jeudi, 19/03/2026   
   Beyrouth 12:42

Plasschaert tombe le masque et s’en prend à l’environnement de la Résistance : destruction des structures financières et sociales au même titre que le désarmement

La coordinatrice de l'ONU au Liban, Jeanine Plasschaert et le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar

Dans une position marquant un alignement flagrant de l’ONU sur l’ennemi, la coordinatrice de l’ONU au Liban, Jeanine Plasschaert, a adopté le récit israélien concernant le Hezbollah.

Elle ne s’est pas contentée d’appeler à son désarmement, mais est allée jusqu’à endosser le projet de l’ennemi visant à démanteler la structure sociale du parti au Liban.

Peu de temps après que le ministre des Affaires étrangères de l’ennemi, Gideon Sa’ar, a exigé que le gouvernement libanais « prenne des mesures concrètes contre le Hezbollah », incluant « son Gideon Sa’ar, ‘arrêt de ses sources de financement, le ciblage de sa structure financière, des poursuites judiciaires contre ses dirigeants et le démantèlement de son tissu socio-économique », le soutien est venu de Plasschaert.

Lors d’un briefing présenté mercredi au Conseil de sécurité, elle a déclaré que « parier sur un règlement régional pour résoudre les problèmes du Liban serait une erreur majeure ; le Liban doit se concentrer de toute urgence sur ce qui peut être accompli au niveau interne, y compris l’élaboration d’une feuille de route complète pour traiter la question de l’avenir du Hezbollah ».

Plasschaert a estimé que « cette feuille de route ne doit pas se limiter aux seules armes du Hezbollah, mais doit également englober ses réseaux financiers et sa structure sociale, avec la participation de toutes les institutions et services de l’État libanais ».

La coordinatrice spéciale a également appelé à des « mesures rapides et décisives » sur des objectifs reportés de longue date, notamment « l’établissement d’une stratégie de sécurité nationale, le lancement d’une forme de dialogue entre les différents partis politiques, le renforcement des opportunités socio-économiques pour les communautés marginalisées, et la planification de l’après-guerre concernant les combattants du Hezbollah ».

Retour au point de départ

Pendant ce temps, après deux semaines de polémiques, tout le monde est revenu au point de départ.

Les autorités libanaises ont reconnu que le terrain est désormais l’élément régulateur du processus politique. Cependant, le président Joseph Aoun a réitéré son offre aux États-Unis en annonçant un cessez-le-feu immédiat pour une durée déterminée, à condition que le gouvernement commence à prendre les mesures garantissant l’arrêt de toute opération contre Israël, tandis que le processus politique s’engagerait via des négociations directes sous l’égide des États-Unis.

La position d’Aoun, soutenue par le Premier ministre Nawaf Salam et sur laquelle le président Nabih Berri ne commente pas, a reçu l’appui de la partie française.

Le Drian : l’exigence de désarmement ne se réalise pas en quelques jours

Après que Paris a essuyé un refus israélien et américain concernant son initiative et ses idées, elle s’est empressée, via l’envoyé spécial au Liban Jean-Yves Le Drian, d’affirmer que l’exigence de désarmement ne se réalise pas en quelques jours.

Il a ajouté : « Israël a échoué par la guerre à obtenir ce résultat, comment voulez-vous que le gouvernement du Liban accomplisse cela en quelques jours ? ».

Les déclarations de Le Drian ont été accompagnées d’informations selon lesquelles la France a renouvelé son offre d’annonce d’une « trêve longue » durant laquelle un processus de négociations serait lancé, aidant ainsi le gouvernement libanais à mettre en œuvre ses décisions de désarmer le Hezbollah.

Réunion de sécurité de l’État libanais et risques de dérapage interne

Par ailleurs, l’Etat libanais, défaillant dans la prise en charge du déplacement des citoyens, commence à ressentir les risques d’un dérapage sécuritaire interne. Cela a nécessité une réunion de sécurité présidée par le président Aoun, réunissant les ministres de la Défense nationale et de l’Intérieur, le commandant de l’armée, ainsi que les chefs des services de sécurité, où un exposé de la situation sur le terrain a été présenté.

Des sources sécuritaires ont déclaré qu’il fallait « insister sur la nécessité de contrer tout affrontement entre les habitants à la lumière du climat de division et du discours politique tendu », notant que « les rapports de sécurité posés sur la table de la réunion confirment que la situation est sous contrôle jusqu’à présent, sans toutefois cacher la crainte de développements sécuritaires si la guerre se prolonge ».

Il a également été convenu de « renforcer les mesures de sécurité, en particulier dans les zones connaissant un déplacement massif de population », et les mesures à adopter durant la période des fêtes ont été présentées, notamment à proximité des lieux de culte, en prévision de toute faille sécuritaire ou chaos interne pouvant accompagner la pression extérieure.

Les sources ont indiqué qu’« Aoun a exprimé sa crainte d’une augmentation du risque de dérapage interne, estimant que la phase exige de s’élever au niveau de la responsabilité nationale, et non de s’enfermer dans des calculs partisans étroits ».