Le département américain de la Défense (Pentagone) a publié sa Stratégie de défense nationale 2026, dans un document d’une vingtaine de pages exposant les priorités militaires et sécuritaires de Washington face aux défis internationaux, notamment la Chine, la Russie, l’Iran et le Moyen-Orient et les moyens de les contrer.
Chine : Dissuasion militaire sans confrontation
Le document orientant la politique du Pentagone, affirme que la Chine représente le défi stratégique le plus important dans la région indopacifique. Elle privilégie la dissuasion militaire comme principal outil pour empêcher toute ascension hégémonique, plutôt que la confrontation directe, tout en s’efforçant de maintenir la stabilité stratégique et de réduire les risques d’escalade.
Le document indique la volonté de Washington d’élargir les canaux de communication militaire avec Pékin, tout en admettant le rythme rapide et l’ampleur du renforcement militaire croissant de la Chine.
Le document précise que l’objectif n’est pas de dominer ou de contenir la Chine, mais plutôt d’empêcher toute partie d’exercer une hégémonie sur les États-Unis ou leurs alliés, en établissant un équilibre des pouvoirs qui garantisse le maintien de la paix régionale.
Pour ce faire, la stratégie s’attache à bâtir une force de dissuasion efficace et à renforcer la défense collective en permettant aux alliés et aux partenaires régionaux de jouer un rôle plus important. Il s’agit ainsi de créer un cadre de pouvoir qui permette de gérer la compétition par la négociation plutôt que de dégénérer en confrontation.
Russie : Une menace maîtrisable, l’accent mis sur l’Europe
Concernant la Russie, la stratégie américaine la considère comme une menace persistante, quoique maîtrisable, notamment pour le flanc oriental de l’OTAN.
Elle souligne que la guerre en Ukraine a démontré la persistance des capacités militaires et industrielles de la Russie, ainsi que la possession par Moscou du plus grand arsenal nucléaire au monde et de ses capacités spatiales et cybernétiques.
De plus, elle indique que le département de la Défense américain maintiendra ses forces en état d’alerte maximale pour contrer ce qu’il qualifie de menaces russes, tout en continuant de jouer un rôle actif au sein de l’OTAN.
Parallèlement, elle évoque un réajustement des forces et des activités américaines en Europe afin de les aligner sur la nature des menaces pesant sur les intérêts américains et sur les capacités de ses alliés.
Le document affirme que Moscou n’a pas la capacité d’imposer son hégémonie sur l’Europe, compte tenu de la supériorité économique et démographique de l’OTAN. Il réaffirme que l’engagement américain en Europe se poursuivra, tout en accordant la priorité stratégique à la défense des États-Unis et la dissuasion de la Chine.
Iran : réduire l’implication des USA en faveur des alliés régionaux
La stratégie américaine affirme que Washington maintient une position ferme pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, citant les opérations militaires antérieures qui ont ciblé son infrastructure nucléaire et le soutien américain à Israël lors de la récente guerre des douze jours.
Parallèlement, le document souligne que l’Iran, malgré ce qu’il qualifie de « revers douloureux ces derniers mois », conserve la capacité de reconstituer ses forces conventionnelles, et que la possibilité de reprendre son programme nucléaire demeure, compte tenu de l’impasse des négociations.
Il met également en garde contre le risque que les alliés régionaux de Téhéran, malgré les difficultés rencontrées, ne cherchent à reconstituer leurs capacités, ce qui « perpétue les tensions régionales et compromet les perspectives de stabilité ».
Dans ce contexte, la stratégie propose une approche visant à réduire l’implication directe des États-Unis en permettant aux alliés régionaux, notamment Israël et les pays du Golfe, d’assumer un rôle plus important dans leur propre défense et en renforçant leur coordination. Ceci permettrait une gestion des menaces au sein d’un système régional plus intégré et moins dépendant d’une intervention américaine directe.
M-O : Le fardeau de la dissuasion transféré aux alliés
Cette stratégie s’étend à tout le Moyen-Orient dont la stabilité dépendrait des alliés régionaux qui devraient jouer un rôle prépondérant en matière de sécurité et de défense, l’accent étant mis sur l’intégration sécuritaire entre les partenaires régionaux.
Dans ce contexte, Washington s’attache à donner à ces partenaires les moyens d’assumer la responsabilité première de la gestion des défis sécuritaires, notamment ceux liés à la dissuasion de l’Iran et de ses alliés, au renforcement des capacités d’autodéfense et à l’élargissement de la coopération régionale en matière de sécurité.
Intervention des USA en cas de besoin
Le document réaffirme également le soutien continu à l’intégration de certains acteurs régionaux, ainsi que le maintien d’une capacité militaire américaine permettant une intervention ciblée et décisive en cas de besoin, afin de contribuer à la création des conditions d’une stabilité durable dans la région.
