Ceux qui disent toujours : « Vous avez lancé votre guerre de soutien (à Gaza), et ce n’est pas fini », se trompent. L’accord a mis fin à la phase précédente ; dites-nous ce que nous devons faire maintenant. Que se passe-t-il ? Israël attaque, et puisque l’État libanais a conclu l’accord, il en porte l’entière responsabilité. La responsabilité de l’État lui incombe de faire face à cette agression, d’obtenir sa souveraineté et d’élaborer les programmes et plans nécessaires.

Cependant, la priorité donnée par le gouvernement libanais au désarmement constitue une grave erreur, car elle sert les objectifs de l’agression israélienne. Le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur ses propres objectifs : la libération, la patrie, l’unité et la coopération interne.

Nous ne voulons pas de l’aide du monde au détriment des intérêts du pays

Deuxièmement, j’aborderai aujourd’hui trois questions soulevées par le gouvernement face à l’ennemi israélien.

Premier problème : ils prétendent que le monde ne nous aidera pas si nous ne capitulons pas et ne désarmons pas. Je vous le dis clairement : nous ne voulons pas de l’aide du monde. Nous pouvons reconstruire notre pays, selon nos capacités, et nous trouverons des pays qui partagent nos intérêts en tant qu’État libanais, avec lesquels nous trouverons un accord.

De quelle aide s’agit-il qui fait de notre pays une proie facile pour Israël ? De quelle aide s’agit-il qui nous impose une tutelle étrangère et sert les intérêts des grandes puissances et d’Israël ? Quelle aide veulent-ils nous apporter ? Une aide conditionnelle. Ils prétendent vouloir armer l’armée libanaise pour éliminer la résistance et non pour combattre Israël. Ils veulent armer l’armée libanaise pour qu’elle puisse mener des actions hostiles contre la résistance.

Nous aussi voulons que l’armée libanaise soit armée pour maintenir la sécurité, lutter contre le trafic de drogue et les vols, garantir la sécurité des citoyens chez eux et asseoir notre souveraineté face à l’ennemi israélien. Voilà ce que nous voulons. Nous ne voulons pas de ce qu’ils nous donnent à des fins personnelles. Par conséquent, que ceux qui prétendent ne rien nous donner tiennent parole, car s’ils veulent nous offrir quelque chose pour servir leurs propres intérêts, nous n’en voulons pas. Nous voulons que ce don permette au Liban de devenir un pays souverain et indépendant, sans tutelle et doté de son propre pouvoir de décision interne. Sinon, le Liban courra à sa perte, comme certains le pensent.

Les concessions n’épargnent pas les frappes mais les exacerbent

Le deuxième problème : ils prétendent que nous évitons les frappes ennemies dévastatrices et la guerre lorsque nous faisons des concessions lors des négociations et que nous satisfaisons certaines exigences d’Israël.

Ces gens profèrent des menaces à l’extrême pour les instrumentaliser politiquement et s’épargner le fardeau de la guerre. Ils vont voir si nous cédons à cette pression maximale. C’est ainsi qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent, mais si nous ne cédons pas, ils seront impuissants.

Il ne faut pas croire que nous empêchons les frappes dévastatrices grâce à des concessions, mais plutôt parce qu’Israël et les États-Unis n’ont pas encore trouvé le moment opportun pour lancer une agression de grande envergure. Autrement dit, dès qu’ils le jugeront opportun, ils lanceront une agression massive en toute impunité.

Nous, le Hezbollah, ne voulons pas la guerre et nous ne la recherchons pas, mais nous ne capitulerons pas et sommes prêts à nous défendre. Il y a une grande différence entre se défendre contre une agression et une guerre déclenchée par l’agresseur.

« Très bien », disent-ils, « mais peut-être vont-ils mettre leur menace de guerre à exécution. Qu’ils frappent et fassent la guerre. » Nous sommes prêts à nous défendre, et nous verrons le résultat. Assez des menaces ! Que voulez-vous dire par « nous allons céder à cette menace » ? Nous ne céderons pas. Et soyez-en sûrs, cette agression qui dure depuis quinze mois, sous cette forme, n’a lieu que parce que nous sommes inébranlables, parce que nous avons les moyens de nous défendre, et parce qu’ils savent que l’issue n’est pas assurée. Que personne ne pense qu’ils attaquent à ce rythme depuis quinze mois parce qu’ils nous donnent une chance. Non, c’est parce qu’ils croient que c’est le meilleur moyen d’obtenir des acquis.

Avec une résistance déterminée et un peuple grand et inébranlable, ils n’y parviendront pas. Ils nous font du mal, c’est vrai, mais nous pouvons aussi leur faire du mal. Ne les sous-estimez pas mais ne sous-estimez pas notre défense le moment venu. Ils ont peut-être un avantage militaire, c’est vrai, mais ils ne peuvent pas s’emparer du pays. Ils peuvent occuper une partie supplémentaire du Liban, mais ils ne peuvent pas instaurer la stabilité.

En capitulant, il ne restera plus rien. Nous sommes un peuple qui ne se rend pas, et l’humiliation est loin de nous.

La capitulation exige un consensus national. Cette situation ne peut perdurer

Le troisième problème, c’est qu’on nous accuse de vouloir résister, alors qu’une partie de la population libanaise s’y oppose. Commençons par nous poser la question : ne formons-nous pas une seule et même nation ? Ne sommes-nous pas tous partenaires dans ce pays, sur cette terre ? Nos ancêtres ont vécu ici, nos martyrs l’ont arrosée de leur sang, nos blessés se sont sacrifiés, ont travaillé et ont donné, nos prisonniers ont enduré et continuent de souffrir, et notre peuple souffre dans le Sud et ailleurs. Nos familles en subissent les conséquences les plus durement, et nos régions en portent tout particulièrement le poids. Avec tous ces sacrifices, avec tout ce travail, vous nous demandez de ne pas résister ?

Si Israël veut davantage, le principe fondamental est la défense de la patrie, et défendre la patrie est la responsabilité de tous.

Nous devons vous demander : pourquoi ne la défendez-vous pas ? Pourquoi ne condamnez-vous pas l’agression ? Pourquoi ne vous tenez-vous pas fermement aux côtés de ceux qui résistent – ​​la résistance, l’armée et le peuple – afin que nous soyons unis face à cette épreuve ?

Si vous voulez capituler, modifiez la Constitution, car celle-ci, conformément à l’Accord de Taëf, article 3 relatif à la libération du Liban de l’occupation israélienne, stipule : « Prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer l’ensemble du territoire libanais de l’occupation israélienne. »

Cela signifie que le principe fondamental est le combat, la confrontation et la défense pour la libération. Si vous voulez capituler, obtenez un consensus national pour une humiliation sous la tutelle américano-israélienne. L’humiliation exige un consensus national, la capitulation exige un consensus national, tandis que la défense exige la confrontation pour ceux qui se sentent en première ligne. En effet, il est de la responsabilité de chacun d’être en première ligne.

Il est absolument honteux qu’un membre de la nation appelle à se protéger, lui et sa famille, au prix de la mort de ses concitoyens. Il est absolument honteux que certains incitent à la sédition et que l’armée combatte une partie de la population et la résistance en échange de récompenses et de gains politiques sous la tutelle et l’occupation israéliennes. Il est absolument honteux de faire concession sur concession sans aucun gain ni avantage. Il est absolument honteux que certains se cachent derrière des jeux sectaires pour plonger le pays dans une crise structurelle.

Cependant, je vous l’affirme sans équivoque : nous défendons l’unité nationale libanaise, la pleine souveraineté et la libération, et nous nous opposons à toute forme de sédition. Nous soutenons le renforcement de l’armée libanaise afin qu’elle puisse protéger et concrétiser la souveraineté, et nous soutenons une stratégie de sécurité nationale qui s’appuie sur la force de la résistance pour appuyer l’armée dans la libération, la souveraineté et la protection du pays.

Notre position est claire, elle est présentée, et nous la mettons en pratique.

