mardi, 17/02/2026   
   Beyrouth 14:12

« Entre dialogue à Genève et démonstration de force à Ormuz : le face-à-face irano-américain sous haute tension »

À l’aube d’un deuxième cycle de pourparlers cruciaux entre Washington et Téhéran, ce mardi à Genève, l’incertitude demeure totale. Sous l’égide du Sultanat d’Oman, ces discussions américano-iraniennes se déroulent dans un climat paradoxal, où l’optimisme affiché des diplomates se heurte aux préparatifs militaires d’un possible conflit.

Un dialogue indirect sous haute surveillance

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a multiplié les consultations préliminaires, s’entretenant avec son homologue omanais, Badr al-Busaidi, ainsi qu’avec Rafael Grossi, directeur de l’AIEA.

M.Araghchi affirme être venu avec des « initiatives réelles » pour un accord équilibré, tout en martelant qu’il n’est « absolument pas question de céder aux menaces ».

Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires Etrangères Ismail Baghaï, les négociations resteront indirectes. Elles incluront des experts techniques pour débattre du niveau d’enrichissement de l’uranium et du nombre de centrifugeuses.

Pour l’Iran, la levée rapide des sanctions est indissociable de tout progrès. Téhéran dénonce par ailleurs des « messages contradictoires » de Washington, y voyant un possible manque de sérieux.

Le scepticisme américain et la vigilance israélienne

Du côté des États-Unis, la délégation est menée par l’envoyé spécial Steve Wittkoff, accompagné de Jared Kushner, gendre du président.

« Parvenir à un accord avec l’Iran représente un défi majeur », a tempéré le Secrétaire d’État Marco Rubio depuis Budapest.

Tout en affirmant que Donald Trump privilégie les solutions négociées, Rubio a souligné la difficulté de traiter avec un pouvoir régi par des « considérations idéologiques et théologiques ». Il est resté évasif sur la question du programme balistique iranien et du rôle des alliés de Téhéran.

De son côté, ‘Israël’ observe la situation avec une méfiance extrême. Selon la chaîne 13, l’entité estime que les chances de succès sont faibles et se prépare activement à l’éventualité d’un échec diplomatique.

Le détroit d’Ormuz : Terrain de la confrontation

Parallèlement au ballet diplomatique, les Gardiens de la révolution (CGRI) ont lancé les manœuvres de « Contrôle intelligent du détroit d’Ormuz », sous la supervision du général de division Mohammad Pakpour.

Objectifs stratégiques des exercices iraniens :

Évaluer la réactivité de la marine iranienne face à de potentielles attaques.

Exploiter la position stratégique du CGRI dans le golfe Persique et la mer d’Oman.

Ces exercices répondent directement au renforcement militaire américain dans la région.

Mohammad Akbarzadeh, responsable au sein de la marine du CGRI, a précisé que les navires étrangers sont sous surveillance totale. Il a balayé les déclarations de Donald Trump et des responsables américains, les qualifiant de « guerre psychologique » destinée à semer la peur et le désespoir.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar