jeudi, 09/04/2026   
   Beyrouth 08:33

Le pouvoir de tutelle au Liban multiplie les « cadeaux gratuits » | « Mercredi sanglant » : l’ennemi répond à la défaite par des massacres de civils

Dès l’annonce de l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran mardi soir, prévoyant des négociations directes à Islamabad, il était clair que l’entité sioniste serait la première perdante. Ce constat fait suite à l’échec de ses paris sur l’effondrement du régime iranien et sur l’anéantissement de la Résistance au Liban, laquelle a réussi à renverser l’équation établie par l’ennemi après l’accord de novembre 2024.

Le choc était manifeste dans les médias israéliens dès l’annonce officielle de la trêve mercredi à l’aube, certains allant jusqu’à attaquer la Maison Blanche pour avoir imposé cet accord sans consultation préalable.

Très vite, des fuites ont suggéré que le cessez-le-feu ne concernait pas le Liban, signe de la volonté de l’ennemi de dissocier le front libanais de l’accord, voire de saboter l’entente globale.

Plusieurs canaux médiatiques ont relayé ce récit, avant que l’ennemi ne lance, mercredi après-midi, l’agression la plus violente contre Beyrouth depuis l’invasion sioniste de 1982.

Des quartiers denses comme Al-Mazraa, Basta, Tallet el-Khayat et Raouché ont été frappés, parallèlement à des raids sur la banlieue sud, la Montagne, la Békaa et le Sud, provoquant un bain de sang et des massacres parmi les civils.

Ces zones ont vécu des scènes de chaos rappelant le jour des explosions de « bipeurs » : circulation paralysée par les ambulances, panique généralisée et hôpitaux saturés.

Les responsables et médias de l’entité sioniste ont tenté de présenter ces crimes comme des « exploits sécuritaires », prétendant avoir infiltré la structure du Hezbollah et visé ses cadres.

Cette agression massive a menacé de faire s’effondrer l’accord américano-iranien, Washington niant qu’il inclue le Liban, contrairement aux affirmations de Téhéran et du médiateur pakistanais.

En réaction, Téhéran a fermé le détroit d’Ormuz à 99 % des navires, selon l’agence Fars.

Le commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution a également menacé de répondre fermement aux crimes de l’entité sioniste.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que le Liban faisait partie intégrante de l’accord et que Washington avait déjà violé trois clauses de la proposition iranienne.

À l’inverse, le vice-président américain J.D. Vance a déclaré : « Les Iraniens ont apparemment cru que le cessez-le-feu incluait le Liban, mais c’est faux. Nous ne l’avons jamais promis. »

Il a ajouté que si l’Iran laissait les négociations s’effondrer à cause d’une escalade au Liban — sujet selon lui déconnecté — ce serait une décision « imprudente ».

Donald Trump s’est également désengagé de l’inclusion du Liban, prétendant que le pays en était exclu « à cause du Hezbollah ».

Pour lui, le conflit entre ‘Israël’ et le Hezbollah est un « affrontement distinct », malgré les déclarations du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, affirmant sur « X » que les discussions d’Islamabad avaient acté un cessez-le-feu immédiat et global, incluant le Liban.

Le Hezbollah a dénoncé, par communiqué, une « criminalité déchaînée » exprimant la frustration de l’ennemi après son échec à atteindre ses objectifs, se retrouvant « acculé par la réalité de sa défaite ». Le mouvement a réaffirmé son droit naturel et légal à résister à l’occupation et à répondre à l’agression.

Complicité officielle

Au lieu de saisir cette opportunité pour faire pression sur l’ennemi, le pouvoir de tutelle libanais semblait avoir d’autres priorités.

Le chef du gouvernement, Nawaf Salam, ne s’est soucié ni de l’inclusion du Liban dans la trêve, ni de freiner la machine de guerre israélienne. Son unique préoccupation, exprimée au journal saoudien Asharq Al-Awsat, fut de contester à l’Iran le droit de négocier pour le Liban, affirmant que « seul l’État libanais négocie pour lui-même ».

Cette posture, partagée par le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi, a donné l’impression que le gouvernement acceptait la poursuite de la guerre plutôt que de voir l’Iran lier le sort du Liban à son accord avec les États-Unis.

Parallèlement, certains partis libanais ont affiché leur satisfaction face à ce qu’ils percevaient comme un abandon du Liban par Téhéran, avant d’être douchés par la fermeture du détroit d’Ormuz.

Cette complicité s’est étendue à l’ensemble de l’appareil d’État. Alors que plus de 100 raids frappaient le pays, la condamnation officielle s’est fait attendre.

Tandis que la Défense civile cherchait des survivants sous les décombres, le président de la République, Joseph Aoun, recevait le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.

Il a réitéré l’engagement du Liban envers le monopole des armes et l’autorité de l’État, sans un mot sur le retrait des troupes d’occupation.

Le communiqué présidentiel a même évité le terme de « martyrs », préférant parler de « centaines de victimes et de blessés » causés par des frappes sur des « cibles civiles ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar