Des sources iraniennes diplomatiques ont révélé que les autorités libanaises ont joué un rôle décisif pour entraver l’inclusion du Liban dans le cessez-le-feu négocié avec les Etats-Unis samedi dernier.
Elles ont rendu compte pour le quotidien libanais al-Akhbar que des pressions ont été exercées sur la délégation iranienne qui se trouvait dans la capitale pakistanaise, en raison de son insistance d’entamer les pourparlers avec les Américains avant la cessation de l’agression israélienne contre le Liban.
Durant les tractations à Islamabad qui préparaient ces pourparlers, cette délégation s’est trouvé confrontée à une question sur les raisons pour lesquelles elle insiste sur le cessez-le-feu au Liban alors que le gouvernement libanais allait entamer des négociations avec Israël.
« Compte tenu des intérêts existants et des promesses américaines de réduire les attaques contre le Liban, en particulier contre Beyrouth, le gouvernement libanais a ouvert une autre voie, ce qui a incité l’Iran à participer aux négociations d’Islamabad », rapporte ces sources diplomatiques pour al-Akhbar.
« Téhéran ne cédera pas sur sa position ; il est impossible de parler d’un accord pour résoudre les problèmes ou mettre fin aux attaques avec les États-Unis tant que les attaques sur le front libanais se poursuivent. Cela signifie que tout accord potentiel ne sera ni stable ni durable ; par conséquent, toutes les attaques et agressions israéliennes dans la région doivent cesser », ont assuré ces sources.
Et de préciser qu’« un cessez-le-feu au Liban est une condition préalable, et non une exigence », ce qui signifie qu’une nouvelle série de négociations avec la partie américaine ne peut avoir lieu sans cela. « Soit les Américains acceptent toutes les conditions iraniennes dans leur ensemble, soit le rejet d’une seule d’entre elles équivaudra à leur rejet total », révélant qu’« un échange de messages est actuellement en cours entre Washington et Téhéran. »
Les sources iraniennes ont indiqué que la plupart des échanges de messages avec les Américains, dans la partie relative au Liban, «font référence à Nawaf Salam en tant que Premier ministre du Liban, qui insiste sur l’ouverture d’une voie de négociation avec Israël distincte du contexte américano-iranien au Pakistan ».
Au lendemain de l’annonce qu’un cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-Unis devrait inclure le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que « personne ne négocie au nom du Liban, si ce n’est l’État libanais, et personne d’autre, par le biais de ses institutions constitutionnelles, de manière à préserver sa souveraineté et les intérêts de son peuple. »
Mardi, Hossein Pak, membre de l’équipe accompagnant la délégation iranienne, a confirmé que le principal obstacle empêchant la conclusion d’un accord de cessez-le-feu au Liban lors des négociations à Islamabad était l’exploitation par Salam des conditions de guerre pour faire pression en faveur de la normalisation des relations avec « Israël » et chercher à ouvrir des canaux de négociation directs avec ce pays.
« Cette approche a contribué à compliquer le cours des négociations et a donné à l’ennemi une plus grande marge de manœuvre politique et sur le terrain », a-t-il précisé.
Selon Pak, le second obstacle à la conclusion d’un accord de cessez-le-feu au Liban tient au rôle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s’efforce activement de faire dérailler les négociations. Il a déclaré : « De ce point de vue, il cherche à dissocier la question libanaise de tout accord potentiel entre l’Iran et les États-Unis, tout en poursuivant les attaques militaires. »
Hussein Pak a également fait remarquer que : « Netanyahu estime que l’inclusion de la question libanaise dans cet accord infligera de lourdes pertes à Israël et sera dans l’intérêt du Liban, tandis qu’il espère que des négociations directes avec le gouvernement libanais lui permettront d’obtenir de larges privilèges, voire des gains territoriaux pouvant aller jusqu’au contrôle de certaines parties du territoire libanais. »
Mardi a eu lieu la rencontre entre l’ambassadrice du Liban au Etats-Unis et son homologue israélien.
Source : Médias
