vendredi, 20/03/2026   
   Beyrouth 15:01

Le général Abbas Ibrahim à Al-Manar : « La performance de la Résistance est plus qu’excellente… Si les chiites sont défaits, c’est la fin du Liban »

Entretien de l'ancien directeur général de la Sûreté générale libanaise, le général Abbas Ibrahim avec la chaine AlManar

L’ancien directeur général de la Sûreté générale libanaise, le général Abbas Ibrahim, a affirmé jeudi soir que ce qui se joue actuellement au Sud ne restera pas confiné à cette zone géographique ; les retombées de ce conflit seront immenses et redéfiniront l’avenir. Lors d’un entretien avec la chaine AlManar, il a insisté que « cette Résistance est l’enfant de cette terre, c’est de là que vient sa légitimité. Elle découle aussi de l’adhésion des gens autour d’elle, quels que soient les cris, les mises en scène ou les voix qui s’élèvent pour lui retirer cette légitimité… La légitimité ne se retire pas tant qu’elle est couverte par un environnement qui constitue au moins un tiers du peuple libanais, pour ne pas dire plus ou tomber dans l’interdit. Cette légitimité provient de ce tiers, et même si elle n’est pas « légale », la loi est un facteur mouvant tandis que la légitimité est un facteur fixe, et c’est ce qui est pérenne ».

Il a fermement prévenu : « Si les chiites sont défaits, c’est le Liban de la coexistence, cette perle de l’Orient, qui s’effondre. »

Pour lui, personne ne doit parier sur une telle défaite en se croyant à l’abri des conséquences internes dévastatrices.

Sur le plan militaire, le général s’est dit impressionné par la performance de la Résistance sur la ligne de front, la qualifiant de « plus qu’excellente », notamment après que l’ennemi a prétendu avoir « nettoyé » la zone au sud du Litani.

Il a dénoncé la préméditation israélienne, affirmant que le déploiement de 100 000 soldats prouve qu’il s’agit d’un plan d’invasion mûri et non d’une simple réaction à des roquettes.

Le général a également tenu à rassurer sur la solidité de l’Armée libanaise. Malgré les tracts ennemis et les tentatives de sédition interne, il affirme que l’institution militaire, fidèle à sa doctrine, ne sera jamais un instrument de discorde ou un exécutant d’agendas politiques.

Il a vivement critiqué la classe politique qui refuse le dialogue interne sur une « stratégie de défense » — pourtant proposé par le Hezbollah depuis plus d’un an — mais qui semble aujourd’hui prête à négocier avec l’ennemi. Pour lui, toute négociation avec Israël sans consensus interne préalable est « morte-née ».

Enfin, sur la scène internationale, il a fustigé le « deux poids, deux mesures » américain, qui octroie à ‘Israël’ un droit de frappe préventive au nom de l’autodéfense tout en condamnant la riposte de l’Iran ou de la Résistance.

Il considère l’unité des fronts comme une réalité inévitable, assurant que l’Iran ne permettra jamais l’isolement de ses alliés.

En conclusion, il a adressé un message de foi à la base sociale de la Résistance : A l’image de l’Imam Hussein et de Sayeda Zeynab, la volonté de justice triomphera la tyrannie.

Source : Al-Manar