jeudi, 05/03/2026   
   Beyrouth 01:09

Guerre contre l’Iran : Israël ou les USA d’abord ? la question clé aux USA. Le problème des réserves de munitions surgit  

Alors que de nombreuses voix s’insurgent aux Etats-Unis contre la guerre Fureur épique menée par les Etats-Unis contre l’Iran, une résolution visant à limiter les pouvoirs de Donald Trump va être soumise au vote mercredi au Sénat américain.

Contestation démocrate

Fin janvier, avant même le déclenchement du conflit, le sénateur démocrate Tim Kaine avait introduit une résolution pour « ordonner le retrait des forces armées américaines des hostilités contre la République islamique d’Iran qui n’ont pas été autorisées par le Congrès ».

« Les Américains veulent que le président Trump fasse baisser les prix – pas qu’il nous entraîne dans des guerres inutiles et éternelles », a déclaré le sénateur de Virginie dans un communiqué mardi, qui dénonce depuis samedi un conflit lancé de manière « illégale » par le républicain.

Selon la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, la situation avec l’Iran est bien pire qu’on ne peut l’imaginer, soulignant que l’administration du président américain Donald Trump n’a pas de plan clair et que sa guerre est « illégitime et fondée sur des mensonges ». Elle a souligné qu’elle était menée sans menace imminente pour les États-Unis.

Des réponses différentes

Le sénateur Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat, a quant à lui exprimé sa profonde inquiétude quant à l’expansion de la guerre, à la suite d’une réunion secrète avec de hauts responsables de l’administration Trump au sujet de « l’opération militaire » en Iran.

Schumer a déclaré que la réunion à huis clos était « totalement insatisfaisante » et que l’administration donnait « des réponses différentes chaque jour » quant aux raisons pour lesquelles le président avait ordonné les frappes sur Téhéran.

Pas assez de de munitions et les drones Shahed.

Des responsables américains ont déclaré au Congrès que les drones Shahed iraniens représentaient un défi majeur et que les systèmes de défense aérienne « ne pourront pas tous les intercepter ».

Le sénateur Mark Kelly a mis en garde que « nos réserves ne sont pas illimitées », tandis que les responsables ont reconnu que les drones « posent un problème plus important que prévu ».

Selon Kelly Greco, chercheuse au Stimson Center for Research et ancienne instructrice à l’Air Force Command and Staff College, « l’un des défis auxquels l’armée américaine est confrontée dans sa guerre contre l’Iran est l’épuisement rapide des munitions de défense aérienne. Nous les consommons plus vite que nous ne pouvons les remplacer. »

Pour accélérer la production d’armements, l’administration Trump doit rencontrer vendredi les principaux entrepreneurs de défense américains, rapporte Reuters selon laquelle cette réunion à la Maison Blanche témoigne de l’« urgence ressentie à Washington » pour reconstituer rapidement les stocks d’armes et de munitions nécessaires à l’effort de guerre.

Quoique le Congrès est le seul habilité à déclarer la guerre, mais une loi de 1973 permet au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d’urgence créée par une attaque contre les Etats-Unis.

Dans sa vidéo annonçant l’opération samedi, Donald Trump avait justement évoqué une menace « imminente » posée selon lui par l’Iran, mais n’a pas convaincu l’opposition démocrate à ce sujet.

Un vote sur la résolution de Tim Kaine est attendu mercredi après-midi au Sénat, mais la farouche opposition de la majorité républicaine ne lui donne que peu de chances d’être approuvée, selon l’AFP.

Même en cas d’adoption, le texte ne survivrait probablement pas à un veto du président, puisque deux tiers des voix dans les deux chambres seraient alors nécessaires.

Mais les tentatives ne devraient pas s’arrêter pas là.

MAGA se sent trahie

Même parmi les partisans de MAGA, l’assise électorale de Trump à qui il avait promis de mettre fin aux guerres américaines et aux changements de régime, le sentiment d’avoir été trahi règne. Une partie des influenceurs de cette sphère trumpiste estime que Washington s’est fait forcer la main par le gouvernement de Benyamin Netanyahu.

 « Qu’arrive-t-il à l’homme que j’ai soutenu, l’homme qui a dénoncé ce qui s’est passé en Irak, l’homme qui a dit “Plus de guerre à l’étranger”, “Plus de changement de régime” ? » s’est insurgé lundi Marjorie Taylor Greene, l’ex-députée républicaine de la Géorgie et égérie du mouvement au micro de la commentatrice politique conservatrice Megyn Kelly sur Sirius XM. Déplorant la mort de 6 marines.

« Au profit de l’empire israélien »

D’autres voix vont plus loin en accusant la guerre de servir Israël beaucoup plus que leur pays.

« La guerre contre l’Iran n’est pas une défense de l’Amérique, mais plutôt un pillage des intérêts américains au profit de l’empire israélien ! » s’est révoltée la journaliste américaine Anna Casparian, lors d’un débat houleux dirigé par l’animateur britannique star Piers Morgan.

Selon elle, c’est le lobby israélien aux Etats-Unis qui contrôle les décisions de guerre et de paix, et l’Amérique en paie le prix fort avec la vie de ses soldats.

Ses déclarations sont confortées par celles de l’un des politiciens les plus va-t’en guerre, proches de Trump.

« C’est une guerre de religion et nous verrons qui l’emportera. Nous vivons un moment crucial qui déterminera l’avenir du Moyen-Orient pour les mille prochaines années », ne cesse de tacler Lindsey Graham.

Lundi, le secrétaire d’État Marco Rubio a fourni une justification alambiquée pour que les États-Unis lancent une guerre contre l’Iran : Israël prévoyait de frapper l’Iran, ce qui aurait incité Téhéran à frapper les intérêts américains dans la région, obligeant Washington à lancer des frappes préventives contre l’Iran.

Qui d’abord, Israël ou les USA ?

Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien n’a pas manqué de tacler sur cette préoccupation américaine.

« Par les pitreries de Netanyahu, M. Trump a entraîné le peuple américain dans une guerre perfide contre l’Iran » a-t-il déploré sur X.

« Il doit maintenant revoir ses priorités : après la mort de plus de 500 soldats américains (en quelques jours seulement), qui passera avant l’Amérique ou Israël ? »

Et Ali Larijani de conclure : « L’histoire continue. Le martyre de l’imam Khamenei aura un prix terrible, et vous le paierez, si Dieu le veut. »

Selon la chaîne israélienne Channel 12, citant des responsables américains, Israël craint que Trump ne négocie avec l’Iran à l’insu de Netanyahu.

Les services de renseignement israéliens ont obtenu des informations qui ont suscité des soupçons quant à l’existence de contacts entre Téhéran et Washington, rapporte Axios.

Source : Divers