jeudi, 12/03/2026   
   Beyrouth 18:38

Premier communiqué de l’Ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei :

L'Ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei, Gude suprême de la Révolution islamique en Iran

Le nouveau Guide suprême de la Révolution Islamique en Iran a prononcé, ce jeudi 12 mars, un discours marqué par une fermeté absolue, mêlant deuils personnels et impératifs de sécurité nationale. Il y définit une doctrine de « réponse totale » face aux États-Unis et à ‘Israël’.

L’Ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei a confirmé que l’opération « Promesse tenue 4 » et les frappes contre les bases américaines sont des réponses directes à l’utilisation de bases étrangères pour attaquer l’Iran.

Le numéro un iranien a souligné que la vengeance ne concerne pas uniquement le martyre de son père (l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei), mais chaque Iranien tué, y compris les enfants, constitue un « dossier indépendant » exigeant des représailles.

Sayed Khamenei a en outre instauré une politique de saisie ou de destruction des biens ennemis en cas de refus de paiement de réparations pour les dommages infligés à l’Iran.

Tout en affirmant son désir de relations « amicales et chaleureuses » avec les voisins de l’Iran, il a lancé une mise en garde aux pays hôtes des forces américaines. L’Iran se dit « contraint » de frapper ces pays si leurs bases continuent d’être utilisées contre son territoire.

L’Ayatollah Khamenei a également appelé à mobiliser tous les moyens nécessaires pour fermer le détroit d’Ormuz, transformant ce levier économique en une arme de défense prioritaire.

S’agissant du Front de la Résistance, Sayed Mojtaba Khamenei a rendu un hommage appuyé au Hezbollah, aux forces yéménites et à la résistance irakienne, les qualifiant de « meilleurs amis » de l’Iran. Pour lui, la synergie de ce front est l’unique moyen de mettre fin à la « sédition sioniste ».

Voici le communiqué intégral de l’Ayatollah Mojtaba Khamenei:

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

{Tout verset que Nous abrogeons ou que Nous faisons oublier, Nous en apportons un meilleur ou un semblable}.

Paix sur toi, ô gardien des signes de Dieu ; Paix sur toi, ô porte de Dieu et juge de Sa religion ; Paix sur toi, ô calife de Dieu et défenseur de Son droit ; Paix sur toi, ô preuve de Dieu et guide de Sa volonté. Paix sur toi, ô guide espéré. Paix sur toi par la plénitude du salut. Paix sur toi, mon maître, Maître du Temps (l’Imam Mahdi).

Au début de mon allocution, je dois présenter à mon maître, le Maître du Temps — que Dieu hâte sa venue — mes plus sincères condoléances à l’occasion du martyre du grand, cher, sage et puissant chef de la Révolution, Khamenei.

Je sollicite de sa part ses prières de bienfaisance pour chaque membre du grand peuple iranien, pour tous les musulmans du monde, pour tous les serviteurs de l’Islam et de la Révolution, pour les sacrifiés, pour les familles des martyrs du réveil islamique — en particulier dans cette dernière guerre — ainsi que pour ce pauvre serviteur.

La seconde partie de mon discours s’adresse au grand peuple iranien.

Je dois d’abord préciser brièvement ma position concernant la décision du vénérable Conseil des Experts.

Votre serviteur que je suis, Sayed Mojtaba Hosseini Khamenei, a pris connaissance du résultat du vote du Conseil en même temps que vous, par le biais de la télévision de la République Islamique.

M’asseoir là où ont siégé les deux grands chefs de cette nation, le grand Imam Khomeini et le martyr Khamenei, est pour moi une épreuve difficile.

Cette tribune a vu siéger un homme qui, après plus de soixante ans de djihad sur le sentier de Dieu et après avoir délaissé toutes sortes de plaisirs et de repos, est devenu un joyau étincelant et un visage d’exception, non seulement dans notre époque, mais dans l’histoire des dirigeants de ce pays. Sa vie, tout comme sa mort, furent empreintes de la grandeur et de la dignité nées de l’appui sur la Vérité.

Dieu m’a permis de me recueillir auprès de sa dépouille après son martyre ; ce que j’ai vu était une montagne de fermeté, et j’ai entendu que sa main valide était restée fermée en un poing puissant.

