vendredi, 27/03/2026   
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Trump annonce une suspension de 10 jours de la destruction des installations énergétiques iraniennes « à la demande de l’Iran »

Donald Trump a déclaré jeudi avoir suspendu 10 jours supplémentaires la destruction des installations énergétiques iraniennes, « à la demande de l’Iran » au lendemain de ses déclarations selon lesquelles Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre.

« J’ai suspendu la destruction des centrales énergétiques en Iran pour dix jours jusqu’au 6 avril, à la demande de l’Iran », a affirmé le président américain jeudi soir.

Et d’ajouter que « les négociations sont actuellement en cours et progressent de manière excellente, malgré les déclarations trompeuses diffusées par les médias qui contredisent la réalité ».

Mercredi soir, il avait déclaré devant un parterre de parlementaires républicains réunis à Washington que les Iraniens « négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire ».

« Ils ont aussi peur qu’on les tue », a-t-il lancé, au 27e jour d’un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l’économie mondiale.

Selon l’AFP, aucune information n’est disponible sur le ou les dirigeants iraniens en charge des négociations évoquées par Washington.

 « Les messages ne sont pas des négociations »

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l’Iran n’a « pas l’intention de négocier » et compte « continuer à résister ».

Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient quinze points, a été transmis à l’Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

« Parfois, des messages peuvent être transmis (…) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation », a noté M. Araghchi à la télévision d’Etat.

L’Iran veut « mettre la fin à la guerre à ses propres conditions », a-t-il souligné.

« Lorsqu’ils parlent des négociations c’est un aveu de défaite, il n’y a pas de négociations », a ajouté Araghchi selon lequel « l’ennemi n’est pas parvenu à forcer l’Iran à capituler, à diviser le pays, à changer le régime ni à briser la cohésion sociale », soulignant que les gens descendaient dans la rue chaque soir pour exprimer leur soutien aux forces armées et au régime.

Il a révélé que plusieurs ministres des Affaires étrangères de pays de la région avaient contacté Téhéran, mais que la position de l’Iran restait ferme et inflexible, ajoutant que les pays de la région n’avaient pas pris au sérieux les avertissements iraniens et qu’il existait des preuves que l’attaque contre le territoire iranien n’avait pas été menée à leur insu ».

« Hors de contrôle »

Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre devenue « hors de contrôle », selon les termes du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Sans toutefois d’ouverture diplomatique jusqu’ici, estime l’AFP, même si Pékin a dit jeudi voir « des signaux en faveur de négociations » émis à la fois par les Etats-Unis et l’Iran.

« Ce n’est pas une guerre allemande »

Le conflit sera au menu jeudi d’une réunion en France des chefs de la diplomatie du G7, qui ne seront rejoints que vendredi par l’Américain Marco Rubio. Ce dernier voudrait les impliquer pour ouvrir le détroit d’Ormuz.

« Ce qui m’inquiète le plus dans cette guerre, c’est qu’il n’y a pas eu de consultation, il n’y a pas de stratégie, il n’y a pas d’objectif clair et, le pire de mon point de vue, c’est qu’il n’y a pas de stratégie de sortie », a lâché le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, en visite en Australie.

Pistorius a souligné que son pays n’a pas été consulté au sujet de cette guerre ni n’a été sollicité pour y jouer un rôle quelconque, considérant qu’il ne s’agissait pas d’une « guerre allemande ». Il a insisté sur le refus de Berlin d’y être entraîné.

Détroit d’Ormuz : une baisse de 95%

Selon l’AFP, le quasi blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d’environ 60% des cours du brut depuis le début de l’attaque israélo-américaine le 28 février.

Jeudi, les cours du baril de pétrole, tant du Brent, référence mondiale, que du WTI, référence américaine, remontaient à nouveau après un léger repli la veille, alors que l’Iran a dit autoriser le passage de navires de pays « non-hostiles ».

Le trafic des navires dans le détroit a subi une baisse de 95%, a révélé Marine Traffic, selon la télévision d’état iranienne.  

Selon Araghchi, l’Iran a autorisé le passage de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Irak, du Pakistan et de certains pays qu’il considère comme amis, soulignant qu’il n’y avait aucune raison d’autoriser le passage des ennemis

Dépendant quasiment entièrement de pétrole transitant par Ormuz, le Japon a annoncé jeudi devoir puiser pour la deuxième fois dans ses réserves stratégiques, selon l’AFP.

La Banque mondiale a affirmé que le conflit au Moyen-Orient affecte les prix des matières premières et la logistique, en particulier sur les marchés émergents, notant que les perturbations des routes maritimes augmentent les coûts et étendent les risques d’approvisionnement aux secteurs de l’énergie et des engrais.

Source : Divers