Troisièmement, nous ne sommes pas favorables à des concessions gratuites, ni à l’application des diktats de la tutelle américaine, internationale ou arabe. Nous ne sommes pas favorables à la satisfaction des exigences agressives d’Israël.

Écoutez-moi bien : nous avons fait preuve de patience jusqu’à présent pour deux raisons : Premièrement : L’État est responsable et doit remplir ses devoirs. Deuxièmement : Par souci pour notre société et notre nation en cette période délicate. Mais cette situation ne peut perdurer.Quant à savoir quand, comment et quels développements modifieront cette réalité, nous laisserons les événements parler d’eux-mêmes.

L’action du gouvernement , en partie responsable de l’agression

J’ai une question : pourquoi le gouvernement ne se réunit-il pas régulièrement, mensuellement, pour discuter du plan de souveraineté et de son calendrier, afin d’évaluer ses réalisations, ses lacunes et les pistes d’amélioration ? A-t-il établi les contacts nécessaires ? A-t-il joué son rôle dans les pressions internationales, ou peut-il exercer davantage de pression ?

Décidez, dans le cadre de ce plan, d’ordonner à l’armée libanaise d’empêcher toute violation et de tenir tête à l’ennemi israélien. Dites-leur simplement que c’est interdit, mettez-les en état d’alerte maximale et voyons comment la communauté internationale réagira. Annoncez que vous avez fait votre part et que vous n’avez plus rien à offrir. Car chaque fois que vous leur dites être ouvert à la discussion, ils vous demandent quelque chose. Dites-leur que vous n’avez plus rien à offrir. Mettez un terme à toute initiative visant à restreindre les armements.

L’action du gouvernement est en partie responsable de l’agression continue de cet ennemi, en raison des concessions successives et des réponses aux pressions.

Je voudrais vous demander : lorsque des étrangers viennent vous dire que vous devez faire des concessions, ne leur demandez-vous pas pourquoi les Israéliens ne proposent rien ? Vous leur posez des questions et ils ne vous répondent pas ? s’ils ne nous répondent pas, alors vous ne devriez pas leur répondre non plus. Je veux voir ce qu’ils vont faire.

La solution serait que, puisque les Israéliens ne répondent pas, vous devriez faire une proposition ? Non, les Israéliens ne proposent rien ? Nous ne devrions rien proposer. Voilà la solution : ils peuvent faire ce qu’ils veulent.

Toutes les influences sont interconnectées car l’ennemi est le même

Quatrièmement : Certains attendent l’Iran et le dialogue entre les États-Unis et l’Iran, et ils ont déjà déclaré que l’Iran avait renoncé aux menaces proférées il y a quelque temps, affirmant que cela influencera toute la situation actuelle. Bien sûr, l’Iran a su persévérer et continuera de le faire, si Dieu le veut. Il rayonne sous la direction de l’Imam Khamenei, grâce à son peuple noble, à sa lutte, à ses contributions et à ses sacrifices. Si Dieu le veut, l’Iran sera toujours victorieux. Avec de telles qualités, l’Iran est invincible. Assurément, l’Iran influencera la région comme Gaza et le Liban l’ont fait. Toutes ces influences sont interconnectées car l’ennemi est le même : l’ennemi israélien, et le tyran est le même  : le tyran américain.

Tout est interconnecté. Toute solution engendre inévitablement des répercussions. Toute complication engendre inévitablement des répercussions. Par conséquent, malgré ces interconnexions entre les événements en Iran, à Gaza, au Liban et dans la région, nous estimons que notre position dans cette confrontation doit être claire.

Grâce à notre sincérité, notre jihad, notre résistance, notre détermination à défendre la vérité et notre volonté de sacrifice, nous ne leur permettrons pas d’atteindre leurs objectifs.

Nous poursuivrons le chemin avec les dirigeants martyrs et les moudjahidines. Aux dirigeants martyrs, je dis : vous avez semé, et votre récolte abondante et durable se poursuivra, si Dieu le veut. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.

Source : Al-Manar