Dans un article d’analyse publié sur sa plateforme, l’auteure australienne Caitlin Johnston conclut que les États-Unis ne cherchent pas réellement à répandre la démocratie en Iran. En réalité, la situation en Irak révèle la véritable nature de la politique américaine dans la région.
Selon certaines sources, le président Trump menace actuellement de couper les revenus pétroliers irakiens si le gouvernement autorise l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki à revenir au pouvoir, une mesure que l’administration américaine juge trop indulgente envers l’Iran.
Comme l’a rapporté Jason Detz sur Antiwar.com, la candidature de Maliki est devenue de plus en plus incertaine cette semaine après que Washington a exigé qu’il ne soit pas autorisé à revenir, incitant certains blocs politiques irakiens à reconsidérer leur soutien à sa candidature au poste de Premier ministre.
L’auteure souligne que l’influence américaine sur la politique irakienne découle du contrôle exercé par les États-Unis sur l’économie irakienne suite à l’invasion de 2003. Tous les revenus pétroliers irakiens sont désormais convertis en dollars américains via la Réserve fédérale de New York, ce qui donne aux États-Unis le pouvoir de geler les caisses de l’État irakien et de ruiner le pays à tout moment.
C’est ce que l’auteure appelle la « démocratie américaine » : la liberté pour un pays de choisir les dirigeants que Washington lui permet de choisir. Elle rappelle que l’invasion américaine de l’Irak en 2003, justifiée au nom de la « libération de l’Irak », a entraîné la mort de millions de personnes, déstabilisé la région et placé le peuple irakien sous la domination américaine.
Johnston affirme également que les États-Unis ne visent pas la démocratie dans les pays du Moyen-Orient, mais soutiennent plutôt les régimes autoritaires et les monarchies prospères qui servent leurs intérêts. Elle souligne que l’Iran lui-même a été victime d’un coup d’État soutenu par les États-Unis en 1953, destiné à renverser son gouvernement démocratiquement élu, avant que la révolution iranienne de 1979 ne le fasse tomber.
L’auteure ajoute que l’objectif des États-Unis dans leurs interventions actuelles en Iran n’est pas un changement de régime ni la préservation de l’unité nationale, mais plutôt la fragmentation et le chaos ethnique, ce qui permettrait de renverser le gouvernement sans avoir besoin d’établir une alternative démocratique, tandis que les États-Unis continuent d’exercer des pressions pour asseoir leur hégémonie régionale et internationale.
Ces événements démontrent, selon le rapport, que ce que l’on appelle la « démocratie américaine » au Moyen-Orient n’est rien de plus qu’un instrument d’hégémonie et de contrôle, sans égard au nombre de victimes.
Source : Traduit à partir d'AlQods al-Arabi