Plusieurs responsables européens et de l’OTAN ont exprimé leur inquiétude face à la demande d’assistance du président américain Donald Trump concernant la sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, soulignant que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran n’est pas leur guerre et qu’ils recherchent des solutions diplomatiques.
CNN a rapporté que le gouvernement allemand avait répondu à la demande de Trump en déclarant que cette guerre « n’a rien à voir avec l’OTAN ». Le porte-parole du gouvernement allemand, Friedrich Merz, a déclaré : « Il ne s’agit pas d’une guerre de l’OTAN, la participation n’était pas envisagée auparavant et ne l’est pas maintenant », ajoutant que l’Allemagne ne participera à aucune activité militaire dans le détroit.
Le porte-parole a déclaré aux journalistes qu’«avant la guerre, les États-Unis et Israël avaient clairement indiqué que l’aide européenne n’était ni nécessaire ni souhaitée.»
Dans des propos similaires tenus à son arrivée à Bruxelles, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johannes Wadephul, a souligné que « les membres de l’OTAN n’ont aucun rôle à jouer dans ce conflit ».
Pour sa part, le secrétaire britannique au Travail et aux Pensions, Pat McFadden, a déclaré que cette guerre est « une opération américano-israélienne et non une guerre de l’OTAN », soulignant la position de Londres qui n’est pas un acteur majeur du conflit, ce qui déterminera le cours de toute discussion future concernant une éventuelle participation.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Keir Starmer, a déclaré lors d’une conférence de presse que le gouvernement britannique « ne se laissera pas entraîner dans une guerre plus large avec l’Iran », soulignant que « notre direction privilégie les intérêts britanniques, quelles que soient les pressions ».
Il a également expliqué que les responsables britanniques coopèrent avec tous leurs alliés européens pour étudier les mesures possibles visant à rouvrir le détroit d’Ormuz de manière collective, sans aucune implication militaire directe.
Parallèlement, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a minimisé la probabilité d’une participation de la marine italienne à la protection des pétroliers traversant le détroit, soulignant que « la présence de la frégate lance-missiles italienne se limite actuellement à la Méditerranée orientale » et que « ni nous ni aucun autre pays européen n’avons été sollicités pour envoyer des forces militaires afin d’assurer le passage des navires ».
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a également annoncé que son pays « excluait d’envoyer ses forces à la guerre », confirmant ainsi une position similaire à celle d’autres pays européens qui refusent de participer directement à l’agression américano-israélienne contre l’Iran.
Trump avait averti que l’OTAN était confrontée à un avenir « très sombre » si les alliés des États-Unis ne contribuaient pas à l’ouverture du détroit d’Ormuz, envoyant ainsi un message clair aux pays européens pour qu’ils rejoignent la guerre contre l’Iran.
Selon Bloomberg, les pays européens et certains États du Golfe restent sceptiques quant à la proposition du président américain Donald Trump d’escorter les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz par des forces navales alliées.
Le journal cite des responsables affirmant que l’ajout de navires européens dans la région ne modifierait que très peu l’équilibre naval, car leur arrivée pourrait prendre des semaines, compte tenu de l’importante présence navale américaine déjà en place.
Ces responsables ont indiqué que l’escorte de navires commerciaux pourrait s’avérer « extrêmement dangereuse » pour les équipages militaires et commerciaux, soulignant que les États-Unis et leurs alliés pourraient ne pas disposer de ressources navales suffisantes pour escorter un nombre suffisant de navires et permettre la réouverture effective du détroit.
Certains responsables européens ont toutefois exprimé leur crainte, au cas où le détroit restait fermé et les prix du pétrole augmentaient, que Trump puisse reprocher aux alliés de « ne pas être intervenus ».
Source : Médias
