vendredi, 10/04/2026   
   Beyrouth 15:43

Deux nouvelles exécutions d’opposants en Arabie saoudite : la peine de mort comme instrument de répression politique, selon le FBDH

Ali al-Subaïti avait 12 ans lors de son arrestation en 2017.

Le Forum bahreïni pour les droits de l’homme a condamné fermement l’exécution le jeudi 9 avril 2026 des deux citoyens saoudiens originaires de la région d’al-Charqiya, Ali et de Mustafa al-Subaïti par les autorités saoudiennes.

« Cette dangereuse escalade témoigne du recours persistant à la peine de mort comme instrument de répression politique et constitue une violation du droit à la vie », a déploré le Forum.

Selon les informations disponibles, Ali al-Subaïti a été arrêté le 23 octobre 2017 à la suite d’une violente descente de police à son domicile. Il était encore mineur, lors de son arrestation, fait remarquer le Forum.  Selon l’Organisation Euro-saoudienne des droits de l’homme, (ESOHR) il avait 12 ans lorsqu’il a été arrêté pour participation aux manifestations réclamant des réformes, ce qui ne relève pas des « crimes les plus graves » au sens du droit international selon le Forum.

Moustafa al-Subaiti a été arrêté le 9 novembre de la même année, après une descente de police dans le quartier d’al-Mashari à Qatif, au cours de laquelle il a été blessé par balle, une blessure qui a engendré sa paralysie.

Tous les deux ont été condamnés à mort le 30 octobre 2022. Le chef d’accusation qui leur a été attribué comporte « l’adhésion à une organisation terroriste étrangère, la participation à la fabrication d’explosifs et la possession d’armes, le meurtre et l’agression de membres des forces de sécurité, les tirs sur des quartiers généraux des forces de sécurité et le fait d’avoir hébergé des individus recherchés qui ont participé à des actes de meurtre, de ciblage, d’enlèvement, d’assassinat et de dissimulation de corps de citoyens. »

Le Forum souligne que les éléments de preuve indiquent que le procès a bafoué les principes les plus élémentaires de la justice.

« Ils ont été privés de leur droit à la défense et de la possibilité de communiquer avec leur famille, et ont subi de longues périodes d’isolement et de mauvais traitements, aboutissant à des aveux extorqués sous la torture », rapporte le Forum.

Criminaliser des activistes pacifiques

Le Forum estime que ces affaires s’inscrivent dans une tendance récurrente : des accusations liées à la sécurité sont formulées de manière vague et utilisées pour criminaliser des activités pacifiques. Ces accusations se produisent en l’absence de preuves transparentes et vérifiables et reposent sur des aveux douteux. Par ailleurs, le déroulement des procédures judiciaires dans de tels cas soulève de sérieux doutes quant à l’indépendance et à l’intégrité du pouvoir judiciaire.

Le Forum bahreïni pour les droits de l’homme affirme que l’utilisation des lois antiterroristes, dans leur forme actuelle, pour criminaliser la liberté d’expression et la participation à des manifestations pacifiques constitue une violation flagrante des droits fondamentaux et compromet les obligations internationales relatives au droit à un procès équitable et à la protection de la dignité humaine, en particulier lorsqu’il s’agit de personnes mineures au moment des faits qui leur sont reprochés.

Selon l’Organisation Euro-saoudienne des droits de l’homme, 1100 personnes ont été exécutées depuis l’intronisation du roi Salmane en 2015 . Alors que le chiffre des personnes arrêtées est l’une de plus grandes inconnues en raison du climat de terreur qui règne au royaume. Il s’élèverait à plusieurs centaines.

L’une des plus célèbres personnalités sequestrées est le religieux Hassan Farhane al-Maliki. Il a été arrêté en 2017 pour ses opinions intellectuelles. Auteur de 348 ouvrages, il défendait entre autres la liberté de croyance au nom de l’Islam. Il condamnait surtout les allégations du régime saoudien actuel de de lutter contre l’extrémisme, assurant qu’elles sont fausses et adressées à l’extérieur.

 

Source : Divers