Le président américain Donald Trump a appelé à placer les deux représentantes démocrates au Congrès, Ilhan Omar (Minnesota) et Rashida Tlaib (Michigan), dans un « asile psychiatrique » et à les renvoyer dans leurs « pays d’origine », au lendemain d’une vive altercation avec lui lors du discours sur l’état de l’Union.
Rashida Tlaib (Américaine d’origine palestinienne) et Ilhan Omar (Américaine d’origine somalienne) avaient toutes deux critiqué Trump durant son discours, avant-hier mardi, lorsqu’il faisait l’éloge de la campagne de répression menée par son administration contre l’immigration et de ses mesures d’application des lois migratoires.
Les deux élues ont crié au visage de Trump : « Vous tuez des Américains », tandis qu’Ilhan Omar l’a également qualifié de « menteur ».
Dans une publication sur sa plateforme Truth Social hier mercredi, Trump a déclaré que les deux représentantes « avaient les yeux exorbités et injectés de sang comme des folles… des idiotes… déséquilibrées et malades mentales… honnêtement, il semble qu’elles devraient être placées dans un asile psychiatrique ».
Il a ajouté : « Nous devrions les renvoyer d’où elles viennent… aussi vite que possible ».
Des déclarations honteuses
Rashida Tlaib a déclaré via la plateforme X que les propos de Trump montrent « qu’il est en plein effondrement », tandis que le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a qualifié le ton des déclarations de Trump contre Tlaib et Omar de « xénophobe » et de « honteux ».
Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) a également qualifié les propos de Trump de racistes.
Edward Ahmed Mitchell, directeur national adjoint du Conseil, a déclaré : « Il est raciste et bigot de dire que deux élues musulmanes aux États-Unis doivent être renvoyées dans les pays où elles sont nées ou d’où viennent leurs ancêtres, et ce, en raison de leur critique des tirs des autorités de l’immigration et des douanes (ICE) contre des Américains ».
De son côté, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré la semaine dernière que certains individus ont « déformé » l’image du président en le qualifiant de « raciste ».
Les mesures de Trump pour l’application des lois sur l’immigration ont attiré des critiques après deux fusillades distinctes en janvier dernier, ayant entraîné la mort de citoyens américains sous les balles d’agents fédéraux dans l’État du Minnesota.
Au moins 8 personnes sont décédées dans des centres de détention relevant des services de l’immigration et des douanes américaines depuis le début de 2026, après au moins 31 décès l’année dernière.
Durant son discours sur l’état de l’Union mardi dernier, Trump a réitéré son accusation contre les personnes d’origine somalienne aux États-Unis de s’impliquer dans des opérations de fraude, et a prétendu que des « cyber-infiltrés somaliens » avaient pillé le Minnesota.
Son administration utilise ces allégations de fraude pour déployer des agents d’immigration fédéraux armés dans le Minnesota, tandis que Trump présente ses mesures comme visant à lutter contre la fraude et à améliorer la sécurité intérieure.
Source : Traduit à partir de Reuters