lundi, 16/03/2026   
   Beyrouth 15:01

Trump somme ses alliés et la Chine d’envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz. « La guerre n’est pas mondiale mais affecte une grande partie du monde » (NYT)

Donald Trump fait pression sur ses alliés et sur la Chine pour qu’ils sécurisent le trafic d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz verrouillé par l’Iran, au moment où les grandes économies mondiales commencent lundi à puiser dans leurs réserves stratégiques pour prévenir un choc pétrolier.

Dans un message publié sur sa page Truth Social, le président américain Donald Trump a appelé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, la Grande-Bretagne et d’autres pays à envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié et dont dépendent lourdement les économies asiatiques et européennes.

« Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux ne se produise là-bas », a déclaré le président américain dans une interview au Financial Times. Il avait plus tôt annoncé que la marine américaine commencerait « très bientôt » à escorter des pétroliers dans le détroit.

Trump a aussi prédit « des conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’Otan » si les pays de l’alliance refusent d’obtempérer, et menacé de reporter un voyage en Chine prévu du 31 mars au 2 avril.

Refus du Japon et de l’Australie

Les réponses qu’il a reçu jusqu’à présent sont peu empressées, selon l’AFP.

Le Japon, tenu de renoncer pour toujours à la guerre par sa Constitution pacifiste de 1947, a fait savoir lundi qu’il « n’envisageait pas » un tel déploiement.

« Nous n’enverrons pas de navire dans le détroit d’Ormuz », a également affirmé la ministre australienne des Transports, Catherine King.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johannes Wadephul, a exprimé dimanche des doutes quant à la faisabilité d’étendre la mission navale de l’Union européenne « ASPDIS », chargée de garantir la liberté du trafic maritime, au détroit d’Ormuz.

Le ministère des Affaires étrangères iranien a mis en garde les pays qui envisageraient de répondre à l’appel de Washington, les enjoignant de « s’abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit ».

Les prix du pétrole, qui ont connu une flambée spectaculaire depuis le début de la guerre, montrent des signes de stabilité lundi autour de 100 dollars le baril.

Dans ce contexte, les pays membres de l’Agence internationale de l’Energie (AIE) ont décidé la semaine dernière de débloquer collectivement 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. Une décision d’une ampleur sans précédent dans les 50 ans d’histoire de cette institution.

Lundi, le Japon, qui dépend du pétrole du Moyen-Orient pour 95% de ses importations, a confirmé commencer à puiser dans ses réserves, qui sont parmi les plus importantes du monde.

Inflation aux USA

Aux Etats-Unis, cette affaire a affecté le prix de l’essence qui a subi une hausse de 24 % depuis le début du conflit, a indiqué CNN.

La chaine américaine estime en outre que même si la guerre prenait fin aujourd’hui, la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait prendre entre un et trois mois.

« Il faudra du temps pour évacuer des centaines de navires, réparer les installations endommagées, augmenter la production et rétablir le flux de pétrole ».

Citant des experts, CNN s’attend à une nouvelle vague d’inflation qui s’illustrera par la hausse des prix des produits de première nécessité.

Elle a noté que les taux hypothécaires, étroitement liés au rendement de l’obligation de référence du Trésor américain à 10 ans, ont déjà augmenté de 6 % en deux semaines.

Une guerre qui affecte le monde

Le New York Times a lui aussi observé qu’après deux semaines, les répercussions de cette guerre ont commencé à se faire sentir sur les routes commerciales, les habitudes de voyage, les prix de l’énergie, les alliances et le coût de la vie à l’échelle mondiale.

Il a souligné que, même si une guerre en Iran n’est pas une guerre mondiale, elle affecte une grande partie du monde.

Selon le New York Times, l’administration du président Donald Trump reconnaît désormais que la capacité de l’Iran à perturber l’économie mondiale via le détroit d’Ormuz était plus importante que ce que les responsables américains avaient anticipé.

Source : Divers