Quant aux multiples facettes de sa personnalité, il appartient aux gens de connaissance d’en parler longuement. En ce lieu, je me contente de ce bref rappel, laissant le détail pour d’autres occasions. C’est de là que provient la difficulté d’assumer la direction après un tel homme ; combler ce vide ne peut se faire que par l’aide de Dieu Tout-Puissant et le soutien du peuple.

Il est nécessaire ici de souligner un point directement lié au cœur de mon propos : l’un des génies du chef martyr et de son grand prédécesseur fut d’impliquer le peuple dans tous les domaines, de veiller à son éveil et à sa clairvoyance constante, et de compter concrètement sur sa force.

En ce sens, ils ont incarné la réalité du « peuple » et de la « République », y croyant du plus profond de leur cœur.

L’effet s’en est clairement manifesté durant ces quelques jours où le pays est resté sans Guide et sans Commandant suprême des forces armées ; la clairvoyance du grand peuple iranien face à ce récent événement, sa résilience, son courage et sa présence ont stupéfié l’ennemi et suscité l’admiration de l’ami.

C’est vous, ô peuple, qui avez dirigé le pays et garanti sa puissance.

Le verset par lequel j’ai commencé signifie qu’aucun signe de Dieu n’est retiré ou oublié sans que Dieu n’en apporte un meilleur ou un semblable.

En citant ce verset, mon intention n’est pas de dire que ce serviteur est au niveau du chef martyr, et encore moins de prétendre être meilleur que lui ; l’objectif est d’attirer l’attention sur votre rôle immense, ô peuple cher. Si cette immense grâce nous a été retirée, ce système a reçu une fois de plus la présence du peuple iranien avec l’esprit d’un Ammar (Compagnon du prophète Mohammad ‘S’).

Sachez que si votre force ne se manifeste pas sur le terrain, ni le Guide ni les autres institutions de l’État — dont la fonction réelle est de servir le peuple — n’auront l’efficacité requise.

Pour que ce sens s’accomplisse au mieux, il convient :

De considérer le souvenir de Dieu, la confiance en Lui et l’intercession par les lumières des Infaillibles (sur eux la paix) comme l’élixir suprême garantissant toutes les victoires et le triomphe certain sur l’ennemi. C’est un avantage immense que vous possédez et dont vos ennemis sont privés.

De préserver l’unité entre les citoyens et les différentes catégories sociales, une unité qui apparaît généralement plus clairement dans l’adversité, en dépassant les points de divergence.

De maintenir une présence effective sur le terrain, comme vous l’avez montré durant ces jours et ces nuits de guerre, ou par des rôles actifs dans les domaines sociaux, politiques, éducatifs, culturels et même sécuritaires.

L’important est que chacun comprenne son rôle correct sans nuire à l’unité sociale. J’en profite pour rappeler l’importance de la présence aux cérémonies de la Journée d’Al-Quds de l’année 1447 de l’Hégire, où l’élément visant à briser la superbe de l’ennemi doit être présent.

De ne pas faillir à l’entraide mutuelle. C’est l’une des qualités reconnues des Iraniens, et l’on s’attend à ce qu’elle se manifeste davantage en ces jours difficiles que certains peuvent traverser. Je demande aux organismes de service d’apporter toute l’aide possible aux sinistrés et aux institutions populaires de secours.

Si ces points sont respectés, le chemin vers les jours de grandeur et de gloire sera pavé, et l’exemple le plus proche en sera — si Dieu le veut — la victoire sur l’ennemi dans la guerre en cours.

La troisième partie de mon discours est un remerciement sincère à nos courageux combattants qui, alors que notre chère patrie subissait une attaque injuste des chefs du front de l’arrogance, ont barré la route à l’ennemi par leurs frappes puissantes et l’ont sorti de son illusion de dominer ce pays ou même de le diviser.

Ô frères moudjahidines ! La volonté des masses populaires est de poursuivre une défense efficace et dissuasive. De même, l’utilisation de la carte de la fermeture du détroit d’Ormuz doit se poursuivre. Des études ont été menées sur l’ouverture d’autres fronts où l’ennemi manque d’expérience et où il sera extrêmement faible ; cela sera activé si l’état de guerre persiste et selon ce qu’exige l’intérêt supérieur.

J’adresse également mes remerciements sincères aux moudjahidines du Front de la Résistance. Nous considérons les pays du Front de la Résistance comme nos meilleurs amis, et la cause de la résistance est une partie intégrante des valeurs de la Révolution islamique. Nul doute que la coopération des composantes de ce front raccourcit le chemin vers la fin de la sédition sioniste. Nous avons vu comment le Yémen courageux et croyant n’a pas renoncé à défendre le peuple opprimé de Gaza, comment le Hezbollah a soutenu la République Islamique malgré tous les obstacles, et comment la résistance en Irak a marché avec courage sur cette voie.

Dans la quatrième partie, je m’adresse à ceux qui ont souffert durant ces jours ; que ce soit ceux qui ont perdu des êtres chers en martyrs, ceux qui ont été blessés, ou ceux dont les maisons et les lieux de travail ont été endommagés.

Premièrement, j’exprime ma profonde sympathie aux familles des nobles martyrs. Cela provient d’une expérience que je partage avec eux ; car outre mon père, dont la perte est devenue un deuil public, j’ai fait mes adieux à mon épouse fidèle et chérie, à ma sœur dévouée qui s’est consumée au service de ses parents et a reçu sa récompense, à son jeune enfant, et à mon autre beau-frère, savant et noble, qui ont tous rejoint la caravane des martyrs.

Mais ce qui rend la patience face aux malheurs possible, et même facile, c’est la confiance en la promesse certaine de Dieu d’une immense récompense pour les patients. Il faut donc patienter et compter sur la grâce de Dieu.

Deuxièmement, j’assure à tous que nous ne ferons pas l’impasse sur la vengeance du sang de vos martyrs. Cette vengeance ne se limite pas au martyre du chef de la Révolution ; chaque individu de notre peuple qui tombe en martyr par la main de l’ennemi constitue une cause indépendante dans le dossier de la vengeance.

Une partie limitée de cette vengeance a été accomplie jusqu’à présent, mais elle restera ouverte jusqu’à ce qu’elle soit totale, particulièrement en ce qui concerne le sang de nos enfants. Ainsi, le crime commis délibérément par l’ennemi contre l’école « Shajarat Tayyiba » à Minab et ailleurs occupe une place spéciale dans ce suivi.

Troisièmement, les blessés de ces agressions doivent recevoir gratuitement les soins appropriés et bénéficier de certains autres avantages.

Quatrièmement, il convient — autant que possible dans les circonstances actuelles — de prendre des mesures adéquates pour compenser les dommages financiers causés aux propriétés privées. Ces deux points sont une obligation pour les responsables, qui devront m’en rendre compte par un rapport.

Et j’affirme que nous réclamerons des réparations à l’ennemi. S’il refuse, nous prendrons de ses biens à hauteur de ce que nous jugerons approprié, et si cela n’est pas possible, nous détruirons ses biens dans la même proportion.

La cinquième partie s’adresse aux dirigeants de certains pays de la région. Nous partageons des frontières terrestres ou maritimes avec quinze pays, et nous avons toujours souhaité des relations chaleureuses et constructives avec tous.

Cependant, l’ennemi a établi depuis des années des bases militaires et financières dans certains de ces pays pour garantir son hégémonie sur la région.

Lors de la dernière attaque, certaines de ces bases ont été utilisées ; c’est pourquoi — comme nous l’avions prévenu — nous avons ciblé uniquement ces bases sans agresser ces pays.

Nous serons contraints de poursuivre cela si l’utilisation de ces bases continue, tout en réaffirmant notre désir constant de relations amicales avec nos voisins.

Nous conseillons à ces pays de fermer rapidement ces bases, car il leur est apparu clairement que la prétention des États-Unis à instaurer la sécurité et la paix n’était qu’un mensonge.

Enfin, j’espère que la grâce divine particulière en ces jours bénis enveloppera le peuple iranien et tous les musulmans et opprimés du monde.

En conclusion, je demande à notre maître, le Maître du Temps — que Dieu hâte sa venue — d’intercéder pour notre peuple durant ce qui reste des nuits et des jours d’Al-Qadr de ce mois béni pour une victoire décisive sur l’ennemi, pour la dignité, la prospérité et la santé, et pour que nos martyrs atteignent les rangs les plus élevés dans l’au-delà.