Le président brésilien Lula a accusé vendredi Donald Trump de vouloir devenir le « maître » d’une « nouvelle ONU » avec la création du « Conseil de paix », précisant avoir contacté nombre de dirigeants mondiaux pour défendre les Nations Unies.
« Au lieu de vouloir réparer l’ONU (…) que se passe-t-il? Le président Trump propose de créer une nouvelle ONU dont il serait le seul maître », a déclaré Luiz Inácio Lula da Silva à un évènement du Mouvement des sans-terre à Salvador de Bahia (nord-est).
Donald Trump a lancé formellement le « Conseil de paix » jeudi en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, censé œuvrer à la résolution des conflits dans le monde et en concurrence avec les Nations unies.
Le président américain a lancé des invitations à de nombreux dirigeants mondiaux pour rejoindre sa nouvelle instance, dont à Lula qui n’a pas répondu.
Le dirigeant brésilien a dans son discours vendredi défendu le multilatéralisme face à ce qu’il a décrit comme l’avancée de l' »unilatéralisme » et la « loi du plus fort ».
La veille, il s’était entretenu au téléphone avec le président chinois Xi Jinping qui a dit sa volonté de défendre « le rôle central » de l’ONU, sans mentionner la nouvelle organisation créée à l’initiative de Donald Trump.
Déplorant que « la Charte de l’ONU soit en train d’être déchirée », Lula a indiqué avoir passé « une semaine à téléphoner à tous les pays du monde » pour tenter de « trouver une manière de se réunir » et de défendre le système multilatéral.
Il a précisé avoir parlé notamment avec le président russe Vladimir Poutine, l’Indien Narendra Modi et son homologue mexicaine Claudia Sheinbaum. Le président brésilien a également critiqué le projet de reconstruction de Gaza lancé par l’administration Trump après l’offensive israélienne.
« Ils ont détruit, tué plus de 70.000 personnes pour dire que maintenant on va reconstruire Gaza et y faire des hôtels de luxe », a-t-il fustigé.
La Maison Blanche avait annoncé un « Conseil de paix » présidé par Donald Trump dans le cadre du plan pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza.
Mais le projet de « charte » révèle une initiative et un mandat bien plus vaste, avec l’ambition d’en faire un véritable substitut des Nations unies.
Source : AFP
