Le Wall Street Journal a rapporté que « les récentes frappes de missiles iraniens ont coûté des milliards de dollars de revenus aux grandes compagnies pétrolières, faisant des investissements énergétiques occidentaux clés dans la région des cibles directes dans la confrontation avec les États-Unis et Israël ».
Le journal a confirmé que « l’attaque contre l’usine Pearl LNG au Qatar a détruit l’un des fleurons de Shell, une installation géante considérée comme l’une des plus modernes et rentables de ses opérations mondiales. L’une de ses deux lignes de production devrait être mise à l’arrêt pendant au moins un an pour réparations. Cette usine, dont la construction a coûté environ 20 milliards de dollars, est la plus grande installation de liquéfaction de gaz naturel au monde et figure parmi les actifs les plus performants de la compagnie pétrolière britannique ».
Par ailleurs, l’article a souligné que « la compagnie américaine ExxonMobil est plus présente au Qatar que toute autre grande compagnie pétrolière, s’approvisionnant au Moyen-Orient pour près d’un cinquième de sa production de pétrole et de gaz », selon les estimations des analystes.
Le rapport a indiqué « qu’ExxonMobil devrait subir des pertes de revenus d’environ 5 milliards de dollars par an suite aux dommages subis par ses installations au Qatar, et que les réparations pourraient prendre jusqu’à cinq ans ».
Paralysie des projets et évacuation du personnel
Alors que les entreprises occidentales dépendent du gaz qatari comme ressource stratégique, les attaques ont paralysé des projets majeurs. ExxonMobil détient des participations dans neuf unités de liquéfaction de gaz naturel (GNL) et 27 méthaniers, en plus de son partenariat dans le projet d’expansion du champ gazier North Field au Qatar, désormais menacé de retard. L’entreprise a également évacué son personnel non essentiel de la région au début du mois.
Le journal a souligné que « le ciblage de la raffinerie d’Aramco (propriété de Saudi Aramco, partenaire d’Exxon) la semaine dernière prouve que tous les investissements occidentaux sont désormais à portée d’attaques ».
Les dégâts ont également touché la société américaine Occidental Petroleum, qui détient une participation importante dans le champ gazier de Shah aux Émirats arabes unis, après l’arrêt de la production sur le champ suite à une attaque de drone iranienne.
Un dilemme stratégique et une crise énergétique mondiale
Le journal cite Jim Crane, spécialiste de l’énergie à l’Institut Baker de politique publique de l’Université Rice à Houston, qui affirme que cette situation est devenue « extrêmement frustrante » pour les entreprises occidentales, contraintes dans certains cas de reconstruire à grands frais.
Le journal a mentionné également que « Chevron exploite d’importants gisements de gaz au large des côtes israéliennes, qu’elle a fermés, tandis que ConocoPhillips détient des participations dans des gisements gaziers qataris ». Selon les données de Goldman Sachs, « le pétrole et le gaz transitant par le détroit d’Ormuz représentent à eux seuls 8 % des bénéfices d’exploitation de Shell et 17 % du chiffre d’affaires de Total Energies ».
Le rapport conclut que l’escalade des attaques contre les infrastructures énergétiques dans le Golfe a inauguré une « nouvelle phase de guerre », rendant les profits des entreprises mondiales vulnérables aux conflits géopolitiques de la région et menaçant d’exacerber la crise mondiale d’approvisionnement énergétique et de provoquer des perturbations qui pourraient durer des années.
Source : Médias
