Les déclarations du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, selon lequel le Liban a été averti qu’Israël lancerait des frappes encore plus dévastatrices contre ses infrastructures en cas de nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah ont soulevé un tollé au sein de la classe politique libanaise après les démentis israéliens officiels.
C’est à l’issue d’une session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève que le ministre en question a déclaré avoir été informé de ces menaces, sachant que ni le chef de l’Etat ni le Premier ministre ne sont au courant.
Sur son compte Instagram, il a écrit : « J’espère que le Hezbollah s’abstiendra de toute nouvelle aventure et épargnera au Liban de nouvelles destructions. Nous avons reçu des avertissements indiquant que toute intervention de leur part pourrait inciter Israël à frapper nos infrastructures, et nous mettons tout en œuvre pour l’empêcher.»
Aussitôt, des médias israéliens citant des responsables israéliens ont démenti ces délarations, ce qui a soulevé un tollé au sein de la classe politique libanaise.
« Tu veux faire peur à qui? »
Le chef du Courant national libre Jebrane Bassil a déclaré : « nous n’acceptons pas qu’un ministre des Forces libanaises nous menacent qu’Israël va nous frapper. Il nous fait craindre une frappe contre l’aéroport et Israël dit qu’il n’en est pas question. Tu es en train de les inviter à bombarder l’aéroport ? Tu veux faire peur à qui ? »
Le Parti progressiste socialiste a publié un communiqué dans lequel il s’est dit « surpris par les contradictions flagrantes entre la déclaration de Rajji dans laquelle il dit détenir des indices selon lesquels Israël pourrait prendre pour cible des infrastructures stratégiques au Liban et entre le démenti israélien de ces allégations ».
Le membre du bloc parlementaire du mouvement Amal le député Qassem Hachem a affirmé que « la déclaration de Rajji suscite des doutes et l’étonnement comme s’il s’agit du message d’intimidation et d’apeurement des Libanais ».
« Est-il permis que ces propos passent en ce timing précis sans position claire et publique de la part du gouvernement ? », a-t-il demandé.
Réunion du Mécanisme
Le Comité de surveillance du cessez-le-feu au Liban (le « Mécanisme ») a tenu sa 17e réunion ce mercredi dans le quartier général de la FINUL à Naqoura, dans le sud du Liban, alors que des violations et des attaques israéliennes se poursuivent.
La dernière réunion du comité remonte au moirs de décembre dernier, avec la participation d’officiers et de deux représentants civils libanais et israéliens.
L’ambassade des États-Unis à Beyrouth a annoncé à la fin du mois dernier que le Mécanisme se réunirait en février, mars et avril, et a affirmé que ces réunions continueraient de constituer un forum essentiel pour la coordination militaire entre les parties participantes.
Agressions israéliennes
Entretemps, l’occupation israélienne poursuit ses violations et ses attaques contre la souveraineté libanaise dans le sud du pays.
Un contingent ennemi, composé d’un véhicule blindé de transport de troupes Namer, de plusieurs soldats et d’un camion GMC, a progressé depuis Tell al-Hamames vers la région d’Amra et les abords des vergers de Wazzani, en territoire libanais.

La nuit dernière, des explosions ont été perpétrées par les forces ennemies dans la région de Jabal Balat. Il s’est avéré qu’elles étaient dues à la destruction d’une maison par les forces d’occupation dans la ville de Marwahine.

Notre correspondant a rapporté que l’armée libanaise a utilisé un bulldozer pour ériger un rempart de terre le long de la route empruntée par les véhicules d’occupation près de Tell al-Hamames.
Par ailleurs, la France a annoncé ce mercredi qu’elle organisera une conférence internationale de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure libanaises le 5 du mois prochain, soulignant qu’elle vise à « soutenir les efforts du gouvernement libanais pour renforcer la souveraineté de l’État sur son territoire ».
Source : Divers
