Nouvelles révélations sur Nazanin Baradaran, l’agente des services étrangers, dont l’arrestation a été annoncée par les Gardiens de la révolution durant les émeutes meurtrières qui ont frappé l’Iran ces dernières semaines. Un reportage réalisé par l’agence iranienne Irib news, indique qu’elle est la personnalité la plus importante parmi les meneurs des émeutes.
Selon des sources du renseignement, le plan visait à présenter Baradaran comme le leader du projet de « renversement du pouvoir » de l’intérieur. Proche des milieux monarchistes des Pahlavi aux Etats-Unis, elle aurait dû devenir l’icône des royalistes dans les places des villes.
Durant les années passées, elle a changé son identité à trois reprises, empruntant entre autres le nom de Raha Parham.
Elle devait diriger les offensives sur le terrain sous la direction de Bijan Kian, un homme d’affaires irano-américain que Téhéran décrit comme le « bras droit » de Reza Pahlavi, le fils du chah déchu en 1979.

Parmi ceux impliqués dans les émeutes depuis les Etats-Unis, la télévision iranienne évoque aussi Amir Hamidi, un expert reconnu en matière de terrorisme mondial. C’est un fervent partisan de la monarchie des Pahlavi.

S’agissant de Baradarane, ayant fait des études en droit, elle fait partie de ceux qui devait écrire le texte de la constitution de l’Iran après le renversement du pouvoir islamique.
Selon la télévision iranienne, elle a été suivie et dirigée aux Etats-Unis, par Adam Lovinger un officier des renseignements américains dans le Pentagone qui est connu pour avoir contribué dans la rédaction de la constitution irakienne après la chute de Saddam Hussein et l’invasion américaine de ce pays.
Sur son blog, ce dernier indique qu’entre 2006 à 2017, il a travaillé comme stratège au sein du Bureau d’évaluation des capacités du Pentagone (ONA), où il a fourni un soutien direct au secrétaire à la Défense en matière de stratégie à long terme. Et durant les quatre premiers mois du premier mandat de Donald Trump, Lovinger a occupé le poste de directeur principal des évaluations stratégiques au Conseil national de sécurité des États-Unis (NSC).
Selon Irib, Lovinger est aussi l’un des pionniers de la politique de la pression économique maximale contre l’Iran.
Baradaran était aussi en contact avec Tom Cotton, le sénateur américain républicain qui soutient l’idée de mener « une campagne navale et aérienne de bombardements » contre les infrastructures nucléaires iraniennes. Elle lui avait envoyé un mode d’action similaire à celui qui a été exécuté en Syrie et son mode d’exécution en Iran.
Le CGRI n’a rien révélé sur les conditions de sa capture.
Le rôle du fils du chah déchu en 1979 dans les récentes émeutes a été la marque de cette énième tentative occidentale de renverser le pouvoir islamique. Depuis les Etats-Unis où il réside, Reza Pahlavi, 64 ans, s’est érigé en chef du mouvement de contestation. Il s’est adressé à plusieurs reprises au peuple iranien, lui demandant de descendre dans les rues, faisant part qu’il envisage de rentrer et déclarant : « C’est notre moment ‘mur de Berlin’ ».
Il a passé les douze jours de guerre en juin 2025 contre l’Iran à insister sur le fait que la République islamique était à bout de souffle et qu’il reviendrait à Téhéran à bord de chars américains et de missiles israéliens, allant jusqu’à détailler ses projets pour ses cent premiers jours au pouvoir.
Il jouit depuis d’une campagne médiatique ciblée et coordonnée qui a coûté plusieurs centaines de millions de dollars. Avec la collaboration de médias israeliens, américains et saoudiens. Il apparaissait régulièrement dans chaînes de télévision monarchistes en langue persane. Un réseau numérique de comptes sur les réseaux sociaux afin de diffuser de la désinformation lui a été consacré.
« Grande nation iranienne, le monde entier a les yeux rivés sur vous. Descendez dans la rue et, unis, faites entendre vos revendications », écrivait-il, jeudi 8 janvier, sur les réseaux sociaux en anglais et en persan.
Ses dernières paroles remontent au vendredi 16 janvier: depuis Washington il a appelé les dirigeants mondiaux, dont Emmanuel Macron, à se « débarrasser » du régime actuel en Iran.
C’était ce jour-là en 1979 que son père Mohammad Reza et sa mère Farah avaient quitté discrètement l’Iran alors que dans les rues les Iraniens scandaient contre le Shah et juraient d’établir une république indépendante sans liens ni avec l’ouest ni avec l’est, en allusion aux camps occidental et soviétique qui se partageaient l’hégémonie mondiale.
Quémander l’aide des occidentaux pour accéder au pouvoir fait partie de l’héritage de ses aïeux : son père, le chah, et son grand-père, Reza Chah, fondateur de la dynastie Pahlavi, n’ont pu se maintenir au pouvoir qu’avec le soutien de puissances étrangères.
Héritier d’un régime dictatorial sanguinaire de plusieurs décennies, il ne dispose d’aucun appui significatif en Iran, à l’exception de celui des émeutiers qui ont sévi et semé la terreur dans les villes iraniennes ces derniers jours en scandant « Chah bar migarde », le chah retourne.
Le pouvoir actuel continue de les pourchasser.
Arrestations: 1500 à Gīlān
Dans la province de Gīlān, au nord de l’Iran, la police a annoncé samedi l’arrestation de 50 « meneurs des émeutes », précisant que le nombre total de personnes détenues dans la province dépasse 1 500. D’importantes quantités d’armes à feu et d’armes blanches ont aussi été saisies.
Dans le gouvernorat de Machhad dans le gouvernorat de Khorassan au nord-ouest du pays, le procureur a annoncé ce dimanche l’arrestation de plus de 10 personnes accusées d’avoir tué des membres des forces de sécurité. Il a indiqué que 22 « principaux instigateurs » et 88 autres accusé d’incendies criminels et de violences contre des citoyens ont aussi été arrêtés.
Dans la province du Khuzestân (sud-ouest), le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a pour sa part assuré avoir identifié et arrêté des meneurs d’émeutes et des éléments terroristes impliqués dans les récents troubles liés à l’étranger et ont confisqué différents types d’armes létales.
Dans un communiqué publié ce dimanche 18 janvier, le responsable des relations publiques de CGRI au Khuzestân a déclaré que les personnes arrêtées sont accusées d’avoir tué des innocents, endommagé des biens publics et privés, perturbé l’ordre public et terrorisé la population, ainsi que de la destruction des lieux sacrés, notamment des sanctuaires et des mosquées.
Les terroristes ont reçu pour mission, de la part d’agences étrangères, de commettre des actes de sabotage et de provoquer des incendies, de tuer des citoyens, d’assassiner des notables et de créer des divisions ethniques, indique le communiqué.
La télévision iranienne a diffusé les images d’une attaque meurtrière contre un passant inoffensif dans la ville de Shiravand dans le gouvernorat de Hamdan au nord-ouest du pays.
Elle a diffusé aussi les images de l’une des plus importantes cargaisons d’armes qui a été découverte et saisie dans la province d’Azerbaïdjan oriental, au nord-est de l’Iran.
Fin décembre dernier des commerçants ont organisé des manifestations pacifiques dans différentes villes iraniennes pour protester contre les difficultés économiques directement liées aux sanctions unilatérales américaines qui ont provoqué une nouvelle chute du rial iranien.
Cependant, les manifestations ont dégénéré en violence après que des déclarations publiques de personnalités des régimes américain et israélien ont encouragé le vandalisme et le désordre ainsi que le fils du chah déchu.
Source : Divers
