jeudi, 07/05/2026   
   Beyrouth 07:48

La Chine refuse d’utiliser le sommet avec Trump pour faire pression sur l’Iran. Comment la Chine estime la sécurité du Golfe et de l’Asie de l’Est?

Des sources diplomatiques asiatiques ont rapporté mercredi à la chaine satellitaire libanaise Al-Mayadeen que « la Chine est décisive dans sa position de rejet de transformer le prochain sommet entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump à Pékin en une carte de pression sur l’Iran », soulignant que « Pékin a compris très tôt que l’annonce par Trump de ce qu’il a appelé une mission de liberté de navigation n’était rien d’autre qu’une tentative américaine de pression politique à la veille du sommet ».

Le président américain se rendra en Chine ce mois-ci après avoir reporté sa visite plus tôt en raison de son agression contre l’Iran.

Les sources ont ajouté que « les dirigeants chinois estiment que Washington compte dans une large mesure sur l’utilisation de son escalade vers l’Iran comme carte de pression, voire comme outil de chantage, dans le cadre de ses calculs stratégiques ».

Dans ce contexte, Pékin considère que « l’échec de l’Opération Liberté de Navigation a fait perdre à Trump l’un des éléments de pression les plus importants qu’il cherchait à utiliser dans son projet de règlement majeur avec la Chine ».

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi à l’aube « la suspension du Projet Liberté lié à la circulation des navires à travers le détroit d’Ormuz, temporairement et pour une courte période.

Le Golfe dans la vision chinoise

Des sources d’Al-Mayadeen ont déclaré que « la Chine accorde une grande attention à la région du Golfe et au renforcement de ses relations avec ses pays », mais souligne que « cet intérêt ne se fait pas au détriment stratégique de l’Iran », soulignant que « Pékin envisage sérieusement l’avenir du Golfe et de la région en général dans la période d’après-guerre ».

Les sources ont ajouté que « la Chine souhaite promouvoir la formation d’un accord de sécurité régional indépendant dans lequel l’Iran sera un élément essentiel, et non à ses dépens », notant que « Pékin, malgré ses relations économiques solides avec les États du Golfe, refuse de s’engager dans toute pression extérieure visant une partie spécifique, en particulier l’Iran ».

Dans le même contexte, la Chine a mis en garde, selon les sources, contre le fait « de se laisser influencer par la politique américaine et contre la transformation de certains pays du Golfe en bases avancées utilisées pour cibler l’Iran », soulignant en même temps « son souci de ce que le sort des pays du Golfe soit entre les mains de leurs peuples ».

Pékin estime également « qu’il n’est pas possible de parvenir à des formules de solutions ou d’accords en matière de sécurité dans la région du Golfe, en particulier dans le détroit d’Ormuz, sans la participation de l’Iran », soulignant « qu’il s’efforce de parvenir à une formule intégrée combinant les dimensions économique, sécuritaire et politique, sans fournir de garanties de sécurité particulières à aucune des parties ».

La Chine estime que « les États du Golfe, des deux côtés, doivent se fournir mutuellement des garanties de sécurité, en échange de la fourniture par Pékin de sérieuses garanties économiques », considérant que « le facteur économique constitue le point d’entrée fondamental de tout règlement politique dans la région et est celui qui est responsable de la réduction des risques de guerre ».

L’Asie de l’Est dans la vision chinoise

Des sources diplomatiques asiatiques ont indiqué à Al-Mayadeen que la Chine, comme dans le Golfe, cherche à établir la stabilité dans la région de l’Asie de l’Est, en particulier dans les pays voisins, à la lumière des transformations rapides de l’équilibre des pouvoirs régional.

Les sources ont indiqué que « le déclin américain en Asie de l’Est est susceptible de s’accentuer, y compris dans les pays traditionnellement alliés de Washington », soulignant que « ce déclin a coïncidé avec la guerre contre l’Iran et s’est accru avec la fermeté de ce dernier ».

Dans ce contexte, les sources ont expliqué que « l’un des indicateurs les plus marquants du déclin américain a été l’adoption de positions remarquables par les pays voisins de la Chine, comme la Corée du Sud et le Japon, dans lesquelles ils ont exprimé leur refus de participer à la guerre ou de s’engager dans toute action militaire dans le détroit d’Ormuz ».

Les sources ont conclu que « Pékin interprète ces positions de manière positive », estimant que « l’abstention de la Corée du Sud et du Japon de s’engager dans la guerre contre l’Iran reflète des changements importants sur la scène régionale et internationale ».

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré mercredi à Pékin son homologue iranien Abbas Araqchi pour s’entretenir des développements régionaux et internationaux dans la région.

Source : Médias