Le New York Times a rapporté que, durant la première année de son second mandat, le président américain Donald Trump a eu recours à un arsenal de mensonges, d’affirmations fallacieuses et de distorsions pour justifier un certain nombre de changements et de réussites dans les domaines de l’économie, de l’immigration et de l’exercice du pouvoir exécutif.
Selon le journal, l’argument du président Trump en faveur d’une transformation radicale du pays repose sur des exagérations inexactes, comme son affirmation selon laquelle la « pire inflation » jamais enregistrée s’est produite sous son prédécesseur, Joe Biden, et que le pays connaît actuellement « les meilleurs chiffres » sous son administration.
Le New York Times a examiné des exemples de certains des « mensonges » qui ont alimenté la rhétorique du président Trump durant la première année de son second mandat. Voici quelques exemples tirés de divers articles :
Immigration : Un chiffre exagéré
Le président Trump a affirmé que l’administration Biden avait facilité l’entrée illégale d’environ 25 millions de personnes aux États-Unis. Le journal affirme que Trump a exagéré l’ampleur de l’immigration clandestine sous Biden et a faussement présenté la plupart des immigrants comme des criminels, alors que la majorité des immigrants expulsés durant sa première année de mandat n’avaient aucun casier judiciaire.
Le journal ajoute que le chiffre de 25 millions dépasse largement les estimations les plus fiables de l’immigration irrégulière sous l’administration Biden, et est supérieur de plusieurs millions à l’estimation de 21 millions avancée par Trump lui-même en juillet.
Un rapport de mars 2025 du Center for Immigration Studies, un groupe de réflexion qui milite pour une réduction de l’immigration, estime qu’entre 11,5 et 12,5 millions d’immigrants, en situation régulière ou irrégulière, se sont installés aux États-Unis durant l’administration Biden.
L’économie : une affirmation mensongère
Trump prétend que l’Amérique a connu ses « pires chiffres » sous la présidence de Biden et que, sous son administration, elle a enregistré ses « meilleurs chiffres » historiques.
Le New York Times soutient que cette affirmation est inexacte, car la plupart des indicateurs ne confirment pas de changement fondamental de l’économie, passée de la « pire » à la « meilleure ».
Le journal explique que le taux d’inflation a atteint 3 % en janvier 2025, année de l’entrée en fonction de Trump. Ce taux était loin du pic historique de plus de 14 % enregistré dans les années 1980.
Autre indicateur économique : le taux de chômage a grimpé à 4,4 % en décembre 2025, contre 4 % en janvier de la même année.
Globalement, le journal confirme que tous les chiffres relatifs au chômage, à l’inflation et aux revenus n’ont pas été exceptionnellement élevés ou bas ces derniers temps.
Investissement : une affirmation sans fondement
Le président Trump affirme également avoir attiré environ 18 000 milliards de dollars d’investissements étrangers aux États-Unis, ce qui, selon lui, créera de nombreux emplois.
Le New York Times soutient que cette affirmation est dénuée de preuves. Le président Trump a affirmé que grâce à ses droits de douane, les entreprises ont décidé de « construire des usines et des installations à un niveau jamais vu auparavant » et qu’il a persuadé les grands groupes pharmaceutiques de réduire le prix des médicaments sur ordonnance de « 400, 500, voire 600 % ».
Le journal souligne que le chiffre de 18 000 milliards de dollars représente le double de l’estimation d’investissement de la Maison-Blanche, qui s’élève à 9 600 milliards de dollars, et qu’il pourrait potentiellement engendrer des gains économiques, mais que ces effets ne se sont pas encore concrétisés.
Le journal note que le chiffre de 9 600 milliards de dollars inclut des promesses d’investissement de grande envergure et des projets annoncés antérieurement, et que plus de la moitié de cette somme provient d’engagements informels de pays étrangers à investir aux États-Unis. Certains experts avertissent que ces engagements pourraient être irréalistes.
Le journal ajoute qu’il n’existe aucune preuve que les droits de douane imposés par Trump aient entraîné une renaissance industrielle, une croissance de l’emploi et des salaires, ou une baisse du prix des médicaments.
Le journal réfute l’affirmation du président Trump selon laquelle ses droits de douane auraient entraîné une baisse de 400 % à 600 % du prix des médicaments, en déclarant que cela est mathématiquement impossible, car une baisse de 100 % signifierait que le produit est gratuit.
Éradiquer le trafic de drogue… sans preuves
Le journal affirme qu’il n’existe non plus aucune preuve démontrant que les frappes militaires autorisées par le président Trump contre les bateaux en provenance du Venezuela ont permis d’éliminer le trafic de drogue par voie maritime. Selon lui, ces mesures reposaient sur la fausse prémisse que le gouvernement du président vénézuélien Nicolás Maduro inondait les États-Unis de drogues mortelles.
D’après l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, le principal moyen d’introduire clandestinement de la drogue du Venezuela vers les États-Unis est le transport aérien.
Les principales routes maritimes de contrebande de cocaïne vers les États-Unis partent souvent de Colombie, d’Équateur et de pays d’Amérique centrale, et transitent par l’océan Pacifique oriental (dont le Venezuela ne partage pas de frontière).
Déploiement de la Garde nationale : désinformation
Pour justifier le déploiement de forces militaires dans les villes, le président Trump a affirmé que cela relevait de ses prérogatives présidentielles et, selon le New York Times, il a prétendu, à tort, exercer ce pouvoir de la même manière que la plupart de ses prédécesseurs.
Le journal estime que le président Trump a déployé la Garde nationale dans des villes dirigées par des démocrates après avoir exagéré leurs taux de criminalité, puis a amplifié l’impact de ces déploiements.
Par exemple, les affirmations du président Trump concernant l’impact de la Garde nationale sur la criminalité à Portland, dans l’Oregon, sont totalement inexactes, la Garde nationale étant pratiquement inexistante dans la ville.
En décembre, la Cour suprême a statué que le président ne pouvait pas déployer la Garde nationale, malgré les objections des autorités locales de l’Illinois. Suite à cette décision, le président Trump a renoncé à déployer la Garde nationale à Portland, Chicago et Los Angeles.
Le journal souligne également que le président Trump exagère lorsqu’il affirme que la moitié des présidents précédents ont invoqué la loi sur l’insurrection de 1807, qui confère au président de larges pouvoirs pour mobiliser l’armée sur le territoire national dans certaines circonstances.
Le journal souligne que depuis les années 1770, 17 présidents américains ont eu recours à la loi sur l’insurrection à 30 reprises, soit environ 38 % de l’ensemble des présidents. La plupart de ces cas se sont produits dans un contexte imprécis, avant l’an 1900.
Bon nombre de ces usages ont eu lieu au siècle dernier, durant l’ère des droits civiques.
Source : Médias
