samedi, 06/06/2026   
   Beyrouth 10:12

Révisions intensives du « protocole d’accord » | USA – Iran : le retour de la chaleur dans les négociations

Malgré l’apparent « gel » qui entoure les négociations irano-américaines sur la fin de la guerre et les autres questions en suspens — au premier rang desquelles le dossier nucléaire —, de nombreux indicateurs sont apparus ces derniers jours, signalant que les pourparlers progressent réellement, bien qu’à pas lents et extrêmement prudents.

Dans ce contexte, la rhétorique des deux parties se veut plus calme et optimiste, tandis que toutes deux s’éloignent de plus en plus de l’option d’un retour à la guerre, en dépit de « feux croisés » limités qui surviennent au jour le jour dans la région du Golfe.

Pour Téhéran, les négociations achoppent actuellement sur deux points principaux : le premier concerne l’arrêt global et effectif de la guerre israélienne continue contre le Liban, et le second est lié au dégel des fonds iraniens bloqués.

En contrepartie, Washington considère le dossier nucléaire comme une priorité absolue et exige son examen ainsi que son intégration dans l’accord intérimaire avec l’Iran.

Ce dernier estime pourtant que la priorité doit être accordée à l’arrêt de la guerre, le dossier précité devant être négocié ultérieurement.

C’est dans ce cadre que le site Axios a cité deux sources faisant état d’un « différend entre les États-Unis et l’Iran concernant le calendrier du déblocage des fonds iraniens gelés ainsi que le montant de ces fonds ».

Selon le site, le président américain Donald Trump a également exigé que l’accord stipule « un délai de 60 jours pour finaliser la réduction de l’enrichissement de l’uranium, alors que l’Iran réclame un délai de 90 jours ».

Malgré cela, Axios a indiqué que la Maison-Blanche a reçu des signaux positifs de la part des négociateurs iraniens, et que Washington attend la réponse officielle de Téhéran, qualifiant les divergences restantes de « relativement limitées ».

Le site a aussi révélé que « l’équipe américaine comprend les plus éminents experts nucléaires, qui savent comment traiter techniquement n’importe quel accord », précisant que « Washington a mis sur pied une équipe de 100 experts nucléaires pour participer aux négociations avec Téhéran ».

Axios a également cité des responsables américains affirmant que les envoyés présidentiels, Jared Kushner et Steve Witkoff, se sont réunis (jeudi 4 juin) avec des experts nucléaires au Laboratoire national de l’État du Tennessee. Ces responsables ont précisé que « les experts rencontrés ont participé au processus de récupération d’uranium au Venezuela » et que « certains d’entre eux ont pris part à une réunion au Sultanat d’Oman ».

Selon ces mêmes responsables, des divergences persistent entre Washington et Téhéran sur un certain nombre de détails du protocole d’accord, alors que « les négociations ont atteint leur phase finale, sans qu’il ne soit encore clair si les deux parties parviendront à un accord ».

Ils ont expliqué que la réunion de Witkoff et Kushner avec les experts nucléaires ne signifie pas nécessairement que l’accord sera conclu, mais qu’elle constitue le signe que « les négociations sont entrées dans une phase sérieuse ».

En contrepartie, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères pour les affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a réitéré les conditions de son pays pour parvenir à un protocole d’accord mettant fin à la guerre.

Il a indiqué que « le travail sur la formulation finale du texte se poursuit », parallèlement à la surveillance du comportement des États-Unis et d’Israël.

Lors d’un entretien accordé à l’agence iranienne Mehr il y a deux jours et publié vendredi, Gharibabadi a déclaré que « Téhéran ne considère aucun texte comme finalisé et définitif tant que ses remarques et ses intérêts ne sont pas pleinement pris en compte ».

Il a précisé que « la révision du texte vise à garantir la préservation » de ces intérêts, soulignant que « les États-Unis envoient parfois, durant ces révisions, des messages demandant d’introduire des modifications, ce qui prolonge le processus ».

Il a ajouté que son pays avait, à son tour, demandé des modifications sur certaines parties. « Nous avons fait de grands pas en avant dans la rédaction du texte », a-t-il affirmé, rappelant que si Beyrouth avait été ciblée il y a quelques jours, « cela aurait jeté une ombre sur l’ensemble du processus et stoppé le cours des discussions ».

Les conditions de Téhéran, telles qu’exposées par Gharibabadi, se résument ainsi : l’arrêt de la guerre sur tous les fronts y compris le Liban, la levée du blocus maritime, la garantie de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, le déblocage des fonds iraniens gelés, l’obtention de réparations de guerre et la levée de toutes les sanctions unilatérales.

Dans ce contexte, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que l’Iran et le Sultanat d’Oman se chargeraient d’organiser la gestion du détroit d’Ormuz conformément aux règles du droit international, soulignant que « la décision finale en la matière revient aux deux pays qui supervisent les deux rives du détroit ».

La télévision iranienne a cité Araghchi affirmant que l’Iran consultera les pays voisins concernant la gestion du détroit d’Ormuz, tout en insistant sur le fait que « la décision nous revient, à Oman et à nous ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar