mercredi, 11/03/2026   
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Bloomberg : Divergence entre les USA et Israël sur la fin de la guerre contre l’Iran ?

Selon Bloomberg, les stratégies finales des États-Unis et d’Israël vis-à-vis de l’Iran divergent au fur et à mesure que la guerre se poursuit, les deux alliés ayant des objectifs différents quant à la manière de gérer et de mettre fin au conflit.

L’agence a expliqué que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé que la guerre avec l’Iran n’est pas encore terminée, tandis que la volonté du président américain Donald Trump de laisser le conflit s’enliser reste « incertaine ».

L’agence estime que le fossé croissant entre les objectifs des deux alliés menace de fragiliser la relation qui constituait le fondement de l’approche de Trump au Moyen-Orient. Elle a fait état de questions soulevees par certains pays qui ont commencé à exiger plus de clarté sur la façon dont la guerre prendra fin.

Michael Singh, qui a occupé le poste de directeur principal pour les affaires du Moyen-Orient au Conseil de sécurité nationale sous la présidence de George W. Bush, a déclaré que les États-Unis et Israël partagent des objectifs qui se chevauchent mais ne sont pas identiques, décrivant les différences comme une question géographique.

Il a ajouté : « Lorsque cette guerre sera terminée, les États-Unis pourront se retirer et se consacrer à d’autres priorités. Quant à Israël, il fait partie du Moyen-Orient et doit coexister avec l’Iran et faire face aux répercussions de ce conflit, quelles que soient les circonstances. »

Ces inquiétudes se sont accrues après qu’Israël a bombardé plusieurs dépôts de carburant et d’autres infrastructures en Iran, tandis que le sénateur américain Lindsey Graham, qui avait plaidé en faveur d’une attaque contre l’Iran, a appelé Israël à « choisir ses cibles avec soin », soulignant que l’objectif devrait être d’aider les Iraniens à remplacer le régime sans compromettre l’avenir du pays.

Les États-Unis ont défini leurs objectifs comme étant militaires, à savoir saper la capacité de l’Iran à acquérir une arme nucléaire, détruire sa flotte navale et éliminer ses programmes de drones et de missiles balistiques, tandis qu’Israël s’est concentré sur le fait de frapper les dirigeants du régime iranien et des pans de son appareil économique.

Les responsables américains se sont montrés très sensibles à toute suggestion selon laquelle Netanyahu dicterait sa politique à Washington, et le secrétaire d’État Marco Rubio a été contraint de faire marche arrière la semaine dernière, après avoir laissé entendre que les menaces contre Israël étaient la raison de l’attaque de Trump.

Les responsables européens affirment qu’il est difficile de savoir si Washington et Tel Aviv partagent le même objectif final, ce qui accroît le risque d’une fin chaotique de la guerre, tandis que les responsables israéliens reconnaissent en privé que plus la campagne se prolonge, plus ces divergences risquent de s’aggraver.

Les effets de la guerre commencent à se faire sentir chez les électeurs américains, le prix moyen de l’essence ayant atteint environ 3,46 dollars le gallon, soit une augmentation de près de 40 cents par rapport à la semaine dernière, une hausse qui pourrait transformer le conflit en un nouveau problème d’inflation avant les élections de mi-mandat.

Barbara Leaf, ancienne secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires du Proche-Orient, a déclaré que Netanyahu cherche à obtenir le maximum de gains le plus rapidement possible, ajoutant que les coûts en Iran augmentaient beaucoup plus vite pour Trump que pour Netanyahu.

Source : Médias