Les attaques coordonnées lancées lundi depuis l’Iran, le Yémen et le Liban provoquent le déclin de l’immunité des systèmes de défense israéliens, estiment l’expert militaire, le général de brigade Hassan Jouni, lors d’un entretien avec la chaine qatarie al-Jazeera.
Selon lui, ces systèmes ont atteint l’apogée de leur fonctionnement et ne sont plus capables d’intercepter tous les missiles simultanément.
L’Iran, en coopération avec le Hezbollah et les forces de Sanaa, lance depuis quelques jours des attaques de missiles visant des zones du nord, du sud et du centre d’Israël, causant des dégâts importants en raison de l’incapacité des systèmes de défense à contrer certains d’entre eux.
Selon Jouni, cette coordination a eu un impact clair sur les systèmes israéliens pendant la guerre, car elle a augmenté le taux d’atteinte des objectifs.
Il explique que les systèmes de défense israéliens de tous types sont censés fonctionner en quelques secondes pour détecter l’angle, la vitesse et la portée du missile, ainsi que le temps nécessaire pour le neutraliser.
Cependant, le lancement de missiles de portées différentes et depuis des zones différentes vers des cibles diverses perturbe ces systèmes et réduit leur capacité à déterminer la manière appropriée de les contrer dans les délais impartis, explique-t-il.
Par conséquent, le fait que certains missiles aient atteint leurs cibles dans différentes régions (au centre, au sud et au nord), comme cela s’est produit lundi, signifie une baisse de l’immunité de ces systèmes et confirme qu’ils ont atteint leur limite opérationnelle maximale.
Selon cet expert militaire, la saturation radar pratiquée par l’Iran et le Hezbollah au moyen de drones réduit la capacité des radars israéliens à détecter certains missiles, augmentant ainsi la probabilité qu’ils atteignent leurs cibles.
Roquettes sur la colonie Metoulla
Le 2 avril, le centre Institute for The Study of War, constatait que la proportion des missiles iraniens qui frappent leur cible est passée de 3% pendant les deux premières semaines à 27%.
« Le fait qu’Israël et les États-Unis se concentrent sur les frappes contre les usines pétrochimiques signifie une diminution de leur capacité à frapper le système de missiles iranien », fait remarquer le général Jouni.
Plus tôt dans la journée, les Gardiens de la révolution iraniens ont lancé la 98e vague de l’opération Promesse Tenue 4, ciblant des centres stratégiques à Tel Aviv et à Haïfa, des usines chimiques à Beersheba, des sites de production de drones aux Émirats arabes unis et la base aérienne américaine Ali Al Salem au Koweït.
Des fragments d’un missile iranien sont tombés sur une trentaine de sites dans la région de Tel-Aviv, endommageant des bâtiments et des véhicules et blessant au moins trois personnes. Des observateurs estiment que le missile était équipé d’une ogive à fragmentation, ce qui expliquerait la dispersion des débris et l’ampleur des dégâts.
La Résistance islamique a quant à elle lancé lundi 61 opérations dont 38 à l’intérieur des territoires palestiniens occupés : deux contre des bases, deux autres contre des casernes et 29 contre des colonies israéliennes, dans une profondeur de 75 km.
Fuite des colons vers les abris à Eilat
Tout en supposant que chaque camp puisse disposer d’atouts non divulgués qu’il utilise au moment opportun afin de maintenir la dynamique des opérations, et que les deux camps pourraient bien réserver des surprises inattendues, l’expert militaire d’al-Jazeera estime qu’Israël et les États-Unis sont peut-être effectivement devenus incapables d’atteindre les bases de missiles iraniennes qui seraient situées sous les montagnes, et c’est ce qui les a incités à menacer de bombarder davantage de cibles civiles pour faire pression sur l’Iran, ainsi que des aéroports pour entraver le soutien logistique.
Source : Divers
