lundi, 16/03/2026   
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‘Israël’ épuise-t-elle son stock d’intercepteurs ?

« L'envoi par l'Iran de salves plus légères témoigne de sa volonté de préserver ses stocks tout en orchestrant l'usure progressive des défenses israéliennes »

Les rapports américains et israéliens divergent sur la question de savoir si Israël souffre d’une pénurie de missiles intercepteurs durant la guerre en cours contre l’Iran et le Hezbollah. Alors que des médias américains et d’autres rapports internationaux ont affirmé que Tel-Aviv a informé Washington qu’elle faisait face à une « pénurie critique » de missiles d’interception de missiles balistiques, Israël s’est empressé de démentir officiellement.

Selon ce qu’a rapporté le site US Semafor, citant des responsables américains, « Israël a informé les États-Unis cette semaine qu’elle faisait face à une pénurie critique » de ces missiles ; sachant qu’elle est entrée dans la guerre actuelle en « souffrant déjà d’une baisse de son stock d’intercepteurs en raison de la consommation massive durant la guerre de l’été dernier avec l’Iran », tandis que « son système de défense à longue portée est soumis à une forte pression par les attaques iraniennes continues ».

Semafor cite également un responsable américain affirmant que « Washington était au courant depuis des mois de la baisse de la capacité israélienne dans ce domaine », ajoutant : « C’est une chose que nous avions prévue et à laquelle nous nous étions préparés ».

Mais il a souligné dans le même temps que « les États-Unis ne souffrent pas d’une pénurie similaire dans leurs propres missiles d’interception ».

Alors que le réseau CNN a estimé que l’ajout par l’Iran de sous-munitions à certains de ses missiles « pourrait accroître l’épuisement du stock d’intercepteurs israéliens », le Washington Post a indiqué que l’Iran adopte un mode de tir basé sur de « petites salves de missiles, ce qui lui permet de préserver son stock, tout en poussant progressivement Israël à épuiser ses missiles d’interception et à concentrer ses défenses sur des parcelles de territoire plus petites ».

Selon le rapport, « cette méthode ne reflète pas seulement une gestion iranienne du feu plus efficace, mais révèle également une tentative consciente de prolonger l’usure de la défense israélienne ».

En revanche, ‘Israël’ a officiellement nié ces rapports ; l’agence Reuters a cité le ministre des Affaires étrangères de l’occupation, Gideon Sa’ar, déclarant en réponse à une question sur ces informations : « La réponse est non ».

De même, une source militaire israélienne a nié toute pénurie de munitions, affirmant que « l’armée est prête pour une campagne de longue durée ».

Cependant, l’annonce du départ du directeur général du ministre de la Guerre israélien pour Washington, lors d’une visite d’urgence pour discuter du « renforcement des contrats d’approvisionnement nécessaires à la campagne », suggère qu’il existe un besoin réel de renflouer le stock d’intercepteurs, malgré les rapports israéliens quotidiens sur un pont aérien établi par les États-Unis pour transporter des munitions vers l’entité.

Le département d’État américain avait annoncé la semaine dernière la vente de 12 000 « corps de bombes à usage général de type BLU-110A/B pesant mille livres » à ‘Israël’, sous le titre d’« état d’urgence ».

Du côté américain, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a rassuré la semaine dernière en affirmant que « les États-Unis possèdent des stocks de munitions suffisants pour poursuivre leur campagne contre l’Iran ».

Il a déclaré que le stock d’armes offensives et défensives américaines permet de poursuivre l’opération « aussi longtemps que nécessaire », notant également la disponibilité d’un nombre suffisant de systèmes « THAAD », d’avions de combat et de missiles d’interception de niveau intermédiaire.

Mais ces assurances officielles contrastent avec d’autres données indiquant un épuisement rapide des stocks américains ; le Washington Post a mentionné, par exemple, que le « Pentagone » épuise rapidement ses stocks d’armes de précision, tout en dépensant également des missiles de défense aérienne sophistiqués à un rythme qui pourrait l’obliger, d’ici quelques jours, à définir les objectifs à intercepter selon une priorité.

En revanche, Behnam Ben Taleblu, de la « Fondation pour la défense des démocraties », a déclaré que l’Iran possédait avant le déclenchement du conflit plus de deux mille missiles balistiques et « des multiples » de drones.

Il a ajouté que « Téhéran a tiré des leçons de la guerre des douze jours » en juin, et utilise désormais ses armes avec plus d’efficacité, en tirant des drones à bas coût vers les alliés de Washington dans le Golfe pour épuiser leurs défenses aériennes limitées, tandis qu’il « concentre ses attaques balistiques sur Israël ».

Il a estimé que « le lancement de salves plus petites reflète le souci de l’Iran de préserver son stock, parallèlement au test des défenses israéliennes et à leur épuisement progressif ».

Pour sa part, le sénateur US Mark R. Warner, principal démocrate à la « Commission du renseignement du Sénat », a affirmé que le volume de munitions dépensées au cours de l’année écoulée, que ce soit pour attaquer le Yémen ou dans d’autres conflits où les États-Unis sont engagés, a rendu les stocks « bas ».

Selon des responsables américains informés, « tout conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait imposer de puiser dans les stocks de munitions destinés à la région Indo-Pacifique », ce qui s’est effectivement produit avec le retrait par Washington des systèmes « THAAD » et « Patriot » de Corée du Sud pour les transférer au Moyen-Orient.

Un autre responsable américain a averti, selon le même journal, qu’une « campagne prolongée contre l’Iran pourrait laisser les États-Unis sans stock suffisant pour faire face à d’autres menaces, en particulier la Chine ